Le 26 août 2026, Hoffmann Green Cement Technologies (HGCT) a officialisé un partenariat avec la PME normande CSBT Environnement pour incorporer des déchets de coquilles Saint-Jacques dans ses ciments 0 % clinker. Une première industrielle qui transforme un déchet marin sans débouché en matière première stratégique pour la décarbonation du BTP.
Le sommaire
Un carbonate de calcium marin à 99 % de pureté
CSBT Environnement, spécialisée dans la valorisation des coquilles de mollusques, fournit désormais à Hoffmann Green un carbonate de calcium issu du broyage mécanique des coquilles Saint-Jacques. Le procédé, sans ajout chimique, atteint une pureté de 99 % et une granulométrie compatible avec les exigences techniques des liants bas carbone. “Cette matière première alternative permet de substituer des intrants traditionnels tout en conservant les performances mécaniques de nos formulations”, précise un porte-parole de HGCT.
La filière pêche génère chaque année plusieurs milliers de tonnes de coquilles, dont l’enfouissement et l’incinération sont désormais interdits. Ce partenariat offre une solution industrielle à un enjeu environnemental critique pour les territoires littoraux, tout en structurant une chaîne d’approvisionnement locale. CSBT Environnement, basée dans le Calvados, assure la collecte, le tri et la transformation des coquilles en poudre fine, prête à être intégrée dans les ciments Hoffmann Green.
Dix fois moins d’émissions que le ciment Portland
Hoffmann Green, cotée sur Euronext Growth (EPA : ALHGR), mise depuis sa création sur des liants sans clinker, principal responsable de l’empreinte carbone des ciments classiques. Ses produits affichent déjà un bilan carbone 10 à 15 fois inférieur à celui du ciment Portland, grâce à une combinaison d’activateurs minéraux et de procédés à froid. L’intégration de carbonate de calcium marin s’inscrit dans cette logique de réduction continue, avec un objectif affiché : “Atteindre une neutralité carbone sur l’ensemble de notre chaîne de valeur d’ici 2030”, indique la direction.
Le marché des ciments bas carbone, estimé à 1,2 milliard d’euros en Europe en 2026, connaît une croissance annuelle de 18 %. Les acteurs traditionnels, comme Holcim ou Vicat, accélèrent leurs investissements dans des alternatives au clinker, sous la pression réglementaire et des donneurs d’ordre. “Les matériaux de construction circulaires deviennent un critère de sélection pour les appels d’offres publics et privés”, observe un analyste du secteur. Hoffmann Green, avec une capacité de production de 50 000 tonnes par an sur son site vendéen, vise désormais une montée en puissance pour répondre à la demande.
Un modèle d’économie circulaire industrialisable
Ce partenariat illustre une tendance lourde du BTP : l’intégration de matières premières secondaires dans les processus industriels. “Nous démontrons qu’il est possible de concilier performance technique et impact environnemental réduit, sans surcoût prohibitif”, souligne Julien Blanchard, cofondateur de Hoffmann Green. Le groupe, qui a levé 50 millions d’euros en 2025 pour financer son développement, mise sur des accords similaires avec d’autres filières de déchets pour diversifier ses approvisionnements.
CSBT Environnement, de son côté, voit dans ce contrat une validation de son modèle. La PME, qui emploie une dizaine de salariés, a investi 1,5 million d’euros dans une unité de broyage capable de traiter 5 000 tonnes de coquilles par an. “Notre objectif est de dupliquer cette approche avec d’autres déchets marins, comme les huîtres ou les moules, et d’étendre notre réseau de collecte”, explique son dirigeant, Thomas Legrand. Une ambition qui s’inscrit dans le plan national “Zéro déchet marin” lancé en 2024, doté de 200 millions d’euros pour soutenir les projets de valorisation.
Reste une inconnue : la capacité des acteurs du BTP à absorber ces innovations à grande échelle. “Les maîtres d’ouvrage et les prescripteurs doivent encore être convaincus de la durabilité de ces matériaux sur le long terme”, tempère un expert du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment). Hoffmann Green, qui a déjà fourni des chantiers emblématiques comme le Village des Athlètes pour les JO 2024, mise sur des certifications renforcées pour lever ces réticences. Le groupe prévoit de publier d’ici fin 2026 une analyse du cycle de vie complète de ses ciments intégrant les coquilles Saint-Jacques, afin de documenter leur impact environnemental réel.
Pour les investisseurs, cette annonce confirme le potentiel des modèles hybrides, à la croisée de l’innovation industrielle et de l’économie circulaire. “Les entreprises capables de transformer des déchets en ressources stratégiques ont un avantage concurrentiel durable”, estime un gérant de fonds spécialisé dans la transition écologique. Avec une valorisation boursière multipliée par trois depuis son introduction en 2021, Hoffmann Green incarne cette nouvelle génération d’industriels qui misent sur la décarbonation comme levier de croissance.
Lire le communiqué officiel de Hoffmann Green Cement Technologies
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