Ab science : points clés
Le rapport semestriel d’AB SCIENCE, déposé sur info-financiere.gouv.fr / PDF, fait état au 30 juin 2026 d’un chiffre d’affaires de 498 k€ (515 k€ au 30/06/2025) et d’un résultat opérationnel négatif de 10,411 k€ contre -2,729 k€ un an plus tôt. Le résultat net semestriel s’établit à -9,029 k€.
Le sommaire
La trésorerie et équivalents atteint 8,980 k€ au 30 juin 2026. Le document rappelle des augmentations de capital réalisées après la date de clôture : placements privés de 2,3 M€ (annoncé le 1er juillet 2026) et de 14,2 M€ (annoncé le 17 août 2026), ainsi qu’un placement privé antérieur de 3,2 M€ en avril 2026. Ces opérations portent le financement levé sur la période post-clôture à 19,7 M€ et, selon le rapport, reconstitueraient la trésorerie à environ 23 M€ après le placement d’août.
Charges, provisions et capitaux propres
Les charges d’exploitation augmentent à 10,910 k€ (3,243 k€ au 30/06/2025). Le rapport explicite une provision exceptionnelle de 6,5 M€ pour créances liées au Crédit d’Impôt Recherche (CIR), en liaison avec un litige avec la DGFiP et la décision du Tribunal administratif datée du 22 septembre (note 11). Hors cet élément, les coûts de R&D sont restés proches de l’exercice précédent (1,8 M€ à 2,0 M€).
Les capitaux propres sont négatifs à hauteur de -22,454 k€ au 30 juin 2026, reflétant les pertes semestrielles et les mouvements de capital. Les passifs non courants s’élèvent à 25,223 k€, incluant emprunts bancaires et avances conditionnées ; la variation intègre un ajustement d’actualisation des avances conditionnées (1,988 k€).
Restructuration de la dette et financements
AB SCIENCE annonce un accord définitif de renégociation avec l’ensemble de ses créanciers financiers. Les modalités principales détaillées dans le rapport comprennent : report de 24 mois pour une partie des Prêts Garantis par l’État (PGE) et extension des maturités, franchise en capital sur plusieurs lignes de dette, allongement des maturités des prêts Bpifrance et modification des échéances pour un contrat d’aide ROMANE (allongement des périodes de remboursement). Le crédit BEI Covid voit sa maturité finale reportée de 12 mois avec une hausse de taux de 100 points de base.
Par ailleurs, AB SCIENCE a obtenu une offre ferme d’assurance de financement d’essai clinique (CTFI) proposée pour la phase III en SLA, offrant une couverture sans franchise avec une limite de responsabilité standard de 25 M$ (extensible à 39 M$) et une prime approximative de 8 M€ pour la limite de 25 M$ (jusqu’à environ 13 M$ pour 39 M$). L’offre est activable jusqu’au 31 décembre 2026 et couvre divers risques d’échec clinique et opérationnel.
État du pipeline clinique et décisions stratégiques
Sur le plan clinique, le rapport présente plusieurs avancées et décisions :
– Masitinib : délivrance d’un brevet japonais protégeant l’utilisation du masitinib dans les formes progressives de la sclérose en plaques (JP 7788154) jusqu’en février 2041 ; notification d’acceptation puis délivrance d’un brevet américain pour l’usage dans le cancer de la prostate métastatique hormono‑résistant (protection jusqu’en mai 2042). Identification d’un biomarqueur plasmatique potentiel lié à l’activité du masitinib sur la microglie dans la SLA.
– AB8939 (oncologie) : revue des données de la phase 1 et clôture de l’étape 3 évaluant AB8939 en combinaison avec le Venetoclax chez des patients atteints de leucémie myéloïde aiguë à profil génétique défavorable. Sur six patients traités à deux doses, l’ORR était de 67 % (4 réponses objectives) et le DCR de 100 % ; la combinaison a été bien tolérée sans DLT, permettant de définir une RP2D pour la phase 2. Le rapport souligne que ces réponses ont été obtenues après un seul cycle de 14 jours.
Le groupe annonce une suspension volontaire et temporaire du recrutement européen pour certains essais durant les négociations avec l’assureur et les échanges avec les autorités sanitaires ; à la suite de l’analyse stratégique, AB SCIENCE dépriorise des programmes (mastocytose et syndrome d’activation mastocytaire) et concentre ses ressources sur la phase III en SLA (masitinib) et la phase I d’AB8939 en LMA. Trois études jugées non prioritaires ont été arrêtées (AB20006, AB15003, AB20009).
Gouvernance, contrôle qualité et calendrier opérationnel
Le 8 juillet 2026, le conseil d’administration a coopté Stéphane Ledermann au poste de Président‑Directeur Général ; Alain Moussy, cofondateur, a quitté ses fonctions opérationnelles et reste administrateur. Le conseil charge le nouveau PDG d’une revue stratégique dont les conclusions doivent être présentées à l’automne et donner lieu à une feuille de route publique.
Suite à une inspection des Bonnes Pratiques Cliniques réalisée fin septembre 2026, AB SCIENCE réajuste son plan opérationnel et prévoit la finalisation d’un nouveau système de gestion de la qualité audité avant la fin de 2026. La société anticipe la reprise de la phase 1 d’AB8939 au T1 2027 et celle de la phase 3 masitinib dans la SLA au T4 2027. Le rapport précise que le programme de masitinib en drépanocytose, promu par l’AP‑HP, n’est pas affecté et pourrait débuter en 2027.
Source : Rapport financier semestriel AB SCIENCE au 30 juin 2026 (OAM).
Contexte éditorial : Le rapport d’AB SCIENCE s’inscrit dans une vague de communications semestrielles récentes portant sur restructuration financière et recentrage stratégique, comparable aux mouvements observés chez d’autres petites capitalisations biotech. Voir aussi les bilans semestriels publiés récemment par ALTHEORA publie son rapport semestriel au 30 juin 2026, les mesures de renflouement et réaménagement de dette chez ALTHEORA restaure sa trésorerie et réaménage sa dette, ou encore des semestriels affichant forte croissance comme Exail Technologies affiche forte croissance semestrielle.
Mise en perspective
La combinaison des éléments financiers et opérationnels du rapport montre un repositionnement précis : AB SCIENCE réduit le périmètre de ses programmes et concentre ses ressources sur deux actifs jugés prioritaires (masitinib en SLA et AB8939 en LMA), tout en sécurisant une couverture d’assurance d’essai clinique significative et en renégociant ses échéances de dette. Pour les investisseurs, l’effet immédiat est double : la provision CIR et la perte opérationnelle détériorent les comptes et les fonds propres, mais les placements privés successifs et l’assurance CTFI réduisent le risque financier lié au lancement des essais pivot. Pour les concurrents et partenaires potentiels, la focalisation d’AB SCIENCE sur des indications à fort besoin médical et la conservation de brevets clés (Japon, États‑Unis, Europe) clarifient les zones d’exclusivité et les horizons de développement ; toutefois, le calendrier clinique restera dépendant de la mise en place d’un système qualité conforme et des autorisations de reprise des essais, dont l’achèvement conditionnera la capacité de la société à convertir les progrès cliniques en valeur commerciale.


