Ab science : points clés
AB SCIENCE (SIREN 438479941, LEI 969500U43TVR8CCVBJ97) a annoncé la cooptation de Stéphane Ledermann au poste de Président‑Directeur Général, décision prise par le conseil d’administration le 8 juillet 2026. Le cofondateur Alain Moussy a quitté ses fonctions opérationnelles ; il reste administrateur et actionnaire sans rôle exécutif. Le nouveau dirigeant a lancé dès le 13 juillet 2026 un plan de transformation baptisé “Relaunch AB Science”, dont les grandes lignes ont été présentées aux collaborateurs le 2 septembre 2026.
Le sommaire
La stratégie révisée donne la priorité à la valorisation de l’ensemble des actifs — tous stades confondus — et à la relance des programmes cliniques jugés prioritaires, notamment AB8939 (leucémie myéloïde aiguë) et le masitinib dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Parmi les axes opérationnels figurent la mise en place d’un nouveau système d’assurance qualité, la refonte organisationnelle (nouvel organigramme et création de fonctions clés en août 2026), la sécurisation de la propriété intellectuelle par des dépôts de brevets, et la création du poste de Vice President Corporate Development en juillet 2026.
La société a indiqué vouloir améliorer sa visibilité financière et rompre avec “les augmentations de capital répétées sans valeur ajoutée”, en ciblant des investisseurs institutionnels après l’augmentation de capital de 14,2 M€ réalisée en août 2026. Une conférence web en français est prévue le 14 octobre 2026 à 18h00 pour détailler la feuille de route ; les modalités de connexion seront communiquées ultérieurement. Le communiqué complet est disponible sur le dépôt officiel publié sur la plateforme OAM.
Situation financière consolidée au 30 juin 2026
Au 30 juin 2026, le résultat opérationnel consolidé s’établit en perte de 10,4 M€, contre une perte de 2,7 M€ au 30 juin 2025. Cette dégradation s’explique principalement par la comptabilisation d’une provision de 6,5 M€ relative au Crédit d’Impôt Recherche (CIR) dans le cadre d’un litige avec la DGFiP, provision intégrant le risque de recouvrement d’une créance CIR estimée à 8,2 M€ suite à une décision défavorable du Tribunal administratif de Paris (22 septembre 2026).
Les postes clés du semestre : chiffre d’affaires net de 498 k€ (exclusivement lié aux ventes vétérinaires de Masivet), charges de R&D à 8,6 M€ (vs 1,8 M€ au S1 2025, hors effet de provision CIR), charges administratives à 1,9 M€ (incluant une provision prud’homale de 497 k€), et autres charges opérationnelles de 294 k€ liées à l’arrêt et à la maintenance de certains brevets. Le résultat financier est un gain de 1,38 M€ (contre une perte de 2,45 M€ au S1 2025), comprenant notamment la variation d’avances conditionnées pour 2,0 M€ relatives à l’avance ROMANE dont le remboursement est conditionné au succès commercial.
La trésorerie et équivalents s’élèvent à 8,98 M€ au 30 juin 2026. À cela s’ajoutent 16,5 M€ issus de placements privés réalisés en juillet et août 2026, portant le produit total des augmentations de capital annoncées en 2026 à 19,7 M€ (3,2 M€ en avril, 2,3 M€ en juillet, 14,2 M€ en août). Les capitaux propres ressortent à -22,45 M€, le total de l’actif à 18,9 M€ et les passifs non courants à 25,2 M€.
AB Science a conclu un accord définitif avec l’ensemble de ses créanciers financiers pour renégocier les modalités de remboursement de ses emprunts : franchises de 18 à 24 mois selon les lignes, allongement de maturité et ajustement de taux. Les instruments concernés comprennent des PGE (soldes restants), des prêts Bpifrance (Prêt soutien innovation et contrat cadre ROMANE) et un crédit BEI COVID dont les échéances finales sont reportées d’environ 12 à 24 mois selon la tranche. La société précise que l’économie générée servira à financer la R&D.
Développements cliniques, assurance d’essai et brevets
Suite à une inspection promoteur des Bonnes Pratiques Cliniques (BPC) menée du 21 au 25 septembre 2026 par trois autorités sanitaires européennes, AB Science a révisé son plan opérationnel et prévoit de finaliser un nouveau système de gestion de la qualité et son audit externe d’ici fin 2026, avant reprise des essais cliniques. La reprise de la phase 1 pour AB8939 est anticipée au T1 2027 ; la reprise de la phase 3 du masitinib dans la SLA est planifiée au T4 2027. Le programme masitinib en drépanocytose promu par l’AP‑HP ne serait pas affecté et débuterait début 2027. Trois études jugées non prioritaires ont été arrêtées (AB20006, AB15003, AB20009) ; la société précise que ces arrêts ne sont pas liés à une question de sécurité du masitinib.
Sur la couverture des risques liés au programme SLA, AB Science a obtenu une offre ferme d’assurance essais cliniques (Medical & Commercial International Ltd., Lloyd’s Syndicate 1902) couvrant une limite de responsabilité de 25 M€ pouvant atteindre 39 M€, sans franchise. La prime estimée est d’environ 8 M€ pour une couverture de 25 M€ (jusqu’à ≈13 M€ pour 39 M€). La police couvre notamment l’échec d’efficacité selon critères FDA/EMA, l’échec sécurité, l’échec de recrutement, les suspensions réglementaires, les violations des BPC, et des problèmes CMC. AB Science présente cette assurance comme une réduction du profil de risque du programme SLA et un facteur de validation externe.
En recherche clinique, AB8939 a achevé l’étape 3 de sa phase 1 évaluant la combinaison avec le Venetoclax dans la LMA réfractaire/en rechute. Sur six patients traités à deux niveaux de dose, la combinaison a été bien tolérée (aucune DLT ni toxicité hématologique limitante) et des signes d’efficacité ont été observés : ORR de 67 % (4 réponses objectives) et DCR de 100 % après un cycle de 14 jours. Des résultats antérieurs signalaient quatre réponses consécutives chez des profils cytogénétiques très défavorables, confortant le positionnement d’AB8939 dans ces populations.
Sur la propriété intellectuelle, AB Science a obtenu en janvier 2026 la délivrance d’un brevet japonais protégeant l’usage du masitinib dans la sclérose en plaques progressive (JP 7788154, protection jusqu’en février 2041) et une notification d’acceptation (NOA) de l’USPTO pour un brevet d’utilisation dans le cancer de la prostate métastatique hormono‑résistant, la délivrance américaine effective intervenant en juin 2026 ; la protection américaine attendue couvrirait jusqu’en mai 2042.
Pour consulter le communiqué intégral publié sur la plateforme OAM : dépôt officiel OAM.
Liens internes relatifs : AB SCIENCE renforce sa feuille de route clinique, ALTHEORA restaure sa trésorerie et réaménage sa dette, ALTHEORA publie son rapport semestriel au 30 juin 2026.
Mise en perspective
Cette annonce marque un tournant opérationnel et financier : AB SCIENCE sort d’une phase de gouvernance contestée pour structurer une feuille de route claire axée sur la sécurisation d’actifs, la remise en conformité BPC et la priorisation de deux programmes cliniques jugés stratégiques (AB8939 et masitinib SLA). Pour les investisseurs, l’association d’un refinancement partiel par placements privés (19,7 M€ total 2026), la renégociation des échéances de dette et l’obtention d’une assurance essais limitent certains risques à court terme, mais la trésorerie disponible (8,98 M€ au 30/06/2026) reste compressée et dépendra de l’exécution du plan et des besoins en prime d’assurance et en financements complémentaires. Pour les concurrents et partenaires potentiels, la validation de brevets internationaux et la mise en place d’une police d’assurance dédiée au pivot SLA réduisent l’exposition au risque clinique et peuvent faciliter des accords de co‑financement ou de licence ; en revanche, la nécessité de remonter un système qualité et le calendrier de reprise des essais (fin 2026‑2027) freinent un retour rapide des programmes sur le marché.


