La question de doctrine kratsios recherche américaine devient centrale pour les acteurs concernés. Voici les éléments essentiels à retenir.
Washington mise sur une équation simple : doubler la productivité scientifique d’ici 2036 sans augmenter le budget fédéral. Derrière cet objectif, la doctrine Kratsios, du nom de l’ancien conseiller scientifique de Donald Trump, aujourd’hui directeur du Bureau of Management and Budget (OMB), impose une refonte radicale des financements de la recherche. Le principe ? Financer des individus plutôt que des institutions, accélérer les découvertes grâce à l’IA et soumettre les agences comme le NIH ou la NSF à un contrôle politique renforcé.
Pour les entreprises et laboratoires dépendants des crédits fédéraux, les conséquences sont immédiates. Les règles en discussion prévoient d’interdire le financement de certains frais de publication, de restreindre les déplacements en conférence et de limiter les collaborations étrangères. Le Monde relève que l’OMB pourrait même invalider des projets déjà approuvés par les agences, contournant ainsi l’évaluation par les pairs. Une rupture qui inquiète les écosystèmes académiques, mais qui séduit les investisseurs en deeptech : la concentration des budgets sur les chercheurs les plus performants pourrait accélérer les transferts de technologie.
Le modèle s’inspire ouvertement du star-system scientifique, déjà dominant dans l’IA. Les profils capables de faire basculer un domaine attirent désormais capitaux, doctorants et partenariats industriels. Pour les biotechs et les groupes technologiques, cette logique renforce la compétition pour les talents, mais rend aussi l’accès aux financements fédéraux plus volatile. Comme le souligne une enquête de BFMTV, certains chercheurs quittent déjà les États-Unis pour des pays aux règles plus stables, comme la France.
Reste à savoir si cette approche produira les gains de productivité promis. Les opposants pointent un risque de polarisation, où quelques laboratoires surfinancés cohabiteraient avec une recherche publique affaiblie. Pour les entreprises, la question est stratégique : faut-il parier sur les stars scientifiques américaines ou diversifier ses partenariats vers des écosystèmes moins exposés aux aléas politiques ?
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