Plant advanced technologies pat : points clés
Le conseil d’administration de PLANT ADVANCED TECHNOLOGIES PAT (SIREN 483047866) a examiné, lors de sa séance du 29 octobre 2026, les comptes au 30 juin 2026 et publié son rapport semestriel d’activité et ses comptes semestriels, déposés auprès de l’OAM (communiqué officiel).
Le sommaire
Sur le 1er semestre 2026, le chiffre d’affaires s’élève à 138 k€ contre 155 k€ au 30/06/2025. Le résultat d’exploitation s’améliore mais reste négatif : -199 861 € (contre -412 193 €), le résultat financier est de -17 956 € (48 591 € au 30/06/2025) et le résultat net du semestre est une perte de -52 665 €, en amélioration par rapport à -161 884 € l’année précédente. La société précise que les revenus liés aux contrats de R&D en cours ne sont pas comptabilisés dans le chiffre d’affaires semestriel, conformément aux normes comptables françaises.
L’effort de réduction des charges engagé depuis 2023 se poursuit et explique en partie l’atténuation de la perte semestrielle. Le rapport signale toutefois que l’activité reste fortement saisonnière et que des commandes sont en cours pour le second semestre.
Principaux programmes et périmètre opérationnel
Dans le segment cosmétique, PAT a rationalisé son outil de production en Lorraine et installé des équipements ATEX à La Réunion (extraction, atomisation). L’équipe R&D a travaillé sur des programmes collaboratifs internationaux (citons BryoFlam et BryoMolecules) aboutissant à de nouveaux actifs.
En pharmaceutique, la filiale TEMISIS a préparé le lancement — initié au second semestre — d’une étude pivot visant à identifier un mode d’action. En agrochimie, une molécule du groupe est en phase de tests chez un partenaire pour la protection des plantes. Côté nutraceutique, un projet de complément alimentaire destiné à la protection de la mémoire est en phase d’évaluation par un partenaire ; un lancement est espéré en 2028 selon le rapport.
Situation financière, actionnariat et marchés
L’endettement consolidé s’améliore : la dette globale passe de 6,3 M€ au 30/06/2025 à 5,9 M€ au 30/06/2026. Le capital social de PAT se compose de 1 139 248 actions. Au 30 juin 2026, Monsieur Jean‑Paul FEVRE détenait 25,97 % du capital (directement ou indirectement) et la société CLARIANT détenait 9,66 %. Le flottant s’établit à 44,90 %. Le titre ALPAT valait 8,22 € le 1er janvier 2026 et 5,80 € le 30 juin 2026 ; 51 599 titres ont été échangés sur le semestre.
Le rapport détaille un risque commercial majeur : un distributeur exclusif pour des « actifs premiums » codéveloppés avec PAT a décidé unilatéralement, en février, de rompre le contrat de distribution exclusive à compter du 28 février 2027. PAT indique avoir investi plus de 3 M€ en R&D pour ces produits depuis 2019, contre environ 1 M€ de revenus cumulés générés par ces collaborations, ce que le rapport qualifie de « préjudice très important » et qui a contribué à détériorer la situation financière de la société.
Procédure collective ouverte et conséquences juridiques
Face à des difficultés de trésorerie, PAT a déclaré son état de cessation des paiements auprès du Tribunal des activités économiques de Nancy le 16 juillet 2026. Lors de l’audience du 21 juillet 2026, le Tribunal a ouvert une procédure de redressement judiciaire et fixé une période d’observation de six mois, renouvelable. Ce jugement gèle le passif antérieur et offre à la société un cadre pour élaborer un plan de redressement visant à préserver l’emploi et les actifs stratégiques, notamment ses technologies brevetées.
Le rapport précise que, pendant la période d’observation, l’activité se poursuit normalement et que la direction poursuit des discussions avec plusieurs grands groupes industriels pour des partenariats dans les secteurs cosmétique et nutraceutique. L’adoption d’un plan de continuation par les créanciers et son homologation par le Tribunal conditionneront la poursuite de l’exploitation ; à défaut, le Tribunal pourrait ordonner des cessions partielles ou totales, voire une liquidation judiciaire.
Le rapport rappelle également le rôle des acteurs judiciaires et la portée des mesures possibles au cours de la période d’observation. L’administrateur judiciaire, s’il est nommé, évaluera la viabilité industrielle et financière du groupe et proposera des orientations (rééchelonnement de dettes, cessions d’actifs, recherche de financements externes). Les mesures conservatoires pourront inclure le gel des créances antérieures et des négociations avec les créanciers pour aménager les délais de paiement. La société insiste sur la nécessité de préserver l’emploi et de valoriser les actifs immatériels (brevets, contrats de R&D) afin de maximiser les chances d’un plan de continuation. PAT indique aussi qu’elle privilégiera la recherche de partenaires stratégiques capables d’apporter un soutien financier ou commercial pour stabiliser l’activité.
Source : PLANT ADVANCED TECHNOLOGIES PAT — Rapport Financier Semestriel 30 juin 2026.
Articles connexes publiés sur LeRepèredesentreprises : ADOMOS publie ses résultats semestriels au 30/06/2026, Europlasma publie ses résultats du 1er semestre 2026, Klarsen publie son rapport financier semestriel 2026.
Mise en perspective
La décision de placer PAT en redressement judiciaire formalise un basculement financier : l’amélioration opérationnelle affichée au semestre n’est pas suffisante face au retrait d’un distributeur clé et à l’effet d’investissements R&D lourds (plus de 3 M€) qui n’ont pas généré les revenus attendus. Pour les investisseurs, la principale variable à suivre est l’issue des négociations avec des industriels et la capacité de la société à présenter un plan de continuation crédible pendant la période d’observation ; sans accord de refinancement ou d’acquisition partielle, le risque d’une cession d’actifs ou d’une liquidation demeure élevé. Pour les concurrents et les partenaires industriels, l’ouverture de la procédure crée une fenêtre pour reprendre des technologies ou des lignes de produits développées par PAT, tandis que les acteurs du secteur cosmétique et nutraceutique devront évaluer l’impact sur les chaînes d’approvisionnement et les contrats de co-développement.


