Integragen : points clés
Le communiqué publié le 29 octobre 2026 émane d’INTEGRAGEN (SIREN 432176543, LEI 969500CQD8K0BUIGDH55, ISIN FR0010908723, Mnemo ALINT), société spécialisée en génomique clinique et recherche, domiciliée au Genopole Campus 1, 5 rue Henri Desbruères, 91000 Évry-Courcouronnes. Le document présente les comptes semestriels estimés et non audités au 30 juin 2026, établis dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire ouverte le 15 juin 2026 ; les comptes n’ayant pas été arrêtés par le conseil d’administration à la date du communiqué, les montants restent susceptibles d’ajustements. Le communiqué officiel est disponible en dépôt OAM sur le PDF déposé.
Le sommaire
Résultats opérationnels et compte de résultat simplifié
Pour le premier semestre 2026, IntegraGen estime un chiffre d’affaires de 1 981 K€, en recul de 23 % par rapport aux 2 564 K€ du premier semestre 2025. Les subventions d’exploitation et autres revenus s’élèvent à 484 K€, dont 354 K€ correspondent à la reprise d’une provision pour restructuration constituée fin 2025 après licenciements intervenus au cours du semestre.
Les charges d’exploitation hors dotations sont évaluées à 3 546 K€, en baisse de 15 % par rapport à S1 2025. Cette diminution intègre une réduction de 29 % des achats de matières premières, une baisse de 9 % des charges de personnel et une diminution de 11 % des autres charges externes, conformément au plan d’économies déployé fin 2025.
L’EBITDA présenté, incluant les reprises de provisions (dont 354 K€), ressort à -1 081 K€ contre -1 444 K€ au 30 juin 2025. Après prise en compte des dotations (16 K€), du résultat financier (8 K€), du résultat exceptionnel (0 K€) et des crédits d’impôt (35 K€), le résultat net est estimé à -1 054 K€ contre -1 407 K€ sur la même période en 2025.
Structure du bilan et situation de trésorerie
Au 30 juin 2026, l’actif total estimé s’élève à 1 462 K€, contre 2 805 K€ au 31 décembre 2025. Les immobilisations nettes sont de 129 K€, les stocks à 111 K€ et les créances clients à 528 K€ (1 000 K€ au 31/12/2025). La trésorerie disponible est indiquée à 174 K€ au 30 juin 2026, en forte baisse par rapport aux 1 115 K€ de fin 2025.
Au passif, les capitaux propres estimés plongent à -1 962 K€ (contre -909 K€ au 31/12/2025). Les dettes fournisseurs s’établissent à 1 111 K€, les dettes fiscales et sociales à 1 343 K€ et les dettes financières à 305 K€. Les provisions pour risques et charges sont nulles au 30 juin 2026, après reprises liées au plan de restructuration.
Le communiqué précise que le remboursement du prêt garanti par l’État (PGE) est gelé en raison de la procédure collective. Sur la base des prévisions de trésorerie actualisées et des hypothèses d’activité retenues par la société, IntegraGen estime pouvoir financer la poursuite de son activité au moins jusqu’à la fin de l’année 2026. Les comptes ont toutefois été établis selon le principe de continuité d’exploitation et la société souligne l’existence d’une « incertitude significative » liée à l’issue des procédures en cours.
Procédure collective : décisions, appels et conséquences
Le communiqué rappelle que le ministère public a interjeté appel des jugements rendus le 9 octobre 2026 par le Tribunal de commerce d’Évry, qui avaient arrêté d’une part un plan de cession au profit d’ABL Diagnostics et, d’autre part, la conversion du redressement judiciaire en liquidation judiciaire. Ces appels ont pour effet de suspendre l’exécution des jugements. IntegraGen indique continuer son activité dans le cadre du redressement judiciaire, en attendant la décision de la Cour d’appel de Paris ; la société ne précise ni calendrier ni date de décision.
Le caractère suspensif des appels est explicitement indiqué comme n’excluant pas une issue défavorable : l’émetteur rappelle que la poursuite d’activité ne préjuge pas du maintien de la valeur des actions et que les actionnaires restent exposés à un risque de perte partielle ou totale. IntegraGen s’engage à tenir le marché informé de toute évolution significative relative à la procédure et à ses conséquences sur la négociation ou la radiation de ses titres.
Autres éléments opérationnels
Le communiqué fait état du maintien de l’activité commerciale et scientifique malgré la procédure : le laboratoire accrédité CLIA/CAP et l’expertise de séquençage de haut débit restent mobilisés, la société ayant poursuivi la production, répondu à des appels d’offres et poursuivi des projets de recherche et cliniques. IntegraGen précise compter 28 salariés après les mesures de restructuration et rappelle un chiffre d’affaires 2025 de 5 M€.
Le lecteur trouvera le communiqué original et les états estimés déposés auprès de l’OAM dans le PDF déposé sur info‑financiere.gouv.fr.
Liens internes relatifs à des publications financières et sectorielles récentes : Median Technologies publie son rapport financier semestriel, MGI DIGITAL TECHNOLOGY limite le recul du chiffre d’affaires, DBV Technologies dépose un BLA VIASKIN® Peanut (4–7 ans).
Mise en perspective
La publication des comptes semestriels estimés confirme la fragilité financière d’un acteur de la génomique clinique déjà placé en redressement judiciaire : une trésorerie réduite, des capitaux propres négatifs et une dépendance à des décisions judiciaires structurent désormais l’avenir opérationnel d’IntegraGen. Pour les investisseurs, la combinaison d’une perte courante, d’un bilan dégradé et d’une procédure d’appel suspendant une cession rend l’action hautement spéculative et expose au risque de dilution ou de dépréciation totale. Pour les clients et partenaires — laboratoires, instituts de recherche et projets cliniques — l’enjeu est la continuité des prestations de séquençage et d’interprétation ; la suspension des jugements maintient court terme la fourniture de services, mais fragilise l’accès durable à ces capacités si l’appel se solde par une liquidation. Enfin, pour les repreneurs potentiels et les concurrents du secteur, l’affaire illustre la fenêtre d’opportunité et le niveau de risque associés aux concentrations dans la génomique : une cession suspendue peut signifier un rachat à décote ou, au contraire, la perte d’un fournisseur de capacité critique pour des projets cliniques, contraignant les acteurs à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement en analyses génomiques.


