Bollore se : points clés
BOLLORE SE publie un chiffre d’affaires consolidé de 1 644 millions d’euros pour le premier semestre 2026, en hausse de 8 % à périmètre et changes constants par rapport au premier semestre 2025. Le résultat opérationnel ajusté (EBITA) ressort à 104 millions d’euros, contre 123 millions d’euros un an plus tôt, et le résultat net consolidé s’établit à 133 millions d’euros (résultat net part du Groupe : 132 millions d’euros), en recul par rapport aux 242 millions d’euros affichés au S1 2025.
Le sommaire
La position nette de trésorerie du groupe est de 1 447 millions d’euros au 30 juin 2026, en forte baisse par rapport aux 5 619 millions d’euros au 31 décembre 2025. Cette diminution de 4 172 millions d’euros s’explique principalement par le versement d’un dividende exceptionnel de 4 215 millions d’euros par Bolloré SE et le paiement du solde du dividende ordinaire pour 169 millions d’euros. Le rapport semestriel déposé sur l’OAM détaille ces éléments et la situation de liquidité du groupe, qui dispose de 3,6 milliards d’euros de disponibilités et lignes confirmées à fin juin 2026 :
rapport semestriel 2026 déposé sur l’OAM.
Performance par activité et contributions
Par segment, Bolloré Energy réalise un chiffre d’affaires de 1 467 millions d’euros, en hausse de 9 % organique, et un EBITA de 47 millions d’euros, soit +77 % porté par l’effet stock et la bonne performance commerciale. Les activités industrielles affichent un chiffre d’affaires stable à 156 millions d’euros et un EBITA en perte de 42 millions d’euros, amélioration de 10 millions par rapport à l’an dernier, notamment grâce à la réduction des pertes de Blue Solutions.
La branche Communication (mises en équivalence opérationnelle) contribue pour 181 millions d’euros à l’EBITA consolidé, en retrait face au S1 2025, impactée notamment par la baisse des contributions de Canal+ et d’UMG. Les comptes consolidés intègrent les chiffres publiés par UMG, Canal+, Louis Hachette Group, Havas et Vivendi, avec des dynamiques différenciées : UMG progresse en chiffre d’affaires et streaming, Canal+ améliore sa rentabilité opérationnelle, tandis que Vivendi voit son EBITA se contracter.
Portefeuille de participations et valorisations
La valeur comptable du portefeuille de titres cotés détenus par le groupe atteint 9 232 millions d’euros au 30 juin 2026. Le document précise toutefois une valeur recalculée à 7 943 millions d’euros au 14 septembre 2026, en raison d’une baisse significative du cours d’UMG entre le 1er juillet et le 14 septembre 2026 (-19,3 %) ; le groupe indique que cette variation n’affecte pas la valorisation retenue à la clôture du 30 juin, la valeur recouvrable ayant été fixée sur la valeur d’utilité au 30 juin 2026.
Au cours du semestre, Bolloré SE a cédé 10 millions d’actions Vivendi pour 22 millions d’euros. Parallèlement, Compagnie de l’Odet a acquis 89 millions d’actions Bolloré SE pour 409 millions d’euros et a poursuivi ses achats d’actions Canal+, portant sa détention à près de 48 millions d’actions (4,8 % du capital) pour un montant cumulé de 127 millions d’euros équivalents. Compagnie de l’Étoile des Mers a renforcé sa participation dans Havas N.V., détenant désormais 22,6 % pour un investissement de 347 millions d’euros.
Dividendes exceptionnels et flux intra-groupe
Le rapport détaille la distribution par Bolloré SE d’un dividende exceptionnel de 4,215 milliards d’euros en juin 2026. Suite à cette distribution, Compagnie de l’Odet a décidé, le 16 septembre 2026, de verser un acompte sur dividende exceptionnel de 2,5 milliards d’euros, mis en paiement le 29 septembre 2026. Les sociétés qui contrôlent Compagnie de l’Odet ont annoncé à leur tour des acomptes représentant l’essentiel du montant reçu. Au total, Bolloré SE et certaines de ses filiales recevront environ 2 milliards d’euros au titre de ces acomptes, via des versements émanant notamment de Compagnie du Cambodge, Financière Moncey et Société Industrielle et Financière de l’Artois, qui ont fixé leurs acomptes et dates de paiement respectives.
Le tableau de variation des capitaux propres montre une baisse des capitaux propres part du groupe à 20 596 millions d’euros au 30 juin 2026 contre 24 211 millions d’euros au 31 décembre 2025, principalement imputable aux distributions mentionnées.
Opérations stratégiques, restructurations et contentieux
Le rapport signale des opérations de restructuration opérationnelle : Bolloré SE a annoncé un projet d’arrêt de la production des bus Bluebus, pouvant entraîner la suppression de 74 postes, et un plan de recentrage de Blue Solutions sur les batteries de quatrième génération, susceptible d’entraîner la suppression de 41 postes. Une offre de reprise partielle d’actifs par un industriel européen a été présentée pour limiter le coût social.
Sur le plan judiciaire, la Cour d’appel de Paris, réunie en formation solennelle, a rendu le 8 juillet 2026 un arrêt rejetant les demandes de CIAM Fund et considérant que Bolloré SE ne contrôle pas Vivendi SE au sens des dispositions du Code de commerce invoquées ; CIAM Fund a formé un pourvoi en cassation le 27 juillet 2026. Le rapport retrace l’historique des décisions et procédures associées depuis 2024.
Enfin, le groupe précise qu’un nouveau test de dépréciation des titres mis en équivalence sera réalisé dans le cadre des comptes annuels 2026, conformément aux notes méthodologiques citées dans le document déposé.
Pour suivre les publications semestrielles d’autres groupes français et comparer méthodes de présentation et impacts de dividendes, voir les rapports récents d’entreprises comparables par taille ou par profil d’activité, notamment ceux de ALTEN, AQUILA et Maisons du Monde.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
Le rapport semestriel 2026 de BOLLORE SE traduit un profil financier marqué par la forte distribution de liquidités vers les actionnaires et par une valorisation de portefeuille soumise à la volatilité des marchés : le versement d’un dividende exceptionnel réduit significativement la trésorerie disponible et compresse les capitaux propres, alors que la valeur de marché des participations — surtout UMG — reste un point de sensibilité pour les tests de dépréciation à venir. Pour les investisseurs, l’enjeu consiste à évaluer la soutenabilité des flux de dividendes extraordinaires et l’impact des fluctuations de valorisation des participations sur la capacité du groupe à financer ses activités industrielles et ses investissements R&D (notamment dans Blue). Pour les concurrents et les partenaires, l’arrêt projeté de la production Bluebus et le recentrage de Blue Solutions signalent un repositionnement stratégique qui réduira l’exposition du groupe à certains marchés matériellement concurrentiels, tout en concentrant ses ressources sur des segments à plus forte valeur technologique.


