Alten : points clés
ALTEN (SIREN 348607417) a arrêté ses comptes semestriels consolidés le 24 septembre 2026. Le groupe annonce un chiffre d’affaires de 2 109,2 M€ pour le premier semestre 2026, en progression de 1,2 % par rapport au 30 juin 2025 (2 084,1 M€). À périmètre et change constants, la croissance organique est de +1,6 % ; elle se décompose en +3,3 % en France et +0,8 % hors de France. La part de l’international représente 64,5 % de l’activité (65,5 % au 1er semestre 2025).
Le sommaire
Le résultat opérationnel d’activité s’établit à 187,3 M€, soit une hausse de 23,2 % par rapport à la même période 2025 (152,1 M€). La marge opérationnelle d’activité progresse à 8,9 % du chiffre d’affaires contre 7,3 % au 30 juin 2025, avec une amélioration tant en France (7,5 % vs 5,5 %) qu’à l’international (9,7 % vs 8,2 %).
Le résultat opérationnel ressort à 158,3 M€ (+26,9 %). Il intègre des éléments non cash et non récurrents : -12,3 M€ de paiements en actions, -6,7 M€ d’amortissements d’actifs incorporels liés aux acquisitions et -12,5 M€ de coûts non récurrents (principalement 9,9 M€ de restructuration en Allemagne, 2,0 M€ d’honoraires d’acquisition, 0,7 M€ de coûts liés à des litiges et 2,6 M€ de résultat de cession d’un périmètre dans les Sciences de la Vie).
Après coûts financiers nets (+3,2 M€), impôts (-47,7 M€) et quote‑part (-0,1 M€), le résultat net part du groupe atteint 113,8 M€, en hausse de 37,8 % par rapport au 1er semestre 2025 (82,6 M€). Le résultat net part du groupe représente 5,4 % du chiffre d’affaires. Le résultat net par action (part du groupe) s’élève à 3,36 € (dilué 3,34 €).
Source : document officiel déposé auprès de l’OAM (dépôt id 647544_20260925) ; voir le rapport semestriel consolidé sur le PDF déposé.
Structure bilancielle et flux de trésorerie
Au 30 juin 2026, le total bilan consolidé s’élève à 3 653,7 M€. Les actifs non courants représentent 1 829,97 M€ (50 % du bilan), dont 1 298,6 M€ de goodwill (36 % du bilan), 193,0 M€ de droits d’utilisation IFRS 16 et 138,6 M€ d’immobilisations incorporelles liées à des acquisitions. Les actifs courants hors trésorerie sont principalement constitués par les comptes clients et actifs liés (84 % de ce poste).
Les fonds propres (part du groupe) s’établissent à 2 240,5 M€, soit 61,3 % du total bilan. Les dettes d’acquisition (earn‑outs notamment) totalisent 3,2 M€, dont 1,5 M€ à plus d’un an.
Sur le plan de la trésorerie, la marge brute d’autofinancement générée au semestre atteint 217,2 M€. Retraitée des effets IFRS 16, la marge brute d’autofinancement opérationnelle est de 180,7 M€ (8,6 % du chiffre d’affaires) contre 144,7 M€ (6,9 %) un an plus tôt. Les impôts payés sur la période se montent à 36,8 M€. La variation du besoin en fonds de roulement est de -31,5 M€. Les dépenses d’investissement corporelles et incorporelles sont faibles (8,1 M€, 0,4 % du chiffre d’affaires).
Le free cash‑flow ressort à 104,3 M€. Après flux d’investissements nets (-73,0 M€, principalement liés aux compléments de prix et variations de périmètre pour -71,8 M€), dividendes versés (51,5 M€), rachat d’actions dans le cadre du programme autorisé (65,0 M€) et autres flux, la trésorerie nette atteint 313,0 M€ à fin juin 2026 (contre 390,2 M€ au 31 décembre 2025). Le gearing est de -14,0 %, traduisant une situation de trésorerie nette positive.
Acquisitions, périmètre et charges opérationnelles
ALTEN a poursuivi sa stratégie de croissance externe au 1er semestre 2026. Deux acquisitions sont mises en avant : Klanik (groupe IT, CA annuel 68 M€, environ 470 consultants), acquise le 6 mai 2026 et intégrée via ALTEN SA ; In Motion (Allemagne, CA annuel 22 M€, environ 230 consultants), acquise le 30 avril 2026. L’allocation du prix d’acquisition reste en cours et sera finalisée dans les douze mois suivant les dates d’acquisition, conformément aux normes comptables.
Le groupe a également réalisé des entrées complémentaires de périmètre au semestre (listées dans les notes) et a cédé un groupe de sociétés dans les Sciences de la Vie (CA annuel 11,5 M€, 61 consultants), entraînant une plus‑value de 2,6 M€.
Les autres charges opérationnelles nettes du semestre s’élèvent à -12,5 M€, principalement liées aux restructurations (9,9 M€ en Allemagne), aux honoraires d’acquisition (2,0 M€) et à des coûts associés à des litiges (0,7 M€). Les charges de personnel restent le poste majoritaire : 1 504,4 M€ sur la période.
Risques, gouvernance et perspectives 2026
Le rapport précise qu’il n’y a pas eu de nouvelles transactions entre parties liées au semestre et qu’aucun événement postérieur significatif n’a été constaté. Le Conseil d’administration a arrêté l’information financière semestrielle le 24 septembre 2026 après examen du Comité d’audit. Le Groupe indique que la nature et le niveau des risques n’ont pas évolué par rapport au Document d’enregistrement universel 2025 (pages 128–140).
Sur la base du semestre, ALTEN relève ses perspectives 2026 : croissance organique attendue entre 1,7 % et 1,9 % à données constantes, et une marge opérationnelle d’activité estimée supérieure à celle de 2025, autour de 9,2 % pour l’exercice 2026, toutes choses égales par ailleurs. Le groupe signale une amélioration de l’activité notamment dans les secteurs Aérospatial & Défense.
Pour lecture complémentaire sectorielle et comparée, voir nos précédents suivis : Défense européenne : acquisitions et levées de fonds, le récent rapport semestriel de Latecoere et la dynamique industrielle observée chez Crossject.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
La publication confirme qu’ALTEN consolide une génération de cash robuste et une structure bilancielle solvable, ce qui lui permet de financer acquisitions ciblées tout en redistribuant du capital (dividendes et rachat d’actions). Pour les investisseurs, la combinaison d’une marge opérationnelle en amélioration et d’une trésorerie nette positive réduit le risque financier à court terme et soutient une trajectoire de création de valeur par croissance externe. Pour les concurrents et acteurs du conseil en ingénierie, la montée en puissance dans l’Aérospatial & Défense et la capacité d’intégrer des cibles IT et systèmes montrent une stratégie orientée vers l’extension de compétences et la consolidation sectorielle, augmentant la pression sur les acteurs de niche sans puissance de feu financière comparable.


