Compagnie de l’odet : points clés
Selon le rapport semestriel déposé par COMPAGNIE DE L’ODET, le chiffre d’affaires consolidé du groupe s’établit à 1 644 millions d’euros au 1er semestre 2026, en hausse de 8 % à périmètre et change constants. L’EBITA ajusté atteint 97 millions d’euros, en recul de 20 % par rapport au 1er semestre 2025. Le résultat net consolidé ressort à 96 millions d’euros et le résultat net part du Groupe à 54 millions d’euros, contre respectivement 257 M€ et 163 M€ un an plus tôt. La position nette de trésorerie s’élève à 3 658 M€ au 30 juin 2026, contre 5 126 M€ à fin 2025. Le rapport complet est accessible via le document déposé sur l’OAM : Document déposé.
Le sommaire
Décomposition par activité et performance opérationnelle
Le groupe détaille le chiffre d’affaires par secteur : Bolloré Energy génère 1 467 M€ (+9 % organique), l’activité Industrie réalise 156 M€ (+1 % organique) et les autres activités enregistrent 21 M€ (-6 %). L’EBITA par activité fait apparaître une forte amélioration pour Bolloré Energy (47 M€, +77 %) liée à un effet stock positif et à la performance commerciale, tandis que la branche Communication (mises en équivalence opérationnelles) recule à 184 M€, pénalisée notamment par Canal+ et UMG. L’Industrie réduit ses pertes à -42 M€ (amélioration de 10 M€) ; les autres activités affichent un EBITA négatif de -93 M€, affecté par la baisse des recettes immobilières et l’augmentation des charges de personnel.
Le résultat financier du semestre s’établit à 45 M€, en repli par rapport à 96 M€ au 1er semestre 2025, en lien avec la baisse des taux d’intérêt et des dividendes reçus de certaines participations. Le poste impôts s’élève à -28 M€.
Structure du groupe, opérations significatives et dividendes
Au titre des opérations sur participations et de la structure du groupe, Compagnie de l’Odet a perçu le 25 juin 2026 un dividende exceptionnel de 1,5 € par action de Bolloré SE, soit 3,1 milliards d’euros. Depuis le début de 2026, la société a acquis 89 millions d’actions Bolloré SE au prix unitaire de 4,57 €, représentant 3,2 % du capital pour un montant de 409 M€, dont 15 millions d’actions détenues par des filiales de Bolloré SE pour 81 M€. Par ailleurs, la société a acquis 15,7 millions d’actions Canal+ en 2026 (1,58 % du capital) pour 46 M£, portant sa détention totale à près de 48 millions d’actions (4,8 % du capital).
Conformément à sa décision du Conseil d’administration du 16 septembre 2026, Compagnie de l’Odet versera un acompte sur dividende exceptionnel de 2,5 milliards d’euros mis en paiement le 29 septembre 2026. Le rapport précise que les sociétés contrôlant Compagnie de l’Odet ont elles‑mêmes décidé de verser des acomptes sur dividendes proportionnels ; plusieurs filiales font l’objet d’acomptes distincts qui seront mis en paiement le 7 octobre 2026.
Le rapport fait également état d’une évolution jurisprudentielle importante relative à Vivendi : la Cour d’appel de Paris, en formation solennelle le 8 juillet 2026, a rejeté l’ensemble des demandes de CIAM Fund et jugé que Bolloré SE ne contrôle pas Vivendi au sens des dispositions invoquées. Un pourvoi en cassation a été formé par CIAM Fund le 27 juillet 2026.
Trésorerie, portefeuille de participations et événements post-clôture
Les capitaux propres du groupe s’élèvent à 20 017 M€ au 30 juin 2026, en baisse de 1 072 M€ depuis fin 2025, principalement imputable aux dividendes versés aux minoritaires (-1 190 M€) et aux acquisitions d’actions Bolloré SE (-253 M€), atténuées par une hausse de la juste valeur des titres détenus (+333 M€). La société déclare disposer de 7 milliards d’euros de disponibilités et de lignes confirmées à fin juin 2026.
Le portefeuille de titres cotés est valorisé à 9,4 milliards d’euros au 30 juin 2026. Le rapport précise que Compagnie de l’Odet détient notamment 338 millions de titres UMG et 298 millions de titres Vivendi, comptabilisés selon la méthode de mise en équivalence et testés pour dépréciation sur la base de leur valeur recouvrable. Entre le 1er juillet et le 14 septembre 2026, le cours d’UMG a reculé de 19,3 % ; le groupe indique que cet événement post‑clôture ne remet pas en cause la valorisation retenue au 30 juin 2026, mais qu’un nouveau test de dépréciation sera réalisé dans le cadre de la préparation des comptes annuels 2026.
Sur le plan industriel, le rapport expose des projets de réorganisation significatifs annoncés par Bolloré SE : un projet présenté le 8 septembre 2026 d’arrêt de la production de bus Bluebus pouvant conduire à la suppression de 74 postes, et un projet de recentrage de Blue Solutions sur des batteries de 4e génération pouvant entraîner la suppression de 41 postes. Le document indique la présentation d’une offre de reprise partielle d’actifs pour Bluebus, ainsi que des avancées techniques et industrielles pour Blue Solutions (échantillons, validation de procédé de récupération de lithium métal à l’échelle pilote, autorisations administratives et projet de ligne de recyclage ciblé pour 2027).
Pour la communication, le rapport reprend les comptes publiés par les principales entités mises en équivalence : UMG affiche un chiffre d’affaires semestriel consolidé de 6 194 M€ (+11 % organique) et une contribution de 112 M€ à l’EBITA de Compagnie de l’Odet ; Canal+ améliore son EBIT ajusté à 433 M€ et compte 41,16 millions d’abonnés au 30 juin 2026. Havas, Louis Hachette Group et Vivendi voient des évolutions sectorielles détaillées dans le rapport.
Pour une lecture croisée des enjeux de gouvernance et des liens avec Bolloré SE, le lecteur pourra consulter le rapport semestriel publié par Bolloré SE : BOLLORE SE publie son rapport financier semestriel 2026. Pour le volet secteur musical et streaming, la dynamique d’UMG peut être rapprochée des indicateurs publiés par Qobuz : Qobuz affiche +45,7 % de croissance en 2025 et atteint l’équilibre EBITDA. Enfin, pour une comparaison de publication semestrielle parmi les entreprises françaises, voir le dossier consacré à ALTEN : ALTEN publie son rapport financier semestriel 2026.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
La publication confirme la logique financière du groupe : une génération de cash suffisante pour distribuer d’importants acomptes exceptionnels malgré un EBITA consolidé en repli et une baisse de la trésorerie nette. Pour les investisseurs, la décision de verser un acompte exceptionnel de 380 € par action (et plus largement 2,5 milliards d’euros au niveau de Compagnie de l’Odet) matérialise l’utilisation des liquidités issues des distributions de Bolloré SE et des arbitrages sur portefeuille. Elle réduit cependant la marge de manœuvre de trésorerie immédiate du groupe et augmente la sensibilité aux fluctuations de valorisation des participations cotées — notamment UMG — qui feront l’objet de nouveaux tests de dépréciation lors des comptes annuels. Pour les concurrents et acteurs sectoriels, la réorganisation annoncée de Bluebus illustre la pression compétitive et la consolidation nécessaire sur le marché des bus électriques ; la recentration de Blue Solutions sur une génération de batteries plus dense signale, quant à elle, une stratégie d’investissement long terme mais exposée aux risques technologiques et industriels. Enfin, la résolution judiciaire relative à Vivendi réduit une incertitude de gouvernance à court terme, mais laisse subsister un risque juridique tant que les procédures ne sont pas définitivement closes.


