Le 30 juin, le groupe angevin Zekat a inauguré son nouveau site industriel de Bellevigne-les-Châteaux, près de Saumur. Un investissement de 3 millions d’euros qui marque une étape clé dans sa stratégie d’intégration de systèmes complexes pour la défense.
Le sommaire
Un pôle industriel de 6 200 m² pour trois filiales spécialisées
Le bâtiment réhabilité, d’une superficie de 6 200 m², abrite désormais trois des six filiales du groupe : Azkedia (cartes électroniques de spécialité), ZK Systems (intégration) et Ercogener (objets connectés). Avec 90 salariés sur place, ce site concentre près de la moitié des effectifs du groupe, qui emploie 150 personnes en CDI et jusqu’à 200 avec l’intérim. Pascal Denoël, fondateur et unique actionnaire de Zekat depuis 21 ans, y voit “une réponse à notre stratégie d’intégration complexe de systèmes à forte valeur ajoutée”.
L’approche repose sur la combinaison de compétences en électronique, courants forts et faibles, câblage, communication et thermique. Une pluridisciplinarité qui positionne Zekat sur des marchés exigeants : robotique, cobotique, IoT, optronique, mécatronique ou encore ingénierie numérique. “Ce regroupement doit nous permettre d’accélérer notre développement dans la défense, désormais axe stratégique central”, précise Denoël.
La défense, nouveau fer de lance du groupe angevin
Avec ce site, Zekat renforce sa capacité à répondre aux appels d’offres du ministère des Armées et des grands industriels du secteur. Le groupe mise sur sa maîtrise des systèmes embarqués et des solutions critiques pour se différencier. “L’intégration de technologies hétérogènes est un enjeu majeur pour les programmes de défense actuels”, souligne un consultant du cabinet Wavestone, spécialisé dans les marchés publics.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte de relance des budgets militaires en Europe. En France, le projet de loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit une enveloppe de 413 milliards d’euros, avec une attention particulière portée aux PME innovantes. Zekat, qui a déjà travaillé sur des programmes comme le système de communication des véhicules blindés Griffon, entend capitaliser sur cette dynamique.
Un modèle d’intégration verticale rare en région
Contrairement aux grands groupes comme Thales ou Naval Group, Zekat mise sur une approche agile, combinant conception, production et intégration sous un même toit. “Cette verticalisation nous permet de réduire les délais et d’améliorer la traçabilité des systèmes, un atout pour les clients institutionnels”, explique Denoël. Le site de Saumur dispose d’ateliers dédiés à la prototypage rapide et à la simulation thermique, des outils clés pour les projets à haute criticité.
Le groupe, qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 35 millions d’euros, vise une croissance de 15 % par an sur les trois prochaines années. “Notre objectif est de devenir un acteur incontournable des systèmes complexes pour la défense en Europe”, affirme le fondateur. Une ambition qui passe aussi par le recrutement : Zekat prévoit d’embaucher une vingtaine d’ingénieurs et techniciens d’ici fin 2027, avec un focus sur les profils mécatronique et cybersécurité.
Pour les observateurs du secteur, ce mouvement illustre la montée en puissance des ETI régionales dans la supply chain de la défense. “Des groupes comme Zekat comblent un vide entre les grands intégrateurs et les sous-traitants de rang 2, en apportant une expertise système que peu d’acteurs maîtrisent”, analyse un expert du Centre d’études stratégiques aérospatiales.
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