TME Pharma N.V. (LEI 724500EPNADXWZ58U595, ISIN NL0015000YE1, Euronext Growth Paris : ALTME) annonce la prolongation de la totalité de sa dette en cours et la mise en place de deux financements obligataires, étendant la visibilité financière du groupe jusqu’au deuxième trimestre 2028. Le communiqué officiel a été déposé sur l’OAM ; source : info-financiere.gouv.fr (OAM) et document associé : PDF du communiqué.
Le sommaire
Tme pharma n.v. : points clés
Les détenteurs de titres de créance émis en mai et août 2025, représentant environ 2,4 millions d’euros de nominal à ce jour, ont accepté à l’unanimité de repousser l’échéance initiale du 28 mai 2027 au 30 juin 2028. Quatre créanciers externes recevront un remboursement partiel en numéraire d’environ 760 000 euros, payé à 97,7 % de la valeur nominale conformément à la clause de remboursement anticipé applicable en octobre 2026. Les remboursements ne concernent ni le CEO ni les deux membres du conseil de surveillance, qui ont tous prolongé l’échéance de leurs propres créances.
Structure et caractéristiques des emprunts nouvellement souscrits
Trois opérations de dette sont décrites dans le communiqué : (i) un nouvel emprunt souscrit par le CEO, (ii) un financement obligataire de 500 000 euros souscrit par Hexagon Capital Fund, et (iii) la prolongation, aux mêmes conditions, des autres emprunts existants.
Le prêt du CEO, Diede van den Ouden, est une obligation simple non dilutive : prix de souscription 250 000 euros pour une valeur nominale de 297 619,05 euros (prix d’émission à 84 % de la valeur nominale). L’emprunt est remboursable en numéraire à 100 % de la valeur nominale le 30 juin 2028, sans intérêts. La société se réserve la faculté de rembourser par anticipation à un pourcentage croissant de la valeur nominale (de 84 % à 100 % par paliers mensuels).
Hexagon Capital Fund a souscrit à un emprunt obligataire initial de 500 000 euros, portant un intérêt de 10 % par an, payable mensuellement. La durée est de 24 mois, avec remboursement en numéraire par amortissements mensuels. En complément, Hexagon reçoit 2 000 000 de bons de souscription d’actions (prix d’exercice 0,15 euro, durée 3 ans). L’exercice intégral de ces bons générerait un produit brut de 300 000 euros et l’émission de 2 000 000 d’actions nouvelles, soit environ 2,1 % du capital actuel de 94 988 981 actions. Des frais de structuration de 5 % sont dus à Hexagon. La société dispose d’une option d’accéder, à sa discrétion, à un financement supplémentaire de 1 million d’euros aux mêmes conditions ; TME Pharma indique qu’elle ne prévoit pas actuellement d’y recourir.
Conditions de remboursement, dilution et clauses particulières
Après les remboursements en numéraire, la dette prolongée affiche une valeur totale d’environ 1,64 million d’euros et atteindra environ 1,96 million d’euros à l’échéance. Le remboursement à l’échéance est fixé à 116,5 % de la valeur nominale, correspondant à une majoration d’environ un point de pourcentage par mois supplémentaire au titre du calendrier de remboursement en vigueur. La société peut rembourser par anticipation en numéraire, au pourcentage mensuel prévu, et les détenteurs peuvent exiger un remboursement anticipé en cas de changement de contrôle.
Concernant les bons de souscription liés à la dette émise en 2025, le prix d’exercice et l’échéance restent inchangés et les bons conservent leur validité même si la dette correspondante est remboursée. Par ailleurs, lorsqu’un détenteur exerce ses bons et paie en numéraire, il peut exiger que la société rembourse en espèces une partie de sa dette à hauteur de 50 % du prix d’exercice reçu, fournissant ainsi un mécanisme combiné d’entrée de trésorerie et de réduction de l’endettement. Depuis mai 2025, 800 000 actions ont déjà été émises suite à l’exercice de bons de souscription.
La conversion des obligations Hexagon n’est possible qu’en cas de défaut : le prix de conversion serait égal à 85 % du plus bas des trois cours moyens pondérés par volumes choisis par le détenteur parmi les 20 jours de bourse précédant la conversion. Une conversion en situation de défaut pourrait générer une dilution significative ; la société attire l’attention sur le fait que le gain éventuel réalisé par Hexagon à la revente des actions issues d’une conversion, au-delà d’une marge de 15 %, serait partagé à parts égales avec TME Pharma.
Approbations internes et gouvernance
Les opérations ont été examinées et approuvées par le Directoire et le Conseil de surveillance. Le communiqué précise que, compte tenu du statut de détenteurs d’obligations du CEO et de deux membres du Conseil de surveillance, les décisions relatives à leurs propres titres ont été prises par les organes ou membres non concernés par un conflit d’intérêts. Les bons de souscription attribués à Hexagon sont accordés en vertu de l’autorisation donnée par l’assemblée générale du 25 juin 2025.
TME Pharma répète par ailleurs qu’elle poursuit des discussions actives pour un accord de licence concernant le NOX-A12 et que l’un des objectifs de ces négociations est de générer des liquidités. La société précise qu’elle informera le marché dès que ces négociations seront finalisées.
Pour rappel légal et financier, TME Pharma présente deux actifs cliniques : NOX-A12 (olaptesed pegol) et NOX-E36 (emapticap pegol), destinés respectivement à des indications oncologiques et ophtalmiques, informations reprises dans le dossier de presse publié sur l’OAM (communiqué officiel).
Des opérations comparables sur le marché montrent une tendance au recours renforcé aux instruments obligataires pour limiter la dilution des actionnaires tout en apportant des liquidités ; voir notamment des dossiers récents sur des financements obligataires et mobilisations de fonds par des sociétés similaires : Winamp Group poursuit son financement obligataire, ATON mobilise 400 000 € pour accélérer Bcell Design, BIOSYNEX finance le développement d’un panel Biothreat.
Mise en perspective
La prolongation collective de la dette et l’apport combiné d’un nouvel emprunt du CEO et d’un financement avec bons montrent que TME Pharma cherche à étirer son calendrier de financement sans recourir immédiatement à une augmentation de capital. Pour les investisseurs, cela signifie une réduction temporaire du risque de dilution mais une charge financière accrue via des intérêts (10 % pour Hexagon) et des obligations de remboursement qui pèsent sur la trésorerie à court terme. Pour les partenaires potentiels et concurrents, l’opération indique que la société privilégie des solutions de dette structurée et des clauses de type warrant pour conserver de la flexibilité sur la valorisation future : la présence de bons de souscription limités en montant (2 000 000 de BSPCE) réduit la dilution immédiate, mais la clause de conversion en cas de défaut pourrait, si elle devait être activée, conduire à une dilution significative. Enfin, l’engagement financier direct du CEO vise à aligner ses intérêts sur ceux des actionnaires, mais il renforce aussi l’exposition du management aux risques financiers de l’entreprise. Ces éléments forment un cadre financier qui donne plus de temps à TME Pharma pour conclure d’éventuels accords de licence ou autres recettes opérationnelles nécessaires à la valorisation de ses actifs cliniques.


