Société Française de Casinos : points clés
Merkur Spielbanken Beteiligungs GmbH (« Merkur »), filiale de MERKUR.COM AG, a conclu le 27 août 2026 une promesse d’achat visant à prendre 95 % du capital de Casigrangi auprès de GPG GROUPE PHILIPPE GINESTET et DOFA. Casigrangi détient 4 135 434 actions de SOCIETE FRANCAISE DE CASINOS (ISIN : FR0010209809, ticker : SFCA), soit environ 81,21 % du capital et des droits de vote sur la base de 5 092 470 actions théoriques au 31 octobre 2025. Le prix de l’opération, exprimé par transparence, est fixé à 6,19 euros par action SFC.
Le sommaire
Modalités financières et offre publique
Le prix de 6,19 € par action servira de base à une offre publique d’achat simplifiée (l’« Offre ») que Merkur devra déposer auprès de l’Autorité des marchés financiers pour les actions SFC encore en circulation si l’opération est réalisée. L’Offre proposerait une contrepartie en numéraire à ce même prix. Le communiqué précise les primes implicites : +195,9 % par rapport au cours moyen pondéré sur 240 jours précédant le 27 août 2026, +145,2 % sur 60 jours, et +157,9 % par rapport au cours de clôture à la date de la promesse d’achat.
Conditions, gouvernance et calendrier
La finalisation du rachat dépend de plusieurs conditions suspensives. La signature définitive du contrat de cession est subordonnée à l’accomplissement des procédures d’information et de consultation des salariés de Casigrangi et du comité social et économique du Casino de Gruissan. L’opération requiert également les autorisations réglementaires usuelles, notamment l’autorisation du ministère de l’Intérieur au titre de l’article L. 323-3 du Code de la sécurité intérieure, ainsi que la réalisation de certaines opérations de restructuration interne.
Merkur indique qu’il est prévu que l’opération, si elle est signée et réalisée, soit finalisée au cours du premier trimestre 2027. Dans cette hypothèse, l’Offre pourrait être déposée auprès de l’AMF au cours du premier semestre 2027, puis ouverte une fois la décision de conformité de l’AMF obtenue et conformément au calendrier publié par l’Autorité.
Les 5 % restants du capital de Casigrangi resteraient détenus par DOFA et feraient l’objet de promesses croisées de vente et d’achat (put and call), exerçables dans un délai convenu à compter de la réalisation de l’Opération. Par ailleurs, Merkur se réserve, « si les conditions législatives et réglementaires sont remplies », la possibilité de demander la mise en œuvre d’une procédure de retrait obligatoire visant le retrait de SFC de la cote.
Le conseil d’administration de SFC constituera un comité ad hoc pour superviser la désignation d’un expert indépendant conformément à l’article 261-1 I du règlement général de l’AMF, et pour préparer un avis motivé sur l’intérêt de l’Offre et ses conséquences pour la société, ses actionnaires et ses collaborateurs.
Prévisions, risques et informations opérationnelles
Le communiqué reprend les prévisions internes du groupe SFC pour l’exercice 2025-2026 : Produit Brut des Jeux (PBJ) d’environ 22,5 M€, Produit Net des Jeux (PNJ) d’environ 13,3 M€, chiffre d’affaires net de prélèvements de 14,2 M€ et un EBITDA d’environ 3,5 M. Ces chiffres sont présentés comme des estimations reposant sur les hypothèses de la direction, assorties d’un avertissement sur les risques et incertitudes susceptibles d’entraîner des écarts significatifs, renvoyant notamment à la section « Risques » du rapport financier annuel 2026 et à la documentation à venir relative à l’Offre.
Le communiqué rappelle explicitement la nature informative de l’annonce et précise que celle-ci ne constitue pas une offre de vente ou de souscription. Il liste, sans être exhaustif, des facteurs susceptibles d’affecter la réalisation effective des objectifs et des synergies attendues : obtention des autorisations, coûts et calendrier d’intégration, passifs imprévus, disponibilité du financement, maintien des relations commerciales, et risques de concurrence ou de ressources humaines.
Source : communiqué déposé sur l’Organisme d’Autorégulation et de Diffusion des Informations Financières (PDF déposé — info‑financiere.gouv.fr).
Pour contexte opérationnel, SOCIETE FRANCAISE DE CASINOS exploite quatre casinos en propre (Châtel‑Guyon, Collioure, Gruissan, Port‑la‑Nouvelle) et des activités annexes d’hôtellerie, restauration et spectacle. Casigrangi exploite trois casinos (Granville, Megève, Mimizan) et détient indirectement, via SFC, des participations dans d’autres établissements.
Articles de référence et comparaisons de marché disponibles sur LeRepèredesentreprises : ADL PARTNER rachète 4 953 actions sur Euronext Paris, Goldman Sachs franchit le seuil de 5 % du capital d’Alstom, Eiffage publie un rapport semestriel consolidé 2026.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
Cette opération concentre le contrôle opérationnel d’un actionnaire de référence (Casigrangi) entre des mains internationales : elle transforme la structure actionnariale de SFC en substituant un propriétaire industriel paneuropéen à un actionnariat familial français. Pour les investisseurs minoritaires, l’annonce signifie l’imminence d’une offre au prix unique de 6,19 € et la possibilité d’un retrait obligatoire suivi d’un retrait de la cote, ce qui crée un horizon de liquidité précis mais aussi une contrainte de décision sur la détention du titre. Pour les concurrents et acteurs du secteur des jeux, l’entrée affirmée de Merkur, acteur intégré et technologiquement équipé, indique une volonté de consolidation et de professionnalisation des opérations en France ; cela pourrait intensifier la concurrence sur les segments machines à sous et services annexes (hôtellerie, restauration, animations) et modifier les dynamiques locales d’investissement et de partenariat, notamment dans les stations touristiques où SFC et Casigrangi sont implantés.


