La question de maurel & prom devient centrale pour les acteurs concernés. Voici les éléments essentiels à retenir.
Le sommaire
Maurel & prom : points clés
Les Établissements Maurel et Prom (SIREN 457202331, LEI 969500ZTYI9C1C594X25) ont publié leur rapport financier semestriel au 30 juin 2026, arrêté par le conseil d’administration le 5 août 2026. Le groupe, spécialisé dans l’exploration et la production d’hydrocarbures, affiche un chiffre d’affaires consolidé de 366 M$, en hausse de 27 % par rapport au premier semestre 2025 (289 M$). Cette progression s’explique principalement par une hausse de 46 % du prix de vente moyen de l’huile, à 103,8 $/baril, ainsi que par un impact positif de 27 M$ lié au retraitement des décalages d’enlèvements et à la revalorisation des stocks.
L’excédent brut d’exploitation (EBITDA) atteint 227 M$ (+63 %), tandis que le résultat opérationnel s’élève à 161 M$ (+64 %). Le résultat net consolidé du groupe s’établit à 191 M$, en progression de 78 %, dont 183 M$ en part du groupe (+74 %). Le flux de trésorerie disponible s’élève à 77 M$, contre 64 M$ au premier semestre 2025.
Production et investissements par zone géographique
La production totale en équivalent barils par jour (BEP/j) s’établit à 37 890 au premier semestre 2026, en légère hausse (+1 %) par rapport au second semestre 2025. Les principales évolutions par zone sont les suivantes :
Gabon : production d’huile en part Maurel & Prom (80 %) à 13 896 b/j (-10 % vs S1 2025), affectée par un arrêt programmé de maintenance. Le puits Mouletsi-2, premier puits de gaz foré par le groupe dans le pays, a confirmé un potentiel de 25 Mpc/j.
Angola : production en baisse de 9 % à 3 901 b/j, en raison d’arrêts techniques. Le programme de forage de deux puits sur le Bloc 3/05 est en cours, avec un potentiel de 9 000 b/j supplémentaires (à 100 %).
Tanzanie : production de gaz en hausse de 4 % à 62,8 Mpc/j, portée par les puits MB-5 et MS-2, testés à 47 Mpc/j et 50 Mpc/j (à 100 %).
Venezuela : production d’huile en part Maurel & Prom Iberoamerica (40 %) à 8 349 b/j, stable malgré un arrêt de maintenance. La reprise des exportations de brut, autorisée par la General License 50A de l’OFAC, a permis un premier enlèvement de 0,5 Mb en juin 2026.
Colombie : production de gaz sur le permis Sinu-9 à 7,6 Mpc/j. La campagne de forage se poursuit avec six puits fermes prévus, et la mise en service d’un gazoduc devrait porter la capacité d’export à 40-45 Mpc/j.
Les investissements de développement s’élèvent à 134 M$, dont 87 M$ au Gabon, 18 M$ en Tanzanie et 11 M$ en Colombie. Les investissements d’exploration atteignent 10 M$, principalement en Tanzanie (forage du puits Kasa-1X) et au Gabon.
Structure financière et refinancement de la dette
Au 30 juin 2026, le groupe affiche une trésorerie nette positive de 257 M$, contre 179 M$ au 31 décembre 2025. La trésorerie s’élève à 370 M$, tandis que la dette brute atteint 113 M$, composée de 79 M$ de dette bancaire (prêt à terme) et de 34 M$ de prêt d’actionnaire. La liquidité disponible, incluant la tranche non tirée de la revolving credit facility (RCF), s’élève à 500 M$.
Le 10 juillet 2026, Maurel & Prom a signé un accord avec ses banques pour refinancer sa dette bancaire. Ce refinancement prévoit une facilité de 465 M$ sur cinq ans, comprenant 300 M$ de prêt à terme et 165 M$ de RCF. Il devrait générer 250 M$ de liquidité additionnelle, sous réserve de la satisfaction des conditions préalables d’ici début octobre 2026.
Événements post-clôture et acquisition stratégique
Le 5 août 2026, le groupe a annoncé l’acquisition des actifs de Gran Tierra Energy en Colombie et en Équateur. Cette transaction, financée par la trésorerie disponible et la flexibilité financière du groupe, marque une étape clé dans sa stratégie de croissance externe. Olivier de Langavant, directeur général de Maurel & Prom, a souligné que cette acquisition « ouvre une nouvelle phase de développement pour le Groupe, que nous abordons avec confiance et ambition ».
Capital et risques identifiés
Au 30 juin 2026, le capital social de Maurel & Prom se compose de 201 261 570 actions, avec 343 819 964 droits de vote exerçables. Le groupe rappelle dans son rapport les principaux risques liés à son activité, classés par importance :
Élevés : volatilité des cours des hydrocarbures, risques géopolitiques et réglementaires, risques liés à la transition énergétique et à la biodiversité.
Modérés : risques opérationnels (sécurité, incidents industriels, cyber-sécurité), risques liés à la production et à la liquidité de l’action.
Faibles : risques de contrepartie, risques liés aux obligations de remise en état des sites, risques sociétaux.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
Cette publication confirme la résilience opérationnelle et financière de Maurel & Prom dans un contexte de prix élevés du baril, tout en illustrant sa capacité à saisir des opportunités de croissance externe. L’acquisition de Gran Tierra Energy en Colombie et en Équateur, couplée au refinancement de la dette, renforce sa position dans des zones géographiques stratégiques et diversifie son portefeuille d’actifs. Pour les investisseurs, ces éléments signalent une accélération de la stratégie de consolidation du groupe, avec un levier financier maîtrisé (dette nette négative) et une trésorerie disponible pour de nouvelles opérations. Les concurrents du secteur, notamment les acteurs de taille intermédiaire, pourraient être incités à réévaluer leurs propres stratégies d’acquisition ou de partenariats pour rester compétitifs face à cette dynamique.


