ECOSY Boating, la société rochelaise qui édite le catamaran IZIBoat®, ouvre son capital et recherche 400 000 € pour accélérer son déploiement industriel et commercial à l’international. La levée est en cours, elle n’est pas encore bouclée. L’entreprise, immatriculée depuis 2020 à La Rochelle avec un capital social de 235 951 €, mise sur quatorze ans de R&D pour transformer un problème classique de l’hôtellerie balnéaire en marché.
Le sommaire
Le constat : une plage sous-exploitée
Des milliers d’hôtels et de resorts s’affichent avec la mer en toile de fond, sans jamais la transformer en expérience vendable. La voile, elle, reste perçue comme technique et intimidante, réservée à ceux qui savent déjà naviguer. C’est ce paradoxe qu’ECOSY Boating dit vouloir adresser avec IZIBoat®, un catamaran piloté au joystick plutôt qu’à la barre et aux écoutes, conçu pour être pris en main sans formation par, selon l’entreprise, 99 % des clients d’un établissement.
Le concept a été développé par François Tissier, fondateur, président et inventeur, épaulé par Tristan Robert, cofondateur et directeur général, chargé de la dimension opérationnelle. Résultat après quatorze ans : quatre brevets, quatorze innovations, 960 000 € investis et 34 000 heures de travail. Sur le terrain, 2 800 personnes ont navigué à bord, dont 1 400 clients payants lors de deux saisons d’exploitation commerciale, et quatre bateaux sont prêts à être livrés.

Un marché porteur, mais très disputé
Le pari d’IZIBoat s’appuie sur une tendance de fond réelle. Dans l’Union européenne, plus de 1,4 milliard de nuitées ont été passées dans des hébergements touristiques des régions côtières en 2023, soit une hausse de 6,4 % sur un an et un niveau supérieur au pic de 2019 (EU Blue Economy Report 2025). Le tourisme littoral constitue un moteur puissant pour toute offre d’activité nautique en marge de l’hébergement.
Le secteur des équipements de sports nautiques de surface, dans lequel s’inscrit IZIBoat, est lui-même en croissance : il pesait environ 13,26 milliards de dollars en 2026 et devrait progresser à un rythme annuel de 5,78 % pour atteindre 17,15 milliards de dollars en 2031 (Mordor Intelligence). Le segment voile et catamarans de petite taille y cible traditionnellement une clientèle aisée et les programmes de clubs de vacances, un terrain historiquement dominé par Hobie Cat et BIC Sport (Tahe Outdoors), qui s’appuient sur des réseaux de revendeurs et des partenariats de formation.
C’est précisément sur ce terrain qu’IZIBoat doit se différencier. Hobie Cat, en particulier, est une référence difficile à ignorer : le Hobie 16, lancé en 1969, reste la plus grande classe de catamaran monotype au monde, avec plus de 135 000 exemplaires construits, et ses modèles équipent depuis des décennies de nombreux clubs de plage et resorts, notamment dans les Caraïbes. Contrairement à IZIBoat, ces catamarans se pilotent de façon classique, à la barre et au réglage de voile, ce qui suppose une initiation, même courte. L’argument central d’ECOSY Boating, le pilotage au joystick sans compétence préalable, vise donc directement ce point de friction plutôt qu’un vide de marché total.
Trois priorités pour les fonds
L’argent recherché doit financer trois volets : le lancement de la première série de production après trois préséries ayant validé le processus industriel, la structuration d’un tunnel de vente semi-automatisé auprès des groupes hôteliers dans les Caraïbes, l’océan Indien et la Méditerranée, et le renforcement de l’écosystème de service (SAV, outils d’exploitation, accompagnement) pour que l’intégration ne demande pas à l’hôtelier de monter une base nautique.
À l’appui de son argumentaire commercial, l’entreprise avance une hypothèse de rentabilité : une flotte de trois IZIBoat® exploitée 180 jours par an, à deux sorties quotidiennes par bateau et 70 euros hors taxes la sortie, générerait environ 75 600 euros de chiffre d’affaires annuel avec une marge brute de 70 %, soit l’équivalent de 0,35 euro par nuitée pour un resort. ECOSY Boating présente elle-même ce calcul comme un objectif, non comme une garantie de résultat, ce qu’il convient de garder à l’esprit face à une marge aussi élevée sur un modèle d’exploitation encore jeune.
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