Haffner energy : points clés
HAFFNER ENERGY présente SB-HEFA, un procédé reposant sur sa thermolyse propriétaire qui convertit la biomasse solide en huile utilisable pour l’hydrotraitement sans passer par une étape de reformage en gaz. Selon le communiqué officiel déposé, l’étape clé consiste à extraire l’huile de thermolyse, la stabiliser par refroidissement immédiat, puis la filtrer avant une hydrodésoxygénation réalisée avec des technologies éprouvées de la filière HEFA. Le groupe affirme que cette trajectoire « solide → liquide » supprime la complexité et les coûts associés aux chaînes basées sur la production de syngaz puis leur recombinaison (Fischer‑Tropsch, synthèse de méthanol, etc.).
Le sommaire
HAFFNER ENERGY avance des gains financiers et opérationnels précis : une matière première disponible pour moins de 20 % du coût des huiles utilisées par les filières HEFA/HVO ; des biomasses solides typiques à 10–30 €/MWh contre 100–120 €/MWh pour les huiles de cuisson usagées (UCO) observées en 2026 ; un CAPEX estimé à environ un tiers de celui des chaines concurrentes de conversion de biomasse solide en carburant liquide ; et, au final, une réduction ciblée d’environ 50 % du coût complet de production (LCOE) du diesel renouvelable et du SAF. Ces éléments figurent dans le dépôt officiel consultable ici : communiqué OAM et dans le PDF joint au dossier (document PDF).
Calendrier industriel et marchés prioritaires
La société précise sa feuille de route : un démonstrateur industriel complet est visé pour mise en service en 2027/2028, tandis que la production d’huile non hydrotraitée peut être assurée immédiatement sur le site de Marolles. HAFFNER ENERGY indique cibler prioritairement le marché du diesel renouvelable, arguant que le diesel représente environ 34 % des produits pétroliers raffinés (vs 9 % pour le kérosène) et constitue un débouché plus rapide à pénétrer du fait de contraintes techniques et réglementaires moindres que pour le SAF.
Pour le SAF, la société planifie une qualification ASTM inspirée du précédent HC‑HEFA et vise un déploiement commercial à partir de 2030, échéance qu’elle relie au relèvement de l’obligation européenne d’incorporation de SAF à 6 % en 2030 (Règlement (UE) 2023/2405). HAFFNER ENERGY rappelle le faible poids actuel du SAF (estimé à ≈0,6 % de la consommation mondiale de kérosène) et cite des études évaluant un surcoût actuel du SAF à 2–3 fois le prix du kérosène ; SB‑HEFA est présenté comme une voie pour réduire ce différentiel économique.
Modèle commercial, financement et partenaires
SB‑HEFA s’inscrit dans un modèle dual : vente d’équipements via le programme CORE100 et commercialisation de licences technologiques via la structure dédiée SAF Zero, ainsi que Mundi Haffner Technologies, Inc. au Canada. HAFFNER ENERGY prévoit que SB‑HEFA générera principalement des revenus de licences (paiements initiaux « upfront fees », royalties, services et composants stratégiques), sans mobiliser significativement ses capacités industrielles propres. La société indique viser plusieurs millions d’euros de paiements initiaux et précise qu’en contribution à l’EBITDA, 1 M€ de paiement initial ou de royalties lié à une licence équivaut, selon son calcul, à environ 3 M€ de chiffre d’affaires générés par la vente d’équipements.
La gouvernance du développement comprend l’ouverture du capital de SAF Zero à des partenaires industriels et financiers ; HAFFNER ENERGY est en discussions avancées avec une banque d’affaires chargée d’identifier ces partenaires. Le groupe précise que le développement de SAF Zero sera financé par ses partenaires, « sans mobiliser les ressources propres de Haffner Energy ni entraîner de dilution de ses actionnaires ».
Aspects techniques et performances annoncées
Sur le plan chimique et opérationnel, HAFFNER ENERGY affirme que l’huile issue de sa thermolyse diffère des huiles de pyrolyse classiques par une moindre teneur en oxygène, une acidité réduite et une très faible quantité de particules solides résiduelles, qualités qui amélioreraient son aptitude à l’hydrotraitement. La société met en avant la combinaison de biomasse torréfiée et de temps de réaction très courts comme facteurs permettant d’obtenir cet intermédiaire mieux adapté à l’hydrodésoxygénation que les huiles de pyrolyse conventionnelles.
Le communiqué rappelle enfin l’alignement du projet sur des enjeux de décarbonation et de valorisation durable de la biomasse, avec des coproduits tels que CO₂ biogénique et biochar. Les contacts presse et investisseurs figurent dans le dossier officiel.
Pour situer l’annonce dans l’actualité industrielle et financière, on peut la rapprocher d’opérations et de communications récentes sur les marchés de l’énergie et de la technologie industrielle : METAVISIO sécurise trois accords de financement, TotalEnergies réalise des rachats d’actions pour 61 M€, ou Lumibird affiche croissance et marge renforcées au S1 2026.
Mise en perspective
SB‑HEFA change l’équation coûts‑matière première et simplifie la chaîne technique : si les réductions de CAPEX et de LCOE annoncées se confirment à l’échelle industrielle, la filière pourrait accélérer la diffusion du diesel renouvelable et rendre le SAF économiquement plus accessible. Pour les investisseurs, le modèle centré sur les licences réduit les besoins en déploiement d’actifs lourds et offre un levier de marge attractive si les upfront fees et royalties se matérialisent. Pour les concurrents et intégrateurs, l’arrivée d’une chaîne « solide→liquide » moins capitalistique et utilisant des biomasses bon marché impose de revoir les évaluations de compétitivité des filières HEFA/Fischer‑Tropsch ; les acteurs dépendants des approvisionnements en huiles pourraient voir la pression sur les prix et la disponibilité se relâcher dans la décennie. Enfin, la réussite industrielle et la validation ASTM seront les points d’épreuve : l’accès au marché du SAF dépendra autant de la performance technique et de la certification que des partenariats industriels et financiers que Haffner Energy annoncera pour SAF Zero.


