Financiere marjos : points clés
FINANCIERE MARJOS (SIREN 725721591) présente des comptes semestriels au 30/06/2026 marqués par l’absence d’activité opérationnelle et un résultat net de 24 euros pour la période, contre une perte de 92 907 euros au 30/06/2025. Le chiffre d’affaires est nul. Les charges d’exploitation se montent à 211 511 euros, compensées par des produits d’exploitation de 211 535 euros, d’où un résultat d’exploitation de 24 euros.
Le sommaire
Les capitaux propres ressortent en situation négative à -1 215 007 euros. Le capital social s’élève à 199 675,38 euros, divisé en 19 967 538 actions de 0,01 euro de valeur nominale chacune. La société ne détient aucune action propre au 30/06/2026 et ne possède ni filiale ni succursale.
La société a bénéficié d’apports en comptes courants d’associés totalisant 308 000 euros au cours du semestre ; ces financements courants couvrent le financement des charges. Par ailleurs, une convention d’emprunt entre Bit Digital Europe Holding et Bit Digital Inc. d’un montant de 500 000 euros, datée du 10 avril 2026, est mentionnée ; 149 000 euros ont été reçus par Bit Digital Europe Holding à la date de situation.
Continuité d’exploitation, contrôles et garanties
Le gérant, Philippe Gellman, a arrêté les comptes en considérant qu’il n’existe pas d’incertitude significative sur la continuité d’exploitation. Cette appréciation repose sur plusieurs éléments : l’engagement de l’associé commandité BIT DIGITAL EUROPE HOLDING à ne pas rendre exigible sa dette en compte courant tant que la Société n’aura pas la capacité de remboursement ; une lettre de soutien de l’associé commandité garantissant le financement des besoins pour 12 mois ; et les apports en comptes courants précités.
Le commissaire aux comptes (Grant Thornton) a réalisé un examen limité des comptes et n’a pas relevé d’anomalies significatives au regard des règles comptables françaises. Il attire toutefois l’attention sur la note « Continuité d’exploitation » de l’annexe, sans remettre en cause sa conclusion.
Au titre des engagements liés au changement de contrôle intervenu en 2025, des sûretés ont été constituées : un montant placé sous séquestre (« Escrow Amount ») de 344 671 euros et des créances de comptes courants nanties de 654 328 euros, soit un total de garanties constituées de 999 000 euros. L’échéancier prévoit des libérations entre 2027 et 2029 (166 500 € en 2027, 166 500 € en 2028, et 666 000 € en 2029), sous réserve d’éventuelles réductions pour pertes ou réclamations.
Gouvernance, actionnariat et contentieux
L’assemblée générale du 29 juin 2026 a ratifié la cooptation de trois membres au Conseil de Surveillance : Erke Huang (président du Conseil), Bryan Bullett et Ichi Shih, remplaçant des démissionnaires. Philippe Gellman est confirmé comme gérant et personne responsable des informations du rapport semestriel.
La répartition du capital au 30/06/2026 fait apparaître plusieurs actionnaires détenant plus de 5 % : JMS CONSULTANCY DWC (20,33 %), BIT DIGITAL EUROPE HOLDING (15,92 %), PARK MADISON EQUITIES LLC (13,38 %), M. Franck LEVY (13,74 %), BIT DIGITAL INC. (9,08 %) et Mme Aude PLANCHE (7,51 %).
Sur le plan judiciaire et fiscal, la société a soldé en janvier 2026 un rappel de TVA lié à l’exercice 2013, pour un montant total de 199 000 euros. Par ailleurs, une procédure engagée contre la société Préatoni (relative à des sommes engagées pour 563 773 €) a conduit à un protocole transactionnel signé le 22 janvier 2026 et au versement de 30 000 euros à Financière Marjos au cours de la période ; la société avait été auparavant condamnée et avait acquitté les sommes visées par le jugement en mars 2025. La société a également été condamnée au paiement de sommes accessoires lors de la procédure initiale, puis a fait appel, les procédures restant évoquées dans le rapport.
Projet stratégique : centres de données dédiés à l’IA
La direction expose un projet de repositionnement stratégique centré sur l’acquisition, le développement et l’exploitation de centres de données (data centers) dédiés à l’intelligence artificielle en Europe, en Amérique du Nord et dans la zone Asie‑Pacifique. Dans ce cadre, la société envisage de changer sa dénomination sociale en « Future Infra SCA », tout en conservant son code mnémonique FINM sur Euronext Paris, sous réserve d’approbation par l’assemblée générale et d’une décision de l’Autorité des marchés financiers sur l’opportunité d’une offre publique de retrait.
La mise en œuvre opérationnelle serait initialement conduite en partenariat avec WhiteFiber, Inc. (Nasdaq : WYFI), société sœur placée sous contrôle commun de Bit Digital, Inc. (Nasdaq : BTBT). La doctrine de coopération envisagée inclut des accords de coentreprise donnant accès à la plateforme de WhiteFiber pour la recherche de sites, l’acquisition, le développement et l’exploitation. La société prévoit de constituer un portefeuille initial de projets via WhiteFiber tout en développant parallèlement ses propres capacités en Europe et à l’international.
Pour financer ce repositionnement, Financière Marjos envisage une ou plusieurs levées de fonds et/ou le recours à l’endettement externe ; aucune décision définitive sur la structure financière n’a été prise au 30/06/2026. La société indique qu’elle tiendra le marché informé des modalités de financement une fois finalisées.
Source : communiqué officiel et rapport financier semestriel déposé sur le document déposé auprès de l’OAM.
Contexte et lectures complémentaires : Financière Marjos se recentre sur les centres de données IA, Amoéba lance une augmentation de capital de 10 M€, CCF SFH réduit son capital et lève 480 M€ en avril.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
Le document confirme la transformation financière et stratégique d’une holding dépourvue d’activité opérationnelle en une plateforme visant l’infrastructure IA : pour les investisseurs, l’annonce clarifie le modèle cible (investissement dans des data centers IA) mais met aussi en lumière les besoins de financement et le bilan fragile (-1,215 M€ de capitaux propres). La dépendance au soutien de l’associé commandité et la structuration des garanties (999 k€ séquestrés ou nanties) réduisent le risque immédiat de liquidité, mais soulignent la nécessité d’opérations de levée de fonds ou d’endettement pour financer le déploiement. Pour les concurrents et acteurs du secteur, la volonté de nouer des coentreprises avec WhiteFiber et d’exploiter des sites industriels convertis signale un acteur additionnel cherchant à accélérer son déploiement en combinant accès à des capacités existantes et recherche d’actifs en Europe et à l’international. Enfin, la validation réglementaire par l’AMF (notamment sur l’absence d’offre publique de retrait) et l’approbation des actionnaires seront des étapes déterminantes pour concrétiser ce repositionnement stratégique.


