Europlasma : points clés
Europlasma (SIREN 384256095, LEI 969500WYVNHBV1ABQ250) publie ses comptes consolidés au 30 juin 2026 arrêtés par le conseil d’administration et établis selon l’hypothèse de continuité d’exploitation (IAS 1 §25-26). Le chiffre d’affaires semestriel s’élève à 22,3 M€, contre 32,9 M€ au S1 2025. Le résultat net part du Groupe ressort à -27,6 M€ sur la période (-27,0 M€ au S1 2025) et le résultat net consolidé à -29,2 M€.
Le sommaire
L’EBITDA consolidé du semestre s’établit à -21,1 M€ (contre -10,9 M€ au S1 2025). Les comptes semestriels ne font pas l’objet d’un audit des commissaires aux comptes conformément aux règles d’Euronext Growth. Source : communiqué officiel déposé sur l’OAM.
Performance par segment
Le pôle Industries (Les Forges de Tarbes, Valdunes Industries, Satma Industries, Les Forges de Gerzat, FDB Industries) a réalisé 20,7 M€ de chiffre d’affaires, en recul de 34,6 % vs S1 2025. L’EBITDA du segment atteint -15,0 M€, principalement imputable aux pertes de FDB Industries et de Valdunes Industries. Hors FDB Industries, l’EBITDA aurait été de -6,3 M€.
Le segment Déchets Dangereux (Inertam) génère 0,7 M€ de chiffre d’affaires et un résultat opérationnel de -3,1 M€, pénalisé par la prolongation de l’arrêt du four de vitrification d’amiante et les coûts fixes du site. Le segment Décarbonation (Chopex) affiche 0,7 M€ de chiffre d’affaires et améliore son résultat opérationnel à -0,5 M€. Le périmètre Solutions Plasma enregistre 0,2 M€ de chiffre d’affaires, lié à de la R&D en Chine.
Situation de trésorerie, dette et bilan
La trésorerie et équivalents de trésorerie s’élèvent à 1,019 M€ au 30/06/2026, contre 7,453 M€ au 31/12/2025 (variation -6,433 k€). L’endettement brut atteint 26,8 M€ (en hausse de 6,5 M€), composé notamment de 8,7 M€ au titre du financement obligataire, 7,5 M€ de dettes locatives, 4,7 M€ d’avance remboursable et 4,0 M€ d’un emprunt FDES de Valdunes Industries. L’endettement net ressort à 25,8 M€ (12,8 M€ au 30/06/2025).
Au 30 juin 2026, l’actif total du Groupe est de 63,696 M€, en baisse de 10,342 M€ sur le semestre, principalement du fait de la baisse de trésorerie et de la réduction des stocks. Les capitaux propres sont négatifs à -42,766 M€, en recul de -18,427 M€ depuis le 31/12/2025. Les capitaux propres ont été partiellement reconstitués par des augmentations de capital liées au financement obligataire.
Procédures, mesures de restructuration et continuité d’exploitation
Le communiqué détaille plusieurs procédures judiciaires et décisions de restructuration : ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour Satma Industries le 2 juin 2026 (période d’observation jusqu’au 1er décembre 2026), mise en liquidation judiciaire de FP Industries le 9 juin 2026, mise en liquidation judiciaire de FDB Industries le 15 octobre 2026, et ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour Les Forges de Tarbes par jugement du Tribunal de commerce du 26 octobre 2026.
Le Groupe indique que la continuité d’exploitation dépend de la bonne exécution d’un financement obligataire conclu avec Environmental Performance Financing (montant nominal maximal 45 M€ sur 36 mois). Le solde des tranches disponibles est de 42 M€ ; des tirages limités ont été effectués : deux premières tranches tirées le 24 juillet 2026 (2 M€ au total) et une troisième tranche tirée le 9 octobre 2026 (1 M€).
Par ailleurs, dans le cadre de la reprise de Valdunes Industries, un financement public via le Fonds de Développement Économique et Social (FDES) d’un montant maximal de 15 M€ est mobilisable par tranches ; à la date de publication 7,5 M€ ont été versés par l’État, tandis qu’Europlasma a réalisé des apports pour 9,7 M€.
Le groupe attire l’attention sur le caractère incertain de plusieurs hypothèses de ses prévisions de trésorerie, en particulier si les conditions de marché se dégradent. Il précise que, en l’absence de mobilisation des liquidités prévues, la capacité à poursuivre l’activité en continuité d’exploitation serait mise en cause et l’application des principes IFRS dans ce contexte pourrait ne plus être appropriée.
Cash‑flow opérationnel et flux financiers
Les flux de trésorerie issus des activités opérationnelles s’élèvent à -11,2 M€ pour le semestre, principalement en raison du résultat opérationnel courant (-23,6 M€) partiellement compensé par une variation positive du besoin en fonds de roulement (+10,5 M€). Les flux d’investissement sont positifs à +0,7 M€ (dont +2,5 M€ lié au produit de cession du foncier des Forges de Tarbes via une cession‑bail). Les flux de financement représentent +4,1 M€, comprenant notamment le produit des emprunts obligataires (+9,5 M€) et des remboursements d’emprunts (-5,1 M€).
Pour consulter l’intégralité du communiqué et des tableaux financiers publiés, voir le dépôt officiel : EUROPLASMA — Résultats du premier semestre 2026 (OAM).
Compléments et suivi : le rapport financier semestriel complet est disponible et détaillé dans les documents réglementaires. Pour un point de comparaison sectoriel et d’autres bilans semestriels contemporains, voir notamment les notes publiées sur Europlasma publie son rapport financier semestriel 2026, ainsi que les publications semestrielles de pairs et acteurs du marché : Klarsen publie son rapport financier semestriel 2026, Broadpeak publie son rapport financier semestriel 2026 et Nicox réduit sa perte et améliore sa trésorerie.
Mise en perspective
La publication confirme un double enjeu : une détérioration opérationnelle concentrée sur le pôle Industries et une dépendance marquée aux financements obligataires pour assurer la continuité d’exploitation. Pour les investisseurs, la lecture porte sur la trajectoire de désendettement et la capacité à mobiliser les tranches restantes du financement obligataire dans des conditions de marché favorables ; en l’absence de ces flux, une requalification de la capacité à poursuivre l’activité en mode « going concern » deviendrait plausible. Pour les concurrents et clients industriels, les procédures judiciaires affectant plusieurs usines et la réduction des cadences de production signalent un risque d’incertitudes opérationnelles et commerciales à court terme, susceptible d’ouvrir des opportunités de réallocation de contrats ou de capacités industrielles, mais aussi d’exposer des chaînes d’approvisionnement à des tensions ponctuelles.


