Derichebourg : points clés
DERICHEBOURG (SIREN 352980601) a déposé auprès de l’Autorité des marchés financiers une actualisation de son document d’enregistrement universel, qui intègre notamment des informations relatives à l’acquisition par sa filiale Derichebourg Environnement de 100 % du capital du groupe Scholz Recycling. Le dépôt est disponible via le communiqué officiel du groupe consultable sur le fichier PDF mis à disposition par l’OAM (communiqué OAM).
Le sommaire
Rendement opérationnel et financier au 30 juin 2026 (neuf mois)
Pour les neuf premiers mois de l’exercice clos au 30 juin 2026, Derichebourg publie des données non auditées. Le chiffre d’affaires consolidé ressort à 2 859,5 M€, en hausse de 13,3 % par rapport aux neuf premiers mois précédents. Cette progression provient majoritairement de la division Recyclage (+13,9 %) et, dans une moindre mesure, des Services aux Collectivités (+4,2 %).
L’EBITDA courant sur ces neuf mois s’établit à 278,0 M€, en progression de 19,8 %. Le groupe précise que l’EBITDA courant glissant sur 12 mois atteint 365,4 M€. Compte tenu des résultats à fin juin, Derichebourg estime que l’EBITDA courant à la clôture de l’exercice se situera a minima dans la partie haute de la fourchette 350–370 M€ communiquée antérieurement (hors contribution de Scholz sur deux mois).
Sur la période, les volumes vendus progressent : ferrailles +4,4 % (3 198,5 kt) et métaux non ferreux +3,8 % (540,8 kt). Le résultat opérationnel courant s’élève à 160,9 M€ après 117,6 M€ de dotations aux amortissements sur neuf mois, et le résultat opérationnel à 160,2 M€, incluant 0,7 M€ de charges non courantes liées aux études préliminaires du dossier Scholz.
L’endettement financier net du groupe au 30 juin 2026 est communiqué à 752,8 M€ (avant prise en compte de l’acquisition Scholz). Le ratio de levier s’établit à 2,06 à cette date. Le groupe signale par ailleurs une augmentation du besoin en fonds de roulement de 175,4 M€ par rapport au 30 septembre 2025, et rappelle que des réductions de BFR d’au moins 100 M€ sont attendues d’ici la fin de l’exercice.
Présentation de Scholz Recycling, autorisations et nature du règlement des litiges
Scholz Recycling, fondé en 1872, est présenté comme un acteur majeur européen du recyclage des métaux. Le groupe a réalisé 1,6 Md€ de chiffre d’affaires en 2025 et employait environ 3 500 personnes sur plus de 180 sites (joint-ventures inclus). Pour l’exercice clos au 31 décembre 2025, Scholz affiche un EBITDA courant de 38,5 M€ (chiffre non audité selon les méthodes de Derichebourg).
Au 30 juin 2026, Scholz a réalisé 945,6 M€ de chiffre d’affaires sur six mois (+10,6 %), avec un EBITDA courant mesuré selon les normes de Derichebourg de 28,7 M€ (+12,5 %) et une progression retraitée à +25,7 % après retraitement des frais juridiques non récurrents. Le groupe Scholz a vu ses volumes de ferrailles baisser de 2,1 % sur le semestre, en lien avec les difficultés de l’industrie automobile allemande, tandis que les volumes non ferreux augmentent de 2,6 %.
L’acquisition de Scholz a reçu l’autorisation sans condition de la Commission européenne le 23 juillet 2026. Par ailleurs, Derichebourg a été informée de la signature, le 1er septembre 2026, d’un accord transactionnel entre les parties impliquées dans un différend antérieur, qui prévoit notamment la renonciation de Chiho Environmental Group à toute réclamation liée à la cession et l’engagement de ne pas contester l’opération. Derichebourg n’est pas partie à cet accord mais dispose du droit de s’en prévaloir ; aucune obligation de paiement n’incombe à Derichebourg au titre de cet accord, et le risque contentieux mentionné antérieurement est déclaré éteint à l’égard du groupe.
Chiffres pro forma et incidence sur la structure financière
Le communiqué publie des informations pro forma combinant Derichebourg et Scholz. Sur la base d’un pro forma au 30/09/2025, le chiffre d’affaires pro forma atteint 4 952,7 M€ et l’EBITDA courant 358,0 M€, le résultat opérationnel courant à 162,8 M€. Sur les 12 mois glissants à fin juin 2026, le périmètre combiné affiche un chiffre d’affaires groupe de 5 379,1 M€, des volumes totaux de métaux commercialisés de 7,805 Mt (ferrailles 6,859 Mt ; non ferreux 0,946 Mt) et un EBITDA courant de 407,1 M€, ajusté à 414,1 M€ en intégrant les synergies anticipées.
En intégrant l’acquisition, l’endettement net du groupe au 30 juin 2026 est communiqué à 1 187,4 M€. Le ratio de levier calculé sur cette base s’élève à 2,9, et le groupe anticipe un rapprochement vers 2,6 en fin d’exercice du fait d’une baisse attendue du besoin en fonds de roulement.
Derichebourg indique que l’opération est créatrice de valeur et sera relutive sur le bénéfice net par action à moyen terme, en s’appuyant sur le développement de Scholz et les synergies identifiées. Le document décrit une feuille de route d’intégration classique : prise de connaissance et rencontres des équipes, actions pour améliorer la performance des outils de production, synergies commerciales, renégociation ou arrêt de contrats déficitaires, déploiement d’outils informatiques et investissements ciblés sur des lignes de tri à valeur ajoutée.
Les données chiffrées communiquées dans le communiqué n’ont pas fait l’objet d’un audit ni d’un examen limité par les commissaires aux comptes ; le groupe le rappelle explicitement pour les informations à fin juin 2026 et pour les éléments pro forma.
Pour consulter le dépôt officiel : DERICHEBOURG — Dépôt d’une actualisation du document d’enregistrement universel (PDF).
Contexte sectoriel et comparaisons opérationnelles peuvent être utiles pour les lecteurs ; pour des lectures complémentaires sur les publications financières et opérations de marché récentes, voir aussi les analyses publiées sur LeRepèredesentreprises, par exemple les comptes semestriels de STEF, les résultats semestriels de E-PANGO et l’évolution de la structure financière de Vitura.
Mise en perspective
La mise à l’échelle européenne obtenue via Scholz change la portée opérationnelle de Derichebourg : elle remédie à des zones d’implantation peu couvertes jusqu’ici et transforme le groupe en un acteur significativement plus intégré sur la chaîne de valeur du recyclage métallurgique en Europe. Pour les investisseurs, l’opération augmente la taille d’actifs recyclage et les volumes commercialisés, ce qui, selon les pro forma, se traduit par un EBITDA groupe substantiellement plus élevé mais aussi par un endettement net renforcé à court terme. Les marges et la création de valeur dépendront désormais de la mise en œuvre des synergies opérationnelles annoncées, de la maîtrise des coûts de conversion des sites Scholz et de la capacité à réduire le besoin en fonds de roulement comme prévu ; le calendrier de réduction du levier sera un indicateur clé à suivre. Pour les concurrents européens, l’opération renforce la pression sur les positions locales en Allemagne et dans les pays d’Europe centrale où Scholz disposait d’une base industrielle historique, et pourrait accélérer des mouvements de consolidation ou des renégociations commerciales autour de l’approvisionnement en ferrailles de qualité pour les fours à arc électrique.


