La question de décarbonation flotte logistique réemploi devient centrale pour les acteurs concernés. Voici les éléments essentiels à retenir.
Eternity Systems franchit une étape concrète dans la décarbonation de sa logistique. Le spécialiste du réemploi d’emballages industriels vient d’intégrer un poids lourd électrique à sa flotte française, marquant le début d’une électrification ciblée de ses transports. Si l’entreprise n’a pas communiqué le montant de l’investissement ni le nombre de véhicules concernés, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des émissions liées au transport des contenants réutilisables.
L’enjeu est double pour le secteur. D’un côté, le réemploi permet de diviser par quatre l’empreinte carbone des emballages par rapport au jetable, selon l’Ademe. De l’autre, les trajets logistiques nécessaires à la collecte et à la redistribution des contenants peuvent annuler une partie de ces gains. Un défi que Michelin a déjà commencé à relever : le groupe a mis en service en mai un camion électrique pour assurer la navette entre ses usines du Puy-en-Velay et de Blanzy, évitant ainsi 400 kg de CO₂ par jour sur un trajet de 520 km aller-retour.
Pour Eternity Systems, l’électrification des flottes répond à une logique opérationnelle autant qu’environnementale. “Les trajets réguliers et maîtrisés, comme les boucles de réemploi, sont les plus adaptés à cette transition”, souligne une étude du Journal du Net. Ces liaisons permettent d’optimiser les temps de recharge et de limiter l’autonomie requise, deux freins majeurs à l’adoption des poids lourds électriques. Les décisions d’investissement se concentrent ainsi sur des parcours prévisibles, où les gains en émissions sont les plus tangibles.
Cette première étape pourrait préfigurer une accélération. Le marché des poids lourds électriques, encore marginal en France, devrait représenter 15 % des immatriculations d’ici 2030, selon les projections de l’Avere. Pour les acteurs du réemploi, l’enjeu dépasse la simple conformité réglementaire : il s’agit de crédibiliser leur modèle face à des clients industriels de plus en plus sensibles à l’empreinte carbone globale de leurs fournisseurs.
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