Crossject : points clés
Les comptes sociaux de CROSSJECT (SIREN 438822215, LEI 969500W1VTFNL2D85A65, ISIN FR0011716265) ont été arrêtés par le directoire le 24 septembre 2026. Le rapport financier semestriel au 30 juin 2026, déposé en tant qu’information privilégiée, présente les états financiers et les notes annexes (montants exprimés en milliers d’euros). La source officielle du communiqué est disponible sur le dépôt OAM de la société : document PDF déposé.
Le sommaire
Résultats opérationnels et agrégats financiers
Sur le semestre clos au 30 juin 2026, CROSSJECT enregistre un résultat d’exploitation négatif de −8 937 et une perte nette de −8 576. Le total des produits d’exploitation s’établit à 4 798, en recul de 40,3 % par rapport au premier semestre 2025 (8 038), principalement en raison d’un niveau de facturation BARDA plus faible (2 532 au S1 2026 contre 6 557 au S1 2025).
Le poste charges d’exploitation s’élève à 13 735 (stable hors amortissements et dépréciations à 10 326), avec des achats de composants en hausse sur la période (1 670 au semestre). Les dotations aux amortissements s’inscrivent à 2 396. Le résultat financier s’améliore légèrement à −913, tiré par des produits de placement de trésorerie et une moindre perte de change, malgré des charges d’intérêts stables à 962.
Au bilan, l’actif total ressort à 102 332. L’actif immobilisé net atteint 80 164, dont des frais de développement amortis et des immobilisations corporelles et en cours (immobilisations en cours nettes : 3 870). L’actif circulant totalise 22 168, incluant des disponibilités de 12 345 au 30 juin 2026.
Structure financière : capitaux propres, dettes et trésorerie
Les capitaux propres redeviennent positifs, à 2 975 au 30 juin 2026, contre −4 874 au 31 décembre 2025. Cette reconstitution résulte essentiellement de l’augmentation de capital réalisée en mai 2026 et du remboursement en actions d’obligations convertibles/amortissables. Le capital social s’élève à 6 002 382,30 €, réparti en 60 023 823 actions (52 252 028 actions au 31/12/2025).
Les principales opérations de financement du semestre : une augmentation de capital réservée (22 mai 2026) ayant généré un produit brut de 15 008, composée de 6 441 300 actions nouvelles pour 10 976 et de l’émission de 6 441 300 BSA pour 4 032. Les BSA donnent droit, au gré des détenteurs, à la souscription d’actions (quatre BSA pour cinq actions) pendant trois ans, pour un produit potentiel supplémentaire important en cas d’exercice complet.
Des conversions d’OCAs détenues par CVI Investments Inc. ont été opérées pour un principal de 2 070, ramenant l’encours principal à 2 520 au 30/06/2026. Les obligations convertibles émises auprès de Vatel Capital (5 000 en novembre 2025) n’ont subi aucune conversion au semestre ; les intérêts courus à leur titre s’élèvent à 208.
La dette financière nette montre un désendettement partiel : remboursements d’emprunts bancaires pour 1 766 et remboursement d’avances conditionnées pour 1 182. Les emprunts nets s’établissent à 8 450 et l’ensemble des dettes à 27 777. La trésorerie augmente de 7 264,9 sur le semestre pour atteindre 12 345 au 30/06/2026 ; 8 750 y sont placés sur comptes à terme et 632 détenus en dollars.
Activité, programmes réglementaires et industrialisation
Sur le plan opérationnel, CROSSJECT a poursuivi le développement de ZEPIZURE® (ZENEO® Midazolam 10 mg) en partenariat avec la BARDA. Les échanges réglementaires avec la BARDA et la FDA ont continué sur le dossier et la documentation de fabrication ; la société rappelle que le calendrier des autorisations relève de la BARDA et ne communique pas sur celui-ci. Le cumul facturé au titre du contrat BARDA dépasse 30,5 M€ depuis le début du programme.
La société a reçu un nouveau certificat de conformité aux bonnes pratiques de fabrication après inspection de l’ANSM et maintient la certification ISO 13485 pour ses sites français. Les travaux d’industrialisation se poursuivent : immobilisations en cours nettes de 3 870 comprennent des investissements pour une salle propre (projet RTU), outillages et équipements de remplissage en collaboration avec un façonnier, ainsi que la constitution de stocks de composants (achats semestriels 1 670 ; stocks et en‑cours nets 4 088).
CROSSJECT a par ailleurs structuré sa présence aux États‑Unis via sa filiale CROSSJECT US, Inc. (prestations facturées inter‑groupe de 504 au semestre) et renforcé son équipe de direction avec la nomination d’un directeur financier. Le cabinet Grant Thornton a été nommé commissaire aux comptes titulaire à compter de l’AG du 3 juin 2026.
Événement post‑clôture notable : modification n°4 du contrat BARDA (23 septembre 2026) qui consolide le plan de développement pédiatrique, accorde un financement complémentaire non dilutif de 4,7 M$ et prolonge la période d’exécution jusqu’au 21 juin 2030, portant le financement total BARDA à 48,0 M$. Le périmètre nouvellement financé comprend une étude clinique pédiatrique et une campagne de validation complémentaire indépendantes de la demande d’EUA adulte.
Pour contexte sectoriel, les enjeux de financement et d’industrialisation chez CROSSJECT rejoignent des dynamiques observées dans d’autres dossiers récents de financement et résultats semestriels ; voir par exemple des démarches de renforcement de financement chez Biophytis, la publication de comptes semestriels chez ADOMOS et des opérations de gros emprunts observées chez Edenred.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
La publication semestrielle montre une inflexion structurelle : la levée de fonds de mai 2026 et les conversions d’obligations ont rétabli des capitaux propres positifs et fortement renforcé la trésorerie disponible, réduisant le risque de liquidité à court terme. Simultanément, la persistance d’une perte opérationnelle significative et la dépendance à des financements externes maintiennent l’entreprise dans une phase de pré‑commercialisation ; la visibilité opérationnelle reste largement conditionnée à l’avancement des procédures réglementaires et aux décaissements liés au contrat BARDA. L’amendement BARDA post‑clôture apporte un financement non dilutif ciblé sur le développement pédiatrique et prolonge l’horizon contractuel, ce qui limite le recours immédiat au capital mais n’annule pas le caractère dilutif potentiel des BSA en circulation. Pour les investisseurs et partenaires industriels, l’annonce confirme un basculement de la structure financière vers une position de trésorerie plus confortable, tout en soulignant que la viabilité commerciale dépendra des prochaines étapes réglementaires et de la capacité à transformer les actifs en flux commerciaux réguliers.


