La question de chasses privées sologne risques entreprises devient centrale pour les acteurs concernés. Voici les éléments essentiels à retenir.
En Sologne, les grillages qui ceinturent des milliers d’hectares de forêts privées ne protègent pas seulement le gibier. Ils exposent aussi leurs propriétaires – parmi lesquels des familles industrielles comme Dassault ou Bouygues – à un risque croissant : celui d’une réglementation plus stricte et d’une image écornée par des pratiques cynégétiques controversées.
Le massif, où 80 % des terres sont détenues par des particuliers, est devenu un laboratoire des tensions entre propriété privée et intérêt général. Les enclos, souvent présentés comme des “zoos cynégétiques” par leurs détracteurs, fragmentent les écosystèmes et concentrent artificiellement le gibier. Une artificialisation pointée du doigt par les écologistes, alors que la loi Climat et Résilience de 2021 renforce déjà les contraintes sur l’artificialisation des sols.
Pour les groupes concernés, l’enjeu n’est pas financier – aucune donnée ne montre un impact sur leurs comptes – mais extra-financier. “Ces pratiques interrogent la gouvernance des grands patrimoines familiaux, surtout quand ils sont cotés ou liés à des secteurs régulés comme la défense ou les infrastructures”, note un avocat spécialisé en droit de l’environnement. Dassault Aviation, par exemple, a déjà dû gérer des polémiques sur ses sites industriels en Gironde, menacés par des incendies en 2022 (Challenges).
La pression vient aussi des collectivités. En Bourgogne-Franche-Comté, 20 millions d’euros ont été mobilisés sur cinq ans pour développer des filières de défense, un secteur où la réputation compte autant que les brevets (Usine Nouvelle). En Sologne, les prochains mois pourraient voir émerger des propositions de loi visant à encadrer les enclos, avec un risque pour les propriétaires : celui de devoir justifier des pratiques jusqu’ici tolérées au nom du droit de propriété.
Au-delà des textes, la pression sociale et médiatique influence déjà les décisions des conseils d’administration. ONG, riverains et investisseurs exigent davantage de transparence sur la gouvernance foncière et sur l’impact réel des enclos sur la faune sauvage et les sols. Des chartes internes, des audits environnementaux et des engagements RSE renforcés peuvent devenir des outils obligés pour mitiger un risque réputationnel devenu systémique. À court terme, la combinaison d’une vigilance réglementaire accrue et d’une exposition médiatique continue rend probable l’apparition de contraintes opérationnelles nouvelles pour les propriétaires de grands terrains cynégétiques.
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