Kko international : points clés
Le présent rapport semestriel couvre la période du 1er janvier au 30 juin 2026 et porte sur KKO INTERNATIONAL (SIREN 841862287, LEI 894500106EI75PGHOV27), société anonyme cotée sur Euronext Growth Paris (ISIN FR0013374667, ticker ALKKO). Le périmètre consolidé inclut notamment les filiales ivoiriennes SHOKKO (détenue via SOLEA) et SOLEA, dont KKO détient 99,94 % des actions. Les comptes intermédiaires ont été préparés selon les normes IFRS et la norme IAS 34, et ont été arrêtés par le Conseil d’administration le 29 octobre 2026.
Le sommaire
Faits financiers clés et continuité d’exploitation
Au 30 juin 2026, la trésorerie consolidée s’établissait à 1,0 M€. La direction affirme la continuité d’exploitation en s’appuyant sur un plan de trésorerie à douze mois, malgré des décaissements attendus liés aux passifs courants, notamment la part exigible de l’emprunt obligataire « SOLEA 7,20 % 2023-2031 » et le solde du litige EHGO. Le soutien du principal actionnaire, le groupe LACASA, s’est matérialisé par une augmentation de capital de 4 680 000 € finalisée au premier semestre 2026 (émission de 46 800 000 actions nouvelles au nominal de 0,10 €), opération validée sur la base d’une délégation de compétence votée le 26 juin 2025.
Le rapport mentionne l’absence de rapport d’audit ou de revue limitée pour ces comptes semestriels (voir section « Absence de rapport d’audit / revue limitée ») et précise que certaines données reposent sur des estimations de la direction et des hypothèses liées aux prix du cacao, aux conditions climatiques et à l’évolution réglementaire en Côte d’Ivoire. La société met en avant des mesures d’optimisation des flux d’exploitation et de maîtrise des coûts comme leviers pour stabiliser la situation financière.
Activité opérationnelle : SHOKKO et SOLEA
SHOKKO, l’usine de transformation ivoirienne du groupe, a traversé un épisode d’« effet de ciseaux » entre octobre 2025 et février 2026 : des prix d’achat bord champ exceptionnellement élevés en Côte d’Ivoire (fixés à 2 800 FCFA/kg pour la campagne principale ouverte le 1er octobre 2025) face à une correction marquée des prix internationaux de la masse de cacao (passage des sommets vers des niveaux proches de 3 500–4 400 £/MT début 2026). Pour préserver l’outil industriel et ses relations commerciales, SHOKKO a volontairement réduit ses volumes d’achat et maintenu une activité à bas régime, en coordination avec ses clients.
SOLEA a amorcé une transition stratégique vers un modèle d’exploitation 100 % biologique et traçable. Le groupe a procédé à l’élimination des stocks d’intrants chimiques durant l’été 2026 et engagé la période de conversion réglementaire auprès d’Ecocert via le hub régional (Ecocert Burkina Faso), avec une durée de conversion annoncée de 36 mois. SOLEA explique avoir réaffecté les budgets d’intrants vers la main-d’œuvre spécialisée, la fabrication locale d’amendements organiques et la mise en place d’une traçabilité numérique parcelle par parcelle.
Contexte de marché et risques opérationnels
Le rapport dresse un panorama du marché 2025–H1 2026 : une production ivoirienne estimée entre 1,68 et 1,75 million de tonnes en 2025, une contraction des broyages mondiaux à 4,602 millions de tonnes et une forte volatilité des cours. Les autorités ivoiriennes ont modifié le calendrier de fixation des prix en 2026, recentrant la référence sur la période mars‑septembre ; en conséquence, le prix bord champ a été ramené temporairement à 1 200 FCFA/kg lors de la campagne intermédiaire (mars 2026). Le rapport identifie les risques majeurs : aléas climatiques (menace d’El Niño), risques sanitaires des vergers (swollen shoot, black pod), risques fonciers, risque pays et risques financiers (change et liquidité).
La société souligne la nécessité de consolider des stratégies de couverture pour amortir les désynchronisations entre l’amont agricole et l’aval industriel et indique avoir engagé des mesures de gestion des risques et d’optimisation industrielle pour préparer une probable reprise d’activité de transformation en fin d’année 2026.
Le lecteur trouvera le document officiel déposé sur le site public de l’OAM pour vérification et consultation : rapport financier semestriel KKO INTERNATIONAL — dépôt OAM.
Parmi les publications de marché et exemples comparables sur les leviers financiers et opérationnels, voir également des dossiers récents traitant du renforcement de trésorerie et du financement d’entreprises cotées : Edenred lève 800 M€ via une émission obligataire, ADOMOS publie ses résultats semestriels au 30/06/2026 et Europlasma publie ses résultats semestriels 2026.
Points de gouvernance et événements post‑clôture
L’Assemblée Générale Mixte du 17 juin 2026 a entériné la refonte de la gouvernance consécutive au rapprochement stratégique avec le groupe familial LACASA. L’opération de 30 avril 2026 (augmentation de capital de 4,68 M€) a été constatée par le Président‑Directeur Général. Le Conseil d’administration a été recomposé avec la nomination, pour six ans, de plusieurs représentants du groupe LACASA, dont Fernando Lacasa Echeverria en qualité de Président du Conseil et Directeur Général, ainsi que Macarena Lacasa, Lucas Lacasa et Joan Romagosa comme administrateurs.
Le rapport signale enfin des projets post‑clôture : étude d’une entité dédiée à la production de chocolat et la poursuite de la transition de SOLEA vers le 100 % biologique, tout en listant les risques à surveiller pour le second semestre 2026.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
Pour le secteur et les investisseurs, l’annonce conforte deux réalités : d’une part, KKO INTERNATIONAL dépend fortement du soutien de son actionnaire de référence pour stabiliser sa liquidité à court terme ; d’autre part, la stratégie industrielle (réduction volontaire des volumes chez SHOKKO et conversion biologique de SOLEA) vise à préserver l’outil et à se positionner sur des segments de valeur plus résistants à la volatilité des cours. Les créanciers et fournisseurs devront surveiller l’exécution du plan de trésorerie et la capacité du groupe à transformer l’augmentation de capital en redressement opérationnel. Pour les concurrents, la priorité mise sur la traçabilité et le bio peut accroître la pression sur les exigences ESG et les chaînes d’approvisionnement en Côte d’Ivoire, tandis que la vulnérabilité aux cycles prix‑climat rappelle que la synchronisation amont‑aval reste un facteur déterminant de compétitivité.


