Le slip francais : points clés
Le Slip Français publie des comptes semestriels arrêtés au 30 juin 2026, faisant apparaître un chiffre d’affaires consolidé de 9,1 M€ pour le premier semestre 2026 et un résultat net positif de 2 K€, contre une perte nette de 133 K€ au 1er semestre 2025. La marge brute s’établit à 5,8 M€, soit 64 % du chiffre d’affaires, en progression de 8 points par rapport à la même période l’an passé. L’EBITDA ressort stable à 475 K€ (5,2 % du chiffre d’affaires) et le résultat d’exploitation atteint 269 K€.
Le sommaire
- Le slip francais : points clés
- Structure des marges et dynamique commerciale
- Rentabilité opérationnelle, charges et investissements
- Trésorerie, financement et besoins en fonds de roulement
- Troisième trimestre, clientèle et activités B2B
- Contexte et enjeux
- Mise en perspective
- Articles pour aller plus loin
Ces données sont présentées dans le communiqué officiel déposé sur l’Autorité des marchés financiers ; le dossier complet est consultable ici : communiqué de résultats semestriels.
Structure des marges et dynamique commerciale
La hausse de la marge brute (+9 % en valeur, 64 % du CA) reflète un mix de distribution favorable au canal digital et une augmentation des volumes produits en propre. À périmètre comparable (points de vente constants), le chiffre d’affaires du semestre progresse de 3 % (8,8 M€ ajusté), la baisse affichée de -5 % résultant de la fermeture volontaire de boutiques entre 2025 et 2026.
Le canal digital progresse de +16 % sur le semestre et représente désormais 88 % du chiffre d’affaires. Sur les neuf premiers mois de l’exercice, le canal digital progresse de +18 % et pèse 87 % du chiffre d’affaires au 30 septembre 2026. Le troisième trimestre a porté le chiffre d’affaires cumulé à 14,0 M€ au 30 septembre 2026, en hausse de +12 % à périmètre comparable, le T3 isolé affichant une croissance de +32 %.
Rentabilité opérationnelle, charges et investissements
La marge d’exploitation progresse de +23 % à 4,5 M€, soit 49 % du CA, soutenue par la hausse de la marge brute et la réduction des coûts du réseau physique, ramenés à 0,2 M€ sur le semestre (contre 0,6 M€ au S1 2025). L’EBITDA stable traduit la réaffectation des gains de marge vers le renforcement des équipes et des dépenses marketing pour l’acquisition client, ainsi que le démarrage d’un atelier (Fier(T)) employant 26 salariés au 30 juin 2026.
Les investissements hors opérations exceptionnelles s’élèvent à 0,4 M€, principalement dédiés à l’équipement des sites de production (Bonne Nouvelle, Fier(T) et La Belle Paire).
Trésorerie, financement et besoins en fonds de roulement
La position de trésorerie s’établit à 4,6 M€ au 30 juin 2026. Cette trésorerie intègre 1,7 M€ levés avant l’introduction en bourse : une augmentation de capital réservée de 0,2 M€ souscrite par Eiffel Investment Group et un emprunt obligataire convertible de 1,5 M€ souscrit par Vatel Capital, converti en actions lors du règlement-livraison du 13 juillet 2026.
Le besoin en fonds de roulement augmente de 1,4 M€ sur le semestre, principalement lié à la constitution de stocks (+1,0 M€) dans la perspective de la saisonnalité de fin d’année, et à des frais d’introduction en bourse comptabilisés en charges constatées d’avance (+0,5 M€) et imputés sur la prime d’émission.
Troisième trimestre, clientèle et activités B2B
Au 30 septembre 2026, le chiffre d’affaires cumulé atteint 14,0 M€, en hausse de +12 % à périmètre comparable. Le groupe signale l’acquisition de plus de 95 000 nouveaux clients depuis le début 2026, soit une progression de +40 % sur un an. La marque blanche « Made in France as a Service » a plus que triplé et inclut un partenariat signé en septembre avec KYMONO pour la distribution de la gamme Fier(T) aux entreprises.
Contexte et enjeux
Le produit net de l’introduction en bourse, estimé à environ 3,7 M€, est prévu pour être affecté à la montée en puissance industrielle (34 %), à l’accélération commerciale et marketing (32 %) et au renforcement du besoin en fonds de roulement (34 %).
Le Slip Français confirme l’ensemble des objectifs présentés lors de l’introduction en bourse : doubler le chiffre d’affaires 2025 d’ici 2030, atteindre un résultat d’exploitation supérieur à 10 % à moyen terme (3–5 ans) et déployer +3 nouvelles cellules industrielles ainsi que +5 catégories d’équipement du quotidien d’ici 2030.
Parallèlement, la société annonce le lancement d’un Club Actionnaires, ouvert aux détenteurs d’au moins 10 actions, dont le lancement officiel est programmé le 12 novembre lors du salon du Made in France ; le club proposera informations régulières, visites de sites et événements réservés aux membres.
Pour rappel des mises en perspective sectorielles et financières d’autres publications récentes : Christian Dior confirme sa croissance au T3 2026, ASSYSTEM publie ses résultats semestriels et POXEL publie la Lettre aux actionnaires.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
La progression des marges et l’équilibre du résultat net au S1 2026 valident le modèle d’intégration industrielle et la bascule vers un mix commercial numérique : le basculement structurel vers le digital réduit la dépendance au réseau physique et améliore les ratios de marge. Pour les investisseurs, la trésorerie de 4,6 M€ et la répartition annoncée des 3,7 M€ de produit net de l’IPO montrent une priorité donnée à la montée en capacité industrielle et à l’expansion commerciale plutôt qu’à une distribution de dividendes à court terme. Pour les concurrents, la montée en puissance de l’offre « Made in France as a Service » et l’extension des productions internes signalent une volonté de capter des volumes B2B et de réduire les coûts unitaires par effet d’échelle, ce qui pourrait durcir la concurrence sur les segments français et européens du textile produit localement.


