Solocal group se : points clés
SOLOCAL GROUP SE publie un chiffre d’affaires consolidé de 149,5 millions d’euros pour le premier semestre 2026, en retrait de 8,9 % par rapport à la même période 2025. L’activité se décompose en trois gammes : Connect (34,6 M€), Booster (89,2 M€) et Sites (25,7 M€). Le chiffre d’affaires d’Artur’In, acquis le 30 avril 2026, s’élève à 1,3 M€ et a été intégré à l’offre Connect.
Le sommaire
L’EBITDA semestriel s’établit à 30,0 M€, soit une hausse de 8,5 % en valeur absolue et une marge d’EBITDA portée à 20,1 % du chiffre d’affaires (+3,2 points). Le résultat opérationnel ressort à 15,5 M€ contre 10,0 M€ un an plus tôt. Après prise en compte du résultat financier net (-3,1 M€) et d’un produit d’impôt de 3,2 M€, le résultat net consolidé s’affiche positif à 15,7 M€ pour le semestre.
Cash, investissements et endettement
Au 30 juin 2026, la trésorerie et équivalents s’élèvent à 76,6 M€. Les flux de trésorerie disponibles sont négatifs de 0,8 M€ sur le semestre, après flux opérationnels récurrents limités à 2,4 M€ et investissements opérationnels de 8,5 M€. La variation nette de trésorerie sur le semestre est de -3,0 M€.
La dette financière brute consolidée atteint 64,9 M€, comprenant notamment un mini‑bond (montant nominal 24,3 M€, échéance 2029), une dette d’earn‑out liée à l’acquisition d’Artur’In (7,3 M€ actualisés) et des PGE/Prêt Atout résiduels. L’impact de la norme IFRS 16 sur l’endettement net est de 30,7 M€. La trésorerie nette consolidée est présentée à 11,6 M€ au 30 juin 2026. Le Groupe précise respecter les ratios financiers liés à la documentation du mini‑bond.
Les dépenses d’investissement (CAPEX) s’élèvent à 8,5 M€ au S1 2026, principalement consacrées aux logiciels développés en interne (7,8 M€). Le groupe signale une augmentation des droits d’utilisation (IFRS 16) comptabilisés sur la période (5,3 M€).
Activité commerciale, carnet de commandes et effectifs
Le carnet de commandes atteint 264,7 M€ au 30 juin 2026, en progression de 7,5 % par rapport au 31 décembre 2025. L’ARPA (Average Revenue per Advertiser) progresse de 2,8 % sur le semestre et s’établit à 1 600 €. Le groupe indique que, hors Artur’In (intégrée le 1er mai 2026), la baisse organique du chiffre d’affaires à mi‑exercice est de 9,6 %.
Les charges externes nettes et les frais de personnel diminuent, respectivement à 42,4 M€ et 77,2 M€, traduisant les mesures de réduction des dépenses et la maîtrise de la masse salariale (effectif fin de période : 2 131 personnes, dont 41 % de commerciaux). Les coûts de restructuration constituent un produit de 0,1 M€.
L’acquisition d’Artur’In est qualifiée d’opération de taille modeste, financée par la trésorerie disponible, et vise à renforcer l’intégration de capacités d’intelligence artificielle au sein de l’offre MyConnect. Le détail du rapport semestriel et des états financiers est disponible dans le communiqué officiel du dépôt réglementaire : rapport financier semestriel S1 2026.
Risques, gouvernance et perspectives
Le document rappelle l’existence des facteurs de risque décrits dans le document d’enregistrement universel 2025. Le groupe affirme poursuivre ses actions pour réduire le churn, améliorer l’acquisition et la fidélisation clients, et maîtriser sa structure de coûts fixes. Solocal précise ne pas avoir identifié d’impact financier significatif lié aux risques environnementaux sur ces comptes semestriels.
À l’issue du semestre, la direction confirme ses objectifs 2026 : croissance du chiffre d’affaires au quatrième trimestre 2026 versus Q4 2025 (croissance externe incluse) et une marge d’EBITDA attendue aux environs de 20 %. Le groupe demeure attentif à des acquisitions ciblées pour accélérer sa transformation en « AI Company ». Pour contexte comparatif sur la gestion de trésorerie et les trajectoires semestrielles d’autres groupes, voir des publications récentes sur des groupes cotés : GROUPE CRIT enregistre croissance organique et trésorerie, LA FRANCAISE DES JEUX enregistre une perte semestrielle et BENETEAU réalise le rachat de 107 000 actions propres.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
La lecture concrète de ces comptes semestriels montre que Solocal stabilise sa profitabilité malgré une activité en recul : l’accroissement de la marge d’EBITDA à 20,1 % provient autant de la compression des charges externes et de la masse salariale que d’une moindre contribution du chiffre d’affaires. La solidité de la trésorerie (76,6 M€) et la gestion fine de l’endettement permettent au groupe de financer une acquisition ciblée à composante IA sans recours au marché. Pour les investisseurs, la confirmation d’un objectif d’EBITDA autour de 20 % réduit l’incertitude sur la capacité du modèle à générer cash à moyen terme, mais la décroissance organique du chiffre d’affaires impose de surveiller la récurrence de la performance commerciale au second semestre. Pour les concurrents et acteurs du marché digital local, l’intégration d’Artur’In et l’accent mis sur l’IA et l’automatisation marquent une intensification de la compétition sur les offres d’accompagnement digital pour TPE/PME, où prix, fonctionnalité et capacité à convertir visibilité en clients seront déterminants.
Complément d’analyse : au-delà des chiffres présentés, il convient de suivre plusieurs facteurs susceptibles d’influer sur la trajectoire du groupe d’ici la fin de l’exercice. D’abord, la saisonnalité commerciale et l’effet des campagnes marketing au second semestre détermineront en grande partie la réalisation de l’objectif de croissance au T4. Ensuite, la maîtrise des coûts fixes et la capacité à répercuter des améliorations de productivité sans nuire à la croissance commerciale seront essentielles pour pérenniser la marge d’EBITDA. Enfin, le respect des covenants liés au mini‑bond et la gestion prudente des earn‑outs constituent des paramètres de gouvernance financière à surveiller : une discipline sur la trésorerie et une communication régulière sur l’évolution des indicateurs opérationnels devraient rassurer les parties prenantes. Les investisseurs s’intéresseront aussi à la capacité du groupe à convertir l’intégration IA en gains commerciaux mesurables (taux de conversion, valeur client) au cours des prochains trimestres.


