Vivendi se : points clés
VIVENDI SE publie un chiffre d’affaires consolidé de 140 millions d’euros pour le premier semestre clos le 30 juin 2026, en recul de 3,5 % par rapport au même semestre 2025 (145 M€). Le résultat opérationnel ajusté (EBITA) du groupe s’établit à 4 millions d’euros contre 18 millions d’euros un an plus tôt, et le résultat opérationnel (EBIT) ressort à -10 millions d’euros (5 M€ au S1 2025). Le résultat net, part du groupe, est un bénéfice de 28 millions d’euros (0,03 € par action), contre 30 millions d’euros au S1 2025.
Le sommaire
Au 30 juin 2026, l’endettement financier net s’élève à 1 591 millions d’euros, contre 1 501 M€ au 31 décembre 2025. La trésorerie disponible est de 184 M€, et l’encours des emprunts atteint 1 775 M€. La valeur du portefeuille d’investissement du groupe est portée à 5 117 M€ au 30 juin 2026.
Source : communiqué financier semestriel déposé auprès de l’OAM.
Analyse par activité et éléments majeurs
La quasi-totalité du chiffre d’affaires semestriel provient de Gameloft : 132 M€ au S1 2026 (143 M€ au S1 2025), soit une baisse de 7,3 % en valeur et de 6,1 % à périmètre et change constants. Gameloft affiche toutefois une amélioration de sa rentabilité opérationnelle : l’EBITA de la division passe à 9 M€ (8 M€ au S1 2025) et le taux de marge EBITA grimpe à 6,6 % contre 5,5 % l’an passé. Le groupe explique la baisse du chiffre d’affaires par la saisonnalité et le positionnement des lancements majeurs au second semestre 2026.
La contribution « Corporate » pèse fortement sur l’EBITA du groupe : -66 M€ au S1 2026 contre -52 M€ au S1 2025. Ce poste intègre le coût net lié à la rupture conventionnelle collective (RCC) organisée au siège pour 21 M€ sur la période (coût total de l’opération 25 M€, dont 5 M€ décaissés au 30 juin 2026). Hors impact de cette RCC, l’EBITA consolidé aurait été de 25 M€ au S1 2026, en amélioration par rapport au S1 2025.
Par ailleurs, la quote‑part de résultat d’Universal Music Group (comptabilisée en mise en équivalence) demeure stable à 62 M€ sur le semestre. Les produits perçus des investissements financiers s’élèvent à 75 M€, principalement constitués de dividendes de participations non consolidées (Banijay, MediaForEurope, Lagardère) et de produits liés au prêt à Lagardère.
Trésorerie, portefeuille d’investissements et structure financière
Au 30 juin 2026, la valeur comptable du portefeuille d’investissement est de 5 117 M€. À cette date, les principales positions reflétées dans la valorisation sont : Universal Music Group (mise en équivalence, valeur reportée 3 332 M€ au 30/06/2026), Banijay (680 M€), Lagardère (365 M€), MediaForEurope (349 M€), Prisa (46 M€) et Gameloft (258 M€). Les actions d’autocontrôle sont valorisées 42 M€.
Le rapport rappelle que certaines participations (notamment UMG, Lagardère et MediaForEurope) font l’objet de nantissements au titre des accords bilatéraux de financement structuré ; le ratio prêt‑valeur contractuel est indiqué à 54 % au 30 juin 2026 (contre 53 % au 31/12/2025), représentant une contrevaleur de 2 504 M€.
Sur la période, l’endettement financier net augmente de 90 M€, expliqué par plusieurs décaissements : acquisition du pôle luxe Prisma (V Collection) pour 10 M€ et prise de participation dans Prisma Group pour 30 M€ au 31 mars 2026 ; distribution du dividende 2025 (0,04 €/action) versé le 24 avril 2026 pour 40 M€ ; paiement d’intérêts nets et coûts de transaction liés à la scission de Vivendi (environ 20 M€). Ces sorties ont été en partie compensées par les flux opérationnels positifs (dividendes reçus, 29 M€ nets générés par les activités).
Le groupe précise que son endettement financier net ajusté, en tenant compte du prêt consenti à Lagardère (nominal 450 M€), s’élève à 1 140 M€ au 30 juin 2026. Vivendi indique que les flux de trésorerie attendus — dividendes des participations cotées et options de réalisation partielle du portefeuille — ainsi que la prorogation possible des accords de financement structuré permettront de couvrir ses engagements connus pour les six derniers mois de 2026.
Opérations et gouvernance signalées
Le Directoire a arrêté les comptes condensés du S1 2026 le 1er septembre 2026 ; le rapport a ensuite été examiné par le Comité d’audit et de durabilité (1er septembre) puis par le Conseil de surveillance (3 septembre). Les états financiers condensés ont fait l’objet d’un examen limité par les commissaires aux comptes ; leur rapport est joint au document semestriel.
Sur la base des données publiées, le capital social post‑annulations d’actions au 6 juillet 2026 s’élève à 549 M€ divisé en 997,8 millions d’actions (droits de vote bruts 1 029,4 millions) au 1er septembre 2026 (cf. note 11 des annexes).
Pour le détail chiffré et les notes annexes (méthodes comptables, events post‑clôture, engagements, parties liées), se reporter au rapport semestriel déposé : rapport financier semestriel 2026 (PDF).
Compléments et mise en relation éditoriale : voir le dossier interne publié précédemment par LeRepèredesentreprises sur les résultats semestriels de Vivendi : Vivendi publie ses résultats semestriels consolidés 2026. Pour situer cette publication dans le paysage des résultats semestriels français, consulter les bilans publiés récemment de pairs d’industrie : STEF redresse son résultat opérationnel semestriel et STEF relève son résultat et confirme ses perspectives 2026.
Mise en perspective
La publication semestrielle de VIVENDI SE montre un profil financier redéfini : réduction du chiffre d’affaires liée à la concentration de l’activité sur Gameloft, mais amélioration de la rentabilité opérationnelle de cette division. Pour les investisseurs, la lecture clé porte sur la composition du bilan : un portefeuille d’actifs cotés très valorisé au 30 juin 2026 (notamment UMG) et une dette nette résiduelle significative. La dépendance aux dividendes des participations cotées et la sensibilité de la valuation d’UMG aux variations de marché exposent Vivendi à une volatilité de la valeur de ses actifs, que la direction surveillera via le réexamen IAS 28 prévu au quatrième trimestre 2026. Pour les créanciers et contreparties, la prorogation des accords bilatéraux et le ratio prêt‑valeur lié aux nantissements restent des paramètres déterminants de couverture ; pour les concurrents et observateurs sectoriels, la montée en marge de Gameloft illustre une discipline opérationnelle qui peut soutenir la valeur des actifs opérationnels du groupe indépendamment des fluctuations de portefeuille.


