Vivendi se : points clés
Synthèse fondée sur le communiqué officiel déposé par VIVENDI SE le 3 septembre 2026, arrêté par le Directoire le 1er septembre 2026 et examiné par le Comité d’audit et le Conseil de surveillance. Le texte complet est accessible via le dépôt OAM : document PDF déposé.
Le sommaire
- Vivendi se : points clés
- Chiffre d’affaires, EBITA et résultat net
- Performance par activité : Gameloft et Corporate
- Portefeuille d’investissements, dividendes et trésorerie
- Opérations effectuées et décisions stratégiques
- Rupture conventionnelle collective et contentieux
- Mise en perspective
- Articles pour aller plus loin
Chiffre d’affaires, EBITA et résultat net
Au premier semestre 2026, Vivendi enregistre un chiffre d’affaires consolidé de 140 millions d’euros, en recul de 3,5 % par rapport au S1 2025 (145 M€), soit -6,4 % à taux de change et périmètre constants. Le résultat opérationnel ajusté (EBITA) du groupe s’établit à 4 millions d’euros au S1 2026, contre 18 millions d’euros un an plus tôt.
Ce niveau d’EBITA intègre un coût net lié à la rupture conventionnelle collective (RCC) au siège du groupe de 21 millions d’euros. Hors cet impact, Vivendi indique que son EBITA atteindrait 25 millions d’euros sur la période, soit une amélioration de 7 millions d’euros par rapport au S1 2025.
Le résultat net, part du groupe, ressort à un bénéfice de 28 millions d’euros pour le semestre (0,03 € par action de base), contre 30 millions d’euros au S1 2025.
Performance par activité : Gameloft et Corporate
Gameloft, filiale détenue à 100 %, réalise un chiffre d’affaires de 132 millions d’euros au premier semestre 2026, en repli de 7,3 % en données publiées et de 6,1 % à périmètre et change constants, expliqué principalement par la saisonnalité des lancements. L’EBITA de Gameloft progresse à 9 millions d’euros, en hausse de 10,1 % par rapport au S1 2025 ; le taux de marge d’EBITA passe de 5,5 % à 6,6 %.
La composante Corporate affiche un EBITA négatif de 66 millions d’euros, incluant le coût net de la RCC pour 21 millions d’euros. Hors cet effet, l’EBITA de Corporate serait de -45 millions d’euros, en amélioration de 7 millions d’euros (soit -13,8 %) imputable à des économies opérationnelles récurrentes.
Vivendi précise que deux nouveaux titres Gameloft ont été lancés (Nickelodeon Extreme Tennis Next ! et Family Feud Pocket) et confirme la sortie attendue au second semestre 2026 de Bluey’s Happy Snaps, développée en collaboration avec la BBC.
Portefeuille d’investissements, dividendes et trésorerie
La valeur totale du portefeuille d’investissement consolidé s’élève à 5 117 millions d’euros au 30 juin 2026, contre 5 878 millions d’euros au 31 décembre 2025. La composante des participations minoritaires cotées pèse pour 4 772 M€ à la même date. La valeur de la participation mise en équivalence dans Universal Music Group (UMG) est indiquée à 3 332 M€ (9,89 %), contre 4 041 M€ au 31 décembre 2025.
Vivendi relève qu’au 31 août 2026 le cours d’UMG s’établissait à 14,65 € par action, soit une baisse de 34,1 % depuis le 1er janvier 2026, et que la valeur globale du portefeuille évaluée en fin août est de 4,4 milliards d’euros (participations minoritaires cotées 4,1 milliards d’euros).
Les dividendes encaissés au S1 2026 hors UMG atteignent 66 millions d’euros ; en incluant les dividendes reçus d’UMG, le total encaissé par Vivendi est de 92 millions d’euros (115 M€ au S1 2025). Le versement d’un dividende exceptionnel de Banijay Group a procuré 75 M€ en faveur de Vivendi suite à la mise en paiement du 19 août 2026.
La trésorerie et équivalents s’élèvent à 183 M€ au 30 juin 2026. L’endettement financier net est déclaré à 1 591 millions d’euros au 30 juin 2026, en hausse par rapport à 1 501 M€ au 31 décembre 2025, principalement en raison d’investissements visant V Collection et d’une prise de participation dans Prisma Group, ainsi que du versement du dividende au titre de 2025.
Opérations effectuées et décisions stratégiques
Vivendi a finalisé le 31 mars 2026 l’acquisition du pôle luxe de Prisma Media, désormais rebaptisé V Collection, pour 10 millions d’euros ; cette filiale est consolidée à compter du deuxième trimestre 2026 et contribue au chiffre d’affaires consolidé à partir du T2. Simultanément, Vivendi a pris 13,58 % du capital de Prisma Group via une augmentation de capital en numéraire pour 30 millions d’euros, accompagnée d’un pacte d’associés conclu avec Louis Hachette Group.
Le groupe rappelle l’annulation de 32 147 milliers d’actions en 2026 et déclare détenir directement 491 milliers d’actions propres, soit 0,05 % du capital social à ce jour.
Rupture conventionnelle collective et contentieux
Vivendi détaille la mise en œuvre d’une rupture conventionnelle collective au siège décidée en janvier 2026 et mise en œuvre à partir du 1er juin 2026. L’accord signé le 18 mars 2026 prévoit que près de 90 % des postes éligibles se traduiront par un départ effectif, représentant 40 % des effectifs du siège. Le coût total comptabilisé de l’opération est de 25 millions d’euros sur le premier semestre 2026, dont 5 millions d’euros décaissés au 30 juin ; après prise en compte d’une reprise de provision de 4 M€ au titre des indemnités de fin de carrière, le coût net retenu est de 21 M€.
Sur le plan judiciaire, la Cour d’appel de Paris, par arrêt rendu le 8 juillet 2026, a jugé que Monsieur Vincent Bolloré et Bolloré SE ne contrôlent pas Vivendi au sens de l’article L.233-3 du Code de commerce ; CIAM Fund a formé un pourvoi en cassation le 27 juillet 2026. Par ailleurs, Vivendi fait l’objet d’une procédure d’enquête de la Commission européenne relative à la prise de contrôle de Lagardère SA : la Commission a adressé une communication des griefs « annulant » et remplaçant celle de 18 juillet 2025 et Vivendi doit y répondre dans les semaines à venir ; Vivendi a par ailleurs formé un pourvoi contre un arrêt du Tribunal de l’Union européenne rendu le 3 juin 2026 devant la Cour de justice de l’Union européenne le 31 juillet 2026.
Pour plus de précisions et annexes chiffrées, se reporter au communiqué officiel disponible ici : dépôt OAM — info-financiere.gouv.fr.
Contexte sectoriel et comparaisons internes : les lignes de résultats semestriels de Vivendi, centrées sur la performance de Gameloft et l’ajustement structurel du siège, rejoignent des dynamiques observées dans d’autres groupes confrontés à des pressions sur la rentabilité et la nécessité de réorganisations (voir, pour illustration interne, les cas de STEF redresse son résultat opérationnel semestriel, STEF relève son résultat et confirme ses perspectives 2026 et des mouvements de gouvernance décrits dans Victor de Fromont nommé à la tête d’EY). Les enjeux de valorisation et de dette figurent également dans des secteurs très capitalistiques illustrés par des dossiers comme Aston Martin : entre dette record et huitième faillite possible.
Mise en perspective
La publication montre un groupe qui combine une amélioration opérationnelle ciblée au niveau de sa filiale Gameloft et des mesures de réduction des coûts au siège, mais dont la lecture financière reste fortement influencée par des éléments non récurrents et par la valorisation de ses participations cotées, en particulier Universal Music Group. Pour les investisseurs, l’essentiel à surveiller est la capacité de Vivendi à traduire l’EBITA « hors RCC » en performance récurrente, et l’évolution de la valorisation des participations cotées qui pèse sur le portefeuille et la valeur nette. Pour les concurrents et partenaires, l’intégration de V Collection et la montée en puissance du segment PC/console chez Gameloft confirment une réallocation d’efforts vers des actifs contrôlés et à marge potentielle plus élevée, tandis que les litiges juridiques et l’examen de la Commission européenne restent des facteurs d’incertitude susceptible d’impacter les décisions stratégiques et les opérations de portefeuille.


