Mercredi, Uber a annoncé la suppression de plus de 3 000 postes, soit près de 10 % de ses effectifs mondiaux. Une décision prise alors que le groupe affiche un chiffre d’affaires triplé en cinq ans, et qui vise avant tout à simplifier une organisation jugée trop lourde par son PDG, Dara Khosrowshahi.
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Dans un message interne cité par Bloomberg, le dirigeant justifie cette restructuration par la nécessité de rendre l’entreprise “plus simple et plus rapide”. “Des structures qui avaient du sens lorsque nous étions plus petits ne conviennent plus à notre échelle actuelle”, écrit-il, pointant une croissance qui s’est accompagnée d’une multiplication des niveaux hiérarchiques. Les managers sont particulièrement visés : leur nombre doit être réduit de 20 %, selon un porte-parole du groupe.
Retour aux effectifs de 2021 malgré une activité en forte croissance
Avec ces départs, Uber ramène ses effectifs à environ 30 000 salariés, un niveau équivalent à celui de 2021. Un paradoxe alors que l’entreprise a connu une expansion fulgurante ces dernières années, étendant ses activités bien au-delà des VTC – son cœur de métier historique – pour englober la livraison de repas (Uber Eats) et, plus récemment, la réservation d’hôtels directement intégrée à son application.
Cette rationalisation s’accompagne d’un durcissement de la politique de télétravail. À l’avenir, seulement 1 % des salariés pourront travailler depuis leur domicile, contre une majorité aujourd’hui. Le groupe maintient par ailleurs son modèle hybride, exigeant trois jours de présence en bureau par semaine.
10 milliards de dollars pour les robotaxis, financés par les économies
Les économies générées par cette restructuration doivent être réinvesties dans “la croissance, l’innovation et les compétences clés pour les prochaines années”, précise Khosrowshahi. Une partie importante de ces fonds sera allouée au développement des véhicules autonomes, un pari stratégique pour Uber. Le groupe prévoit d’investir 10 milliards de dollars dans les robotaxis au cours des prochaines années, en s’appuyant sur des partenariats avec des start-ups comme la croate Verne ou la britannique Wayve.
Uber a également annoncé l’achat de jusqu’à 50 000 robotaxis au constructeur électrique Rivian, dans lequel il détient une participation. Son directeur financier indiquait début août que les engagements d’achat de véhicules atteignaient désormais environ 120 000 unités, toutes marques confondues. Une stratégie qui contraste avec les difficultés rencontrées par certains concurrents, comme Cruise (filiale de General Motors), dont les opérations ont été suspendues après un accident en 2023.
Un modèle sous pression malgré des résultats financiers solides
Cette restructuration intervient alors qu’Uber affiche des performances financières robustes. Le groupe, qui avait fait une entrée remarquée en Bourse en 2019, a vu son chiffre d’affaires tripler depuis 2021, passant de 11,1 milliards de dollars à plus de 37 milliards en 2025. Pourtant, sa marge opérationnelle reste sous surveillance : elle s’établissait à 5,5 % au premier semestre 2026, en légère baisse par rapport à 2025 (5,8 %).
La décision de réduire les effectifs reflète aussi une tendance plus large dans le secteur tech, où les géants comme Meta, Google ou Amazon ont multiplié les plans sociaux ces dernières années, malgré des profits records. Pour Uber, l’enjeu est double : maintenir sa rentabilité tout en préparant l’après-VTC, avec des investissements massifs dans l’autonomie et les nouvelles mobilités.
Reste à voir si cette cure d’austérité portera ses fruits. Le groupe, qui avait déjà réduit ses effectifs de 14 % en 2020 lors de la crise du Covid, mise sur une exécution sans faille pour éviter les écueils d’une organisation devenue trop complexe. Une équation délicate, alors que la concurrence s’intensifie, notamment en Europe où des acteurs comme Bolt ou Free Now grignotent des parts de marché.
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