La question de projet parc dragon ball val-d’oise devient centrale pour les acteurs concernés. Voici les éléments essentiels à retenir.
Le sommaire
Courdimanche (Val-d’Oise), 25 août 2026 – L’ancien site de Mirapolis, premier grand parc d’attractions français fermé en 1991, pourrait renaître sous les traits d’un complexe dédié à l’univers Dragon Ball. Porté par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien éponyme, le projet table sur un investissement supérieur à 1 milliard d’euros, selon des acteurs des discussions cités par la presse économique. Une enveloppe qui place d’emblée le futur parc en concurrent direct de Disneyland Paris et du Parc Astérix, avec des implications majeures pour le marché francilien des loisirs.
Les premières esquisses du projet, encore à l’état d’étude, ont été présentées lors d’une réunion pilotée fin juillet par le préfet d’Île-de-France, Georges-François Leclerc. Côté institutionnel, l’Élysée suit de près le dossier, dans un contexte où les investissements saoudiens en France se multiplient – Qiddiya Investment Company a d’ailleurs ouvert une antenne parisienne en début d’année. Le choix de Mirapolis, site de 50 hectares situé à 35 kilomètres de Paris, n’est pas anodin : son emplacement, à proximité des axes A15 et A115, en fait une cible idéale pour capter une clientèle à la fois francilienne et touristique.
Projet parc dragon ball val-d’oise : points clés
Si le montant exact de l’investissement reste à confirmer, les premières estimations évoquent une enveloppe dépassant le milliard d’euros. À titre de comparaison, Disneyland Paris a investi 2 milliards d’euros sur dix ans dans son plan de modernisation, tandis que le Parc Astérix a engagé 200 millions d’euros depuis 2020 pour ses nouvelles attractions. L’arrivée d’un acteur de cette envergure, adossé à un fonds souverain, pourrait rebattre les cartes de la fréquentation et des prix dans un secteur déjà sous tension.
Les opérateurs historiques ne s’y trompent pas. Disneyland Paris, qui a accueilli 15 millions de visiteurs en 2025, mise sur son positionnement familial et ses partenariats avec les géants du divertissement (Marvel, Star Wars) pour conserver son avance. Le Parc Astérix, lui, mise sur son ancrage culturel français et ses innovations technologiques, comme son récent parcours en réalité augmentée. Mais aucun des deux ne dispose des moyens financiers d’un fonds souverain, capable de financer des attractions pharaoniques sans dépendre des cycles économiques.
Mirapolis, symbole d’un secteur en mutation
Le site de Mirapolis, ouvert en 1987 puis fermé quatre ans plus tard en raison de difficultés financières, incarne à lui seul les défis du secteur. Son rachat par Qiddiya Investment Company s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des actifs saoudiens en Europe, après des investissements dans le sport (football, golf) et la culture. Pour la France, l’enjeu est double : attirer des capitaux étrangers tout en évitant une cannibalisation du marché local.
Les discussions en cours portent notamment sur les conditions d’implantation, avec des questions sur les infrastructures (transports, hébergements) et les retombées économiques pour le Val-d’Oise. Le département, qui mise déjà sur le tourisme d’affaires avec le parc des expositions de Paris-Nord Villepinte, pourrait voir sa fréquentation bondir de 20 à 30 % avec l’arrivée d’un parc de cette envergure, selon une étude interne citée par Capital.
Calendrier flou, enjeux clairs
À ce stade, aucune date de lancement n’a été officialisée. Les acteurs du projet évoquent un horizon 2028-2030, le temps de finaliser les études de faisabilité et les autorisations administratives. Pour les professionnels du secteur, l’urgence est ailleurs : anticiper l’impact sur les prix des billets, les stratégies marketing et les partenariats avec les acteurs du tourisme (hôtels, transports).
Une certitude émerge déjà : l’arrivée d’un parc Dragon Ball aux portes de Paris ne sera pas neutre. Entre opportunité économique et risque de saturation du marché, les prochains mois s’annoncent décisifs pour les acteurs du loisir francilien.
Emploi, retombées économiques et effets induits
Au-delà de la construction et de l’investissement initial, un parc de cette taille génère plusieurs types d’emplois : des équipes permanentes pour l’exploitation (accueil, maintenance, restauration, sécurité), des emplois temporaires pendant la phase de chantier et des emplois indirects dans l’hôtellerie, la restauration et les services. Sur des projets comparables en Europe, les promoteurs évoquent souvent plusieurs milliers d’emplois directs à l’ouverture et des retombées économiques locales significatives via l’effet multiplicateur des dépenses touristiques.
Les collectivités locales y voient une opportunité de dynamisation, mais s’inquiètent aussi des besoins en formation professionnelle pour répondre à ces recrutements, du calendrier des travaux et des recettes fiscales attendues. L’examen des modèles économiques des parcs existants montre qu’un fort trafic tourisme/journée influence positivement les hôtels, les transports en commun et le commerce local, à condition que l’offre d’hébergement et la capacité routière suivent.
Mobilité, urbanisme et environnement
L’intégration d’un parc sur le site de Mirapolis pose des questions pratiques : raccordements routiers, parkings, gares ou navettes depuis les pôles de transport franciliens, et capacité hôtelière. Les autorités locales et l’État voudront évaluer l’impact sur les flux quotidiens, la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que les nuisances sonores. Une étude d’impact environnemental (EIE) sera nécessaire, portant sur la biodiversité du site, les émissions et la gestion des eaux pluviales.
Les projets d’envergure modernes intègrent de plus en plus des critères de durabilité — efficacité énergétique des bâtiments, mobilité douce, gestion des déchets — à la fois pour limiter l’empreinte environnementale et pour répondre aux attentes croissantes du public et des investisseurs institutionnels.
Acceptabilité locale et enjeux politiques
Outre les aspects techniques, la réussite dépendra de l’acceptation locale : riverains, élus départementaux et régionaux, associations de protection de l’environnement et acteurs économiques. Les débats porteront sur l’intérêt économique versus les risques de saturation, sur le rôle des aides publiques éventuelles et sur la régulation des investissements étrangers stratégiques. L’intervention de l’Élysée signalée dans les médias traduit la sensibilité politique du dossier.
Enfin, l’ancien échec commercial de Mirapolis rappelle que l’attractivité d’un parc repose autant sur sa thématique et sa qualité d’offre que sur une gestion économique solide et une bonne intégration territoriale. Si Qiddiya parvient à mobiliser un concept attractif, des infrastructures adaptées et des partenariats locaux, le site pourrait connaître une réelle renaissance. À l’inverse, des erreurs de conception ou une mauvaise anticipation des flux de visiteurs alimenteraient à nouveau les risques d’insuccès.
Le projet reste pour l’instant au stade des discussions et des études. Les prochaines décisions — sur le montage financier, les garanties exigées, les délais d’instruction et les concertations publiques — dessineront l’avenir du site et celui d’une partie du marché des loisirs en Île-de-France.
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