Le C919 de Comac a effectué son premier vol international vers la Mongolie, une étape symbolique qui rappelle l’ambition du constructeur chinois sur le marché des monocouloirs — cœur du trafic passagers mondial — mais sans pour autant lever l’obstacle majeur : l’absence de certification en Europe et aux États-Unis.
C919 de Comac : certification et portée commerciale
Conçu pour rivaliser sur le segment de l’Airbus A320 et du Boeing 737, le C919 reste cantonné aux autorisations chinoises et à quelques pays limitrophes. Des essais techniques conduits avec la participation de pilotes européens se déroulent depuis janvier à Shanghai dans le cadre d’un processus mené par l’AESA, qui est actuellement à la troisième des quatre phases prévues. La première demande formelle de certification remontait à 2019 ; la pandémie puis des pauses opérationnelles ont retardé la suite des tests, repris de façon plus soutenue l’an dernier.
Les responsables européens consultés estiment que, même après le lancement des essais techniques, il faudra encore entre trois et six ans pour finaliser une homologation complète, soit un horizon entre 2031 et 2034 selon les scénarios. Autrement dit, le passage à une commercialisation globale — qui nécessite l’acceptation des principaux régulateurs — reste lointain et incertain.
Sur le plan industriel, le vol vers la Mongolie a une portée double : démontrer la compétence technique de Comac et envoyer un signal diplomatique. Mais pour les compagnies et les loueurs occidentaux, l’absence d’autorisation EASA et FAA bloque toute décision d’achat à grande échelle. Les chaînes d’approvisionnement et les exigences de maintenance liées à une entrée sur les marchés occidentaux constituent en outre des barrières opérationnelles non négligeables.
Pour les acteurs du secteur — constructeurs, motoristes, fournisseurs de pièces — l’enjeu est clair : une certification européenne ou américaine ouvrirait des marchés massifs, mais son obtention dépendra d’essais supplémentaires, d’inspections industrielles et d’une acceptation réglementaire qui pourrait prendre plusieurs années. En attendant, le premier vol international du C919 reste d’abord une réussite technique et un message politique, plutôt qu’une percée commerciale immédiate.
Lire le compte rendu des essais et des déclarations techniques dans l’article de BFMTV pour les éléments bruts et les citations des pilotes européens engagés dans les essais.
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