La question de réglementation foncière argentine investisseurs devient centrale pour les acteurs concernés. Voici les éléments essentiels à retenir.
Le président argentin Javier Milei a abandonné son projet de supprimer les restrictions sur l’acquisition de terres rurales par des investisseurs étrangers, après une levée de boucliers au Congrès et dans les provinces. Une reculade qui confirme l’extrême volatilité du cadre réglementaire argentin, alors que le pays tente de séduire les capitaux internationaux pour relancer son économie.
Le texte initial, annoncé en juin comme une mesure phare de son plan de libéralisation, prévoyait de lever le plafond de 1 000 hectares par acheteur étranger et de supprimer l’obligation de déclaration préalable. Une simplification radicale qui avait suscité l’inquiétude des gouverneurs des régions agricoles, déjà échaudés par les coupes budgétaires imposées par Buenos Aires. “Les terres sont un actif stratégique, pas une variable d’ajustement”, avait résumé le gouverneur de la province de Córdoba, Martín Llaryora, lors d’une réunion tendue avec les équipes présidentielles fin juillet.
Cette opposition frontale a forcé le gouvernement à revoir sa copie. Selon des sources parlementaires citées par Le Monde, Milei aurait accepté de maintenir le statu quo en échange d’un vote favorable sur son projet de loi omnibus, actuellement en discussion. Un compromis qui laisse planer le doute sur la capacité du pouvoir exécutif à faire adopter ses réformes sans concessions majeures.
Pour les investisseurs, ce revirement est un nouveau signal d’alerte. L’Argentine, qui cherche à attirer 20 milliards de dollars d’investissements étrangers d’ici 2027, voit son risque pays se dégrader. Les tensions diplomatiques récentes avec le Brésil – qui a rappelé son ambassadeur après des propos de Milei qualifiant Lula de “corrompu” – n’ont rien arrangé. Reuters souligne que cette crise a déjà poussé plusieurs fonds brésiliens à geler leurs projets dans le pays.
La visite de la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, les 27 et 28 juillet, a permis de rassurer partiellement les marchés sur le respect des engagements macroéconomiques. Mais les analystes restent prudents. “L’Argentine reste un pari risqué : les réformes structurelles sont nécessaires, mais leur mise en œuvre dépend d’un équilibre politique fragile”, estime un rapport de la banque d’affaires BTG Pactual publié début août.
Ce contexte complique notamment les projets dans les secteurs minier et énergétique, où les investisseurs étrangers sont traditionnellement majoritaires. Le géant canadien Barrick Gold, présent dans le pays depuis 20 ans, a ainsi annoncé fin juillet un gel de ses investissements dans le projet de cuivre El Pachón, en attendant une clarification du cadre juridique. Une prudence qui contraste avec l’optimisme affiché par Milei lors de sa tournée européenne en juin, où il promettait une “révolution libérale” sans entraves.
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