Maurel & prom : points clés
Les Établissements Maurel & Prom (SIREN 457202331, LEI 969500ZTYI9C1C594X25) publient des résultats semestriels 2026 marqués par une forte progression de leurs indicateurs financiers. Le chiffre d’affaires consolidé atteint 366 M$, en hausse de 27 % par rapport au premier semestre 2025, porté par un prix de vente moyen de l’huile à 103,8 $/b (+53 % sur un an). L’EBITDA s’élève à 227 M$ (+63 %), tandis que le résultat opérationnel progresse de 64 % à 161 M$. Le résultat net part du groupe atteint 183 M$, en croissance de 74 %.
Le sommaire
La production totale du groupe s’établit à 37 890 bep/j, stable par rapport au second semestre 2025 (+3 %). Les flux de trésorerie disponibles s’élèvent à 77 M$ (+21 %), avec une position de trésorerie nette positive de 257 M$ et une liquidité bancaire disponible de 500 M$. Un dividende ordinaire de 0,38 € par action (soit environ 90 M$) sera versé en août 2026, en hausse de 15 % par rapport à 2025.
Refinancement de la dette et acquisition stratégique en Colombie et Équateur
Maurel & Prom a signé en juillet 2026 un accord de refinancement de sa dette bancaire pour un montant de 465 M$, générant une liquidité additionnelle d’environ 250 M$. Ce refinancement, dont la finalisation est prévue au quatrième trimestre 2026, comprend une facilité de prêt à terme de 300 M$ et une ligne de crédit revolving de 165 M$.
Le groupe a également annoncé le 4 août 2026 la signature d’un accord définitif pour l’acquisition des actifs de Gran Tierra Energy en Colombie et en Équateur, pour une valeur totale de 1,33 Md$. Cette transaction, dont la finalisation est attendue vers le 31 décembre 2026, inclut une production nette de 29 026 b/j et 144 Mb de réserves 2P certifiées. L’opération prévoit une reprise des obligations senior de Gran Tierra (582 M$) et d’une facilité de prépaiement de 350 M$, réduisant significativement le montant en numéraire à verser. L’objectif est d’atteindre une production nette de 40 000 b/j d’ici 2029-2030.
Développement des actifs et reprise des exportations au Venezuela
Le groupe a poursuivi l’exécution de ses projets de croissance, avec la mise en production des puits MB-5 et MS-2 en Tanzanie et le forage du puits d’exploration Kasa-1X. En Colombie, l’acquisition de la licence Sinu-9 a été finalisée, avec une campagne de forage en cours.
Au Venezuela, la production en part Maurel & Prom s’élève à 8 349 b/j au premier semestre 2026. La General License 50A (GL 50A), émise par l’OFAC en février 2026, a permis la reprise des exportations de brut, avec un premier enlèvement de 0,5 Mb en juin 2026 et un second prévu fin juillet. Les activités de workover se poursuivent, avec une campagne de forage prévue à partir de 2027.
Détail des performances par zone géographique
Gabon : La production d’huile en part Maurel & Prom (80 %) s’établit à 13 896 b/j au S1 2026, en hausse de 1 % par rapport au S2 2025. Le puits Mouletsi-2, foré fin février, confirme un potentiel gazier de 25 Mpc/j.
Angola : La production en part Maurel & Prom (20 % et 26,7 %) atteint 3 901 b/j, en baisse de 9 % par rapport au S2 2025. Le programme de forage de deux puits sur le Bloc 3/05 est en cours, avec un potentiel de 9 000 b/j supplémentaires.
Tanzanie : La production de gaz en part Maurel & Prom (60 %) s’élève à 62,8 Mpc/j, en hausse de 4 % par rapport au S2 2025. Les puits MB-5 et MS-2 ont été testés à 47 Mpc/j et 50 Mpc/j (à 100 %).
Colombie : La production de gaz en part Maurel & Prom (61 %) sur le permis Sinu-9 atteint 7,6 Mpc/j. La campagne de forage se poursuit, avec six puits fermes prévus.
Le conseil d’administration, réuni le 5 août 2026, a arrêté ces comptes semestriels. Olivier de Langavant, directeur général, a souligné : *« Le premier semestre 2026 illustre la capacité de M&P à conjuguer croissance, discipline financière et création de valeur. »*
Source : communiqué officiel OAM et document PDF déposé.
Mise en perspective
Cette annonce confirme la résilience opérationnelle de Maurel & Prom dans un contexte de prix élevés du brut, tout en accélérant sa diversification géographique. L’acquisition des actifs de Gran Tierra en Colombie et Équateur, couplée au refinancement de la dette, renforce sa capacité à financer sa croissance organique et externe sans alourdir sa structure financière. Pour les investisseurs, la hausse du dividende et la trésorerie nette positive rassurent sur la pérennité du retour aux actionnaires, tandis que les concurrents du secteur pétrolier africain et latino-américain pourraient voir leur positionnement fragilisé par cette expansion ciblée. La reprise des exportations au Venezuela, sous couvert de la GL 50A, ouvre par ailleurs une nouvelle fenêtre de rentabilité dans une zone historiquement risquée.
À court et moyen terme, la capacité du groupe à intégrer les actifs de Gran Tierra tout en maintenant une discipline de coûts sera déterminante. Les synergies attendues sur les achats, l’optimisation des campagnes de forage et la valorisation des réserves 2P pourraient améliorer significativement les marges. Toutefois, les risques liés à l’intégration opérationnelle, aux variations des prix du pétrole et aux contraintes géopolitiques dans certaines zones (Venezuela, Colombie, Équateur) nécessitent une vigilance soutenue du management et une communication régulière envers les investisseurs.


