Diplômes universitaires pseudoscientifiques : le ministère de l’Enseignement supérieur a demandé début mai la création d’un comité chargé de recenser les D.U. en santé qui ne s’appuient pas suffisamment sur la recherche. L’annonce, sobre sur le fond, pose déjà un enjeu opérationnel pour les universités : quelles formations seront classées comme « hors‑science » et quelles conséquences pour leur offre commerciale ?
Diplômes universitaires pseudoscientifiques et gouvernance académique
Le comité, selon le texte ministériel cité, doit dresser une cartographie et proposer des critères d’évaluation. À ce stade, le périmètre et le calendrier n’ont pas été rendus publics ; la mesure vise toutefois à clarifier la frontière entre formation universitaire validée par la recherche et cursus plus proches de pratiques complémentaires ou empiriques. Pour les établissements, la sortie d’une liste négative serait une épée de Damoclès : réputation académique, flux d’inscriptions et recettes annexes liées aux D.U. sont directement concernés.
Le signal de marché est tangible : la demande pour des pratiques dites complémentaires alimente une offre payante rapidement monétisable. Le phénomène se double d’une autre menace documentée par la presse : des contenus santé trompeurs amplifiés par l’intelligence artificielle, où de faux professionnels affichent de faux diplômes pour promouvoir des produits. Une enquête médiatique en a donné des illustrations troublantes sur les réseaux sociaux, renforçant l’urgence d’un encadrement — voir l’enquête de BFMTV et l’analyse de Capital pour les cas concrets sur BFMTV et sur Capital.
Concrètement, la tâche du comité sera délicate : définir des critères méthodologiques, mesurer l’appui scientifique des programmes et proposer des remédiations sans empiéter sur l’autonomie universitaire. Pour les acteurs économiques et juridiques — cabinets de formation, employeurs et assureurs — la liste ou les critères annoncés serviront de référence pour juger la valeur d’un D.U. et limiter les risques de confusion auprès du public.
Calendrier et portée restent les deux questions clefs : la communauté universitaire attend des précisions sur la méthode et sur la portée des sanctions éventuelles. À défaut d’un cadrage rapide, la commercialisation de formations contestables pourrait perdurer, entretenue par des leviers numériques où la crédibilité est trop souvent fabriquée plutôt que vérifiée.
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