Sfil : points clés
SFIL (SIREN 428782585, LEI 549300HFEHJOXGE4ZE63) publie son rapport financier semestriel au 30 juin 2026. Le groupe présente un total d’actifs de 76,1 milliards d’euros et un encours de prêts et titres de 69,6 milliards d’euros, dont 51,9 milliards exposés au secteur public local français. Le résultat net consolidé IFRS du premier semestre s’établit à 24 millions d’euros, en recul de 45 % versus S1‑2025 ; le résultat net récurrent retraité des éléments non récurrents atteint 26 millions d’euros (34 millions d’euros retraité de la contribution exceptionnelle d’impôt). Le produit net bancaire ressort à 103 millions d’euros et les charges d’exploitation à 58 millions d’euros.
Le sommaire
- Sfil : points clés
- Activité de financement et production de prêts
- Crédit‑export et activités internationales
- Refinancement et émissions de dette
- Structure financière et solvabilité
- Évolution du bilan et composition des actifs
- Résultat et éléments non récurrents
- Mise en perspective
- Articles pour aller plus loin
Activité de financement et production de prêts
Au premier semestre 2026, SFIL a accordé 1,3 milliard d’euros de prêts au secteur public local dans le cadre de ses partenariats avec La Banque Postale et la Banque des Territoires, un niveau en baisse de 37 % par rapport à S1‑2025 (2,0 milliards) et de 17 % par rapport à S1‑2020. La contraction s’explique notamment par la tenue des élections municipales et intercommunales. Les prêts aux collectivités locales ont représenté 1,2 milliard d’euros. Les prêts thématiques (verts et sociaux) ont représenté 47 % des financements aux collectivités et entités publiques : 201 millions d’euros de prêts verts et 354 millions d’euros de prêts sociaux ont été octroyés sur la période. Le volume de prêts aux hôpitaux publics atteint 99 millions d’euros, en baisse significative par rapport à S1‑2025.
Crédit‑export et activités internationales
SFIL n’a pas réalisé d’opérations de crédit‑export au cours du semestre, en raison de décalages calendaires et de délais d’instruction. Le rapport souligne cependant la participation du groupe au comité consultatif international FINABe créé par EDF, à la suite de l’engagement de SFIL sur l’opération Sizewell C en 2025. L’encours des prêts liés au crédit‑export s’élève par ailleurs à 11,5 milliards d’euros au 30 juin 2026, répartis entre secteurs tels que l’aviation, la production d’électricité, la défense et les infrastructures.
Refinancement et émissions de dette
Pour assurer son refinancement, SFIL et sa filiale Caffil ont réalisé 7,5 milliards d’euros d’émissions pour l’année 2026 à date, dont 6,8 milliards d’euros sur le premier semestre (maturité moyenne 8,2 ans sur S1 et 8,6 ans sur l’ensemble de l’exercice). Le groupe a conduit six émissions publiques en euros via Sfil et Caffil, complétées par émissions privées et abondements, et a in fine atteint 96 % de son objectif de financement 2026. Parmi ces opérations figurent des obligations foncières (Caffil) et des obligations Sfil, y compris des obligations vertes et sociales ; les émissions durables représentent 33 % du total S1, conforme à l’objectif 2024‑2030. SFIL a émis ses deux premières obligations en francs suisses depuis 2013, en avril et juin 2026, à hauteur respective de 130 et 100 millions CHF (équivalents EUR indiqués dans le rapport).
Le groupe rappelle que Caffil, filiale détenue à 100 % par SFIL, est le véhicule principal d’émission d’obligations foncières (covered bonds) et constitue la principale source de liquidité ; SFIL agit comme établissement support et servicer pour Caffil. Sur la stratégie de refinancement, le rapport précise l’usage combiné d’obligations foncières, d’EMTN et du programme NeuCP pour les besoins court terme. Pour contexte opérationnel et de marché, voir le communiqué officiel déposé auprès de l’OAM (PDF du rapport semestriel).
Structure financière et solvabilité
SFIL affiche des ratios de solvabilité et de liquidité élevés : ratio CET1 consolidé à 46,5 % (46,8 % fin 2025), ratio de levier à 9,5 %, LCR à 2 014 % et NSFR à 130 %. Les actifs mobilisables pour la gestion de liquidité s’élèvent à 47,8 milliards d’euros. Les notations longues de SFIL sont alignées sur la note souveraine française : Moody’s Aa3, S&P A+ et DBRS AA, avec perspectives diverses mentionnées dans le rapport.
Évolution du bilan et composition des actifs
Le bilan consolidé a augmenté de 2,0 milliards d’euros au semestre, passant de 71,9 à 73,9 milliards en notionnel après swaps. Les acquisitions de prêts au semestre ont totalisé 3,3 milliards d’euros, incluant 36 % de prêts thématiques (1,2 milliard). Le portefeuille de titres de placement de trésorerie atteint 6,2 milliards d’euros. Géographiquement, 94 % des encours de prêts et titres sont exposés à la France, 5 % à l’Italie et 1 % à d’autres pays.
Résultat et éléments non récurrents
Le résultat net de 24 millions d’euros intègre des éléments non récurrents liés à la valorisation des dérivés, à l’application d’IFRS 9 sur certains prêts non‑SPPI et au retraitement IFRIC 21. Retraité de ces éléments, le résultat récurrent est de 26 millions d’euros ; après neutralisation de la contribution exceptionnelle à l’impôt sur les sociétés (7 millions d’euros), le résultat récurrent comparable à S1‑2025 est de 34 millions d’euros, soit une baisse opérationnelle contenue. Le coût du risque reste très faible, avec une reprise nette d’un million d’euros sur la période, reflétant la qualité du portefeuille malgré la dégradation observée chez certains hôpitaux publics.
Sur les émissions et le marché investisseurs, le rapport détaille la diversification de la base investisseurs et la répartition par typologie : banques, gestion d’actifs, assurances et investisseurs institutionnels européens et internationaux. Le groupe note que ses conditions de financement ont été « comparables à celles du souverain français » sur la période de référence.
Pour des éléments sur le rôle de Caffil dans le refinancement et la chaîne d’origination, cf. la note sur la filiale dédiée au refinancement : Caffil renforce son refinancement. Sur des opérations comparables d’émission, voir également : Arkéa Public Sector renforce son bilan par une émission de 750 M€, ARKEA HOME LOANS SFH émet 850 M€ et élève son bilan, et Lagardère émet 500 M€ d’obligations sur six ans.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
Le rapport semestriel confirme le positionnement de SFIL comme pivot du refinancement des prêts longs au secteur public local et comme acteur de refinancement pour certains crédits‑export garantis. Les ratios de solvabilité et de liquidité très élevés sécurisent la capacité d’émission du groupe et lui permettent de maintenir une forte attractivité auprès d’investisseurs institutionnels, y compris pour des émissions durables. Pour les investisseurs, la baisse du résultat net met en lumière la sensibilité des revenus aux cycles de taux et aux revenus ponctuels, mais la qualité du bilan et la forte proportion d’émissions durables soutiennent la résilience du profil de crédit. Pour les banques partenaires et les collectivités, l’accent sur les prêts thématiques (verts et sociaux) renforce l’offre de financement orientée transition et cohésion territoriale, et signale une demande durable pour ces instruments. Enfin, la capacité confirmée de Caffil à émettre des obligations foncières diversifiées en devise (notamment en francs suisses) élargit la base investisseur et réduit le risque de concentration sur un seul marché, un point clé dans un contexte de volatilité souveraine accrue.


