Pernod ricard : points clés
Pernod Ricard rapporte un chiffre d’affaires consolidé pour le premier trimestre 2026/27 de 2 234 M€. La croissance organique est négative de -0,9%, le chiffre d’affaires publié reculant de -6,3% en raison d’un effet périmètre négatif de -127 M€ lié principalement aux cessions d’Imperial Blue et des activités Vins, et d’un effet de change de -3 M€, principalement dû à la roupie indienne et à la livre turque. Les volumes du groupe progressent de +6% au trimestre.
Le sommaire
Source : communiqué officiel déposé sur l’Autorité des marchés financiers ; document complet disponible en version PDF sur le dépôt OAM https://fr.ftp.opendatasoft.com/datadila/INFOFI/BWR/2026/10/FCBWR169816_20261015.pdf P6 . P7
Performances par zone géographique
Les États-Unis enregistrent un recul du chiffre d’affaires de -10%, affectés comme prévu par des ajustements de stocks chez les distributeurs ; le marché total des spiritueux en valeur est estimé en baisse d’environ -2% et les spiritueux en bouteille d’environ -4% sur la période. Pernod Ricard signale une légère amélioration de son écart de sell‑out par rapport au marché, désormais autour de -2 points vs T4 2025/26. Jameson et Kahlúa affichent un sell‑out supérieur à leurs concurrents respectifs, Malibu connaît un fort rebond, et Skrewball montre une nette amélioration.
La Chine subit un recul marqué de -25% du chiffre d’affaires, imputable à des ajustements de stocks des distributeurs dans un contexte macroéconomique difficile. Les depletions (ventes aux distributeurs) enregistrent toutefois un retour à la croissance, soutenu notamment par la campagne du Mid‑Autumn Festival et par des performances positives pour Martell en Off‑trade et pour des marques comme The Glenlivet, Royal Salute, Jameson et Olmeca.
Hors États‑Unis et Chine, le chiffre d’affaires du « Reste du Monde » progresse de +4%. La région Asie‑Reste du Monde affiche une croissance robuste de +9%, portée par l’Inde (+19%) où la demande et la premiumisation restent dynamiques ; les marques importées (Jameson, Absolut, Ballantine’s) et les whiskies locaux (Seagram’s Royal Stag, Blenders Pride) progressent fortement. Le groupe indique avoir lancé des préparatifs en vue d’une éventuelle introduction en bourse de Pernod Ricard India, décision restant soumise à l’approbation du Conseil d’administration et qui a généré des effets de constitution de stocks favorables au T1.
En Europe, le chiffre d’affaires recule de -6%, résultat d’un démarrage d’exercice modéré, du séquencement des ventes et de pressions persistantes sur le On‑trade ; l’Allemagne montre une baisse plus marquée. Le Global Travel Retail baisse de -4%, pénalisé par le conflit au Moyen‑Orient, avec toutefois des ventes de Martell soutenues par des opérations promotionnelles liées au Mid‑Autumn Festival.
Répartition par marque et indicateurs opérationnels
Les Marques Stratégiques Internationales voient leur chiffre d’affaires reculer de -1%. Jameson, Ballantine’s, Malibu et Perrier‑Jouët figurent parmi les dynamiques positives, alors qu’Absolut et Martell subissent des reculs (Martell impacté par des mouvements de stocks). Les Marques Stratégiques Locales progressent de +6%, portées notamment par Royal Stag, Blenders Pride et Olmeca. Les Marques Specialty diminuent de -5%, en grande partie en raison de la performance adverse sur le marché américain, malgré de bons résultats ponctuels (Código, Monkey 47).
Le groupe annonce des volumes en hausse de +6% sur le trimestre, dont +2% pour les Marques Stratégiques Internationales, indiquant une amélioration commerciale sous‑jacente malgré la dégradation du chiffre d’affaires publié.
Pernod Ricard confirme le maintien du ratio de frais publi‑promotionnels à environ 16% du chiffre d’affaires. Le groupe précise vouloir préserver sa marge opérationnelle organique via un contrôle strict des coûts et l’accélération des initiatives d’efficacités opérationnelles, tout en poursuivant des investissements dans la transformation digitale. Les investissements stratégiques attendus pour l’exercice sont d’environ 700 M€.
Objectifs 2026/27 et moyen terme 2026/27‑2028/29
Pour l’ensemble de l’exercice 2026/27, le management anticipe un chiffre d’affaires organique globalement stable, avec un repli attendu aux États‑Unis et en Chine (ajustements de stocks au T1) et une poursuite de la dynamique positive dans le reste du monde, en particulier en Inde. Le ratio frais publi‑promotionnels restera à ≈16 % ; la conversion cash visée est d’environ 90 %, soutenue par une gestion rigoureuse du besoin en fonds de roulement opérationnel et des investissements stratégiques plafonnés à ~700 M€.
Sur le moyen terme (2026/27‑2028/29), le groupe vise une croissance organique moyenne proche du bas de la fourchette +3 % / +6 % en raison de la faiblesse anticipée du marché américain. Pernod Ricard prévoit une hausse de la marge opérationnelle organique grâce à l’accélération d’économies opérationnelles ciblées à hauteur de 1 Md€ entre 2025/26 et 2027/28, le maintien d’un taux de publi‑promotion ≈16 %, une conversion cash ≈90 % et un objectif de ratio Dette Nette / EBITDA inférieur à 3x d’ici 2028/29.
Pour consulter les tableaux financiers et le communiqué complet, se référer au dépôt officiel OAM https://info-financiere.gouv.fr/explore/dataset/flux-amf-new-prod/table/?q=169816_20261015 P34 et au PDF du communiqué https://fr.ftp.opendatasoft.com/datadila/INFOFI/BWR/2026/10/FCBWR169816_20261015.pdf P36 . P37
Contexte sectoriel et comparables : des publications et opérations récentes d’autres groupes cotés offrent des repères sur la soutenabilité des marges et la discipline d’investissement ; exemples de lectures : Saint‑Gobain acquiert D.S. Brown pour renforcer ses réseaux, IEVA Group publie son rapport financier semestriel 2026, UNIFY Group lance une offre publique d’achat simplifiée, FORVIA nomme Olivier Lefebvre à la tête de la région JIKA.
Mise en perspective
La publication illustre une transition opérationnelle : malgré une pression forte sur le chiffre d’affaires publié liée à des cessions et à des ajustements de stocks sur deux marchés clés (États‑Unis, Chine), Pernod Ricard affiche des volumes en reprise et des signes de résilience régionale, notamment en Inde et dans la zone Asie‑Reste du Monde. Pour les investisseurs, l’élément central est la capacité du groupe à convertir cette dynamique volumique en croissance organique et en marge, via les économies ciblées (1 Md€) et la discipline d’investissement annoncée (≈700 M€). Les concurrents et distributeurs surveilleront l’impact des éventuelles opérations locales (pré‑IPO en Inde) sur les stocks et la disponibilité produit. À court terme, la sensibilité aux ajustements de stocks et aux conditions géopolitiques continuera de dicter la visibilité financière ; à moyen terme, l’objectif d’un ratio Dette Nette/EBITDA < 3x et d’une conversion cash ≈90 % conditionnera la marge de manœuvre pour acquisitions et rémunération des actionnaires.


