Mersen : points clés
Mersen a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 611,5 millions d’euros au premier semestre 2026, en hausse organique de 3,9 % par rapport à S1 2025. L’augmentation des prix sur la période est d’environ 2,5 %, selon le rapport semestriel déposé par le Groupe (source OAM — PDF).
Le sommaire
La performance sectorielle est contrastée. Le pôle Advanced Materials a généré 319,6 M€ (-1,9 % organique), pénalisé par le recul du solaire et de la chimie mais soutenu par l’aéronautique, le ferroviaire et le marché des semi‑conducteurs Si. Le pôle Electrical Power affiche 291,9 M€ et une croissance organique de 11,1 %, portée notamment par la distribution électrique aux États‑Unis et la demande liée aux data centers.
L’EBITDA courant s’élève à 97,4 M€ (15,9 % du chiffre d’affaires), quasi stable en valeur absolue par rapport au premier semestre 2025 (97,8 M€). À taux de change comparables, l’EBITDA progresse de 3,6 %. Le résultat opérationnel courant atteint 56,5 M€, soit une marge opérationnelle courante de 9,2 % du chiffre d’affaires.
Résultat net, flux de trésorerie et bilan
Le résultat net part du Groupe s’établit à 30,8 M€, en hausse de 5 % par rapport à S1 2025 (+10,3 % à taux comparables). Le résultat financier reste stable à -13,8 M€ et le taux effectif d’impôt est de 25 %, inchangé par rapport à juin 2025.
Les flux de trésorerie opérationnels avant variation du besoin en fonds de roulement sont de 91,1 M€. Après prise en compte d’une variation de BFR défavorable de 44,6 M€ et d’impôts payés à hauteur de 10,8 M€, le flux de trésorerie net provenant des activités opérationnelles s’élève à 35,7 M€. Après investissements industriels de 21,9 M€ et acquisitions incorporelles de 6,3 M€, le flux net opérationnel et d’investissements ressort à 2,6 M€ pour le semestre.
Le Groupe signale une pression sur le BFR liée à trois facteurs : l’augmentation des stocks consécutive au niveau d’activité et à la hausse des prix du cuivre et de l’argent, des facturations importantes en juin accroissant les créances clients, et le remboursement d’avances clients sur le marché SiC qui a impacté le BFR d’environ 7 M€. Mersen anticipe une amélioration progressive du BFR au second semestre.
Au 30 juin 2026, l’endettement net s’établit à 399,7 M€ (vs 382,5 M€ au 31 décembre 2025), le leverage à 2,28x et le gearing à 48 %. La trésorerie disponible est de 62,4 M€ et la maturité moyenne de la dette de 5,4 ans. Le Groupe a remboursé au semestre un Schuldschein de 68 M€, financé en partie par l’USPP conclu en 2025.
Investissements, tests et gouvernance
Les investissements industriels du semestre atteignent 21,9 M€, ciblant des projets de croissance, la sécurité et la modernisation des sites. Les investissements incorporels s’élèvent à 6,3 M€, majoritairement dédiés à la digitalisation et à la modernisation des systèmes d’information.
Conformément aux normes IFRS, aucun test de dépréciation n’a été réalisé à la clôture semestrielle, la direction n’ayant constaté aucun indicateur nécessitant une telle démarche. Le goodwill est de 284,0 M€, en hausse liée aux effets de change.
Sur le plan de gouvernance, le 12 mai 2026 le Conseil d’administration a nommé Salvador Lamas directeur général, en remplacement de Luc Themelin, lequel devient président du Conseil d’administration en lieu et place d’Olivier Legrain. Le rapport précise que ce changement s’inscrit dans la transition annoncée en juillet 2025.
Le rapport semestriel rappelle également le retraitement comptable effectué au 1er janvier 2026 : l’activité de captage de courant a été transférée du pôle Electrical Power vers le pôle Advanced Materials, affectant les comparatifs sectoriels 2025.
Les états financiers intermédiaires ont été arrêtés par le Conseil d’administration le 29 juillet 2026 et sont publiés sur le site officiel du Groupe et via la plateforme OAM (fiche OAM).
Objectifs 2026
Mersen relève ses objectifs 2026 et les précise comme suit : croissance organique du chiffre d’affaires entre +4 % et +6 % (contre +2 % à +6 % auparavant) ; marge d’EBITDA courant comprise entre 16 % et 16,5 % du chiffre d’affaires ; marge opérationnelle courante entre 9,0 % et 9,5 % ; investissements industriels réduits entre 80 et 90 M€ (vs 90–100 M€ précédemment).
La direction justifie la révision à la hausse par la progression de l’activité en Amérique du Nord et en Asie‑Pacifique, la solidité du pôle Electrical Power et les mesures de fixation des prix et de productivité qui ont permis d’absorber l’augmentation des coûts des matières premières et des salaires.
Pour lecture sectorielle interne, voir des publications comparables sur les tendances semestrielles et la rotation des marchés : Thermador Groupe : rebond de 11,3 % au 1er semestre, Prismaflex International publie son rapport 2025/2026 clos 31/03 et Worldline cède ses activités de paiement en Inde à BillDesk.
Mise en perspective
La révision à la hausse des objectifs de Mersen traduit une visibilité opérationnelle renforcée sur ses activités liées aux infrastructures électriques et aux data centers, renforçant l’attractivité du pôle Electrical Power pour les investisseurs cherchant une exposition aux marchés porteurs. La stabilité de l’EBITDA courant malgré des coûts matières élevés montre que la politique de prix et les gains de productivité sont effectifs, mais la détérioration du BFR souligne un risque de saisonnalité opérationnelle et de pressions sur la trésorerie à court terme ; les acteurs financiers et les contreparties prendront note de l’élévation de l’endettement net et du maintien d’un leverage supérieur à 2x. Pour les concurrents, la dynamique commerciale en Amérique du Nord et en Asie‑Pacifique signale une intensification de la compétition sur les segments distribution électrique et semi‑conducteurs Si, tandis que la fragilité persistante des marchés solaire et SiC restera un élément critique à surveiller pour la chaîne d’approvisionnement et les sous‑fournisseurs.


