Hydrogen-refueling-solutions : points clés
HYDROGEN-REFUELING-SOLUTIONS (HRS, SIREN 452830664) a annoncé, dans un communiqué officiel déposé sur le mécanisme OAM, le succès d’une campagne d’essais menée dans le cadre du projet RHeaDHy. Ces tests, réalisés en partenariat avec Toyota Motor Europe et ENGIE Lab Crigen, ont validé une technologie de ravitaillement en hydrogène à double pistolet (Twin Nozzle) destinée aux véhicules poids lourds. L’objectif affiché : atteindre des performances comparables à celles du diesel, tout en s’appuyant sur une infrastructure dérivée des applications pour véhicules légers.
Le sommaire
Les essais, conduits sur six jours, ont permis de réaliser 18 tests dans des conditions variées : températures ambiantes comprises entre 15 °C et 40 °C, pressions initiales des réservoirs allant de 60 à 300 bars, et réservoirs démarrant à température ambiante, y compris sous forte chaleur. Un exemple marquant : à 30 °C, le ravitaillement complet a été effectué en 6 minutes (incluant connexion, démarrage et purge), avec une distribution d’hydrogène équivalant à une autonomie de 600 km pour un poids lourd. Au total, plus de 400 kg d’hydrogène ont été utilisés, intégralement récupérés et recyclés via la station HRS après les tests.
Robustesse et flexibilité du protocole Mid Flow Twin
La campagne a démontré la fiabilité du protocole de ravitaillement ISO 19885-3 Mid Flow Twin, atteignant systématiquement un niveau de remplissage supérieur à 95 % (state of charge), même à des températures ambiantes de 40 °C. Cette technologie repose sur une architecture à double buse, permettant de réduire significativement les temps de ravitaillement pour les véhicules lourds et légers, tout en optimisant les coûts d’installation et d’exploitation des stations.
Les essais ont également révélé la flexibilité du système, compatible avec les configurations à double pistolet (Twin Nozzle) et simple pistolet (Single Nozzle). HRS et ses partenaires prévoient désormais de tester cette technologie directement sur un véhicule poids lourd en conditions réelles, afin de confirmer ces performances.
Positionnement d’HRS sur le marché de l’hydrogène
HRS, concepteur et fabricant français d’infrastructures hydrogène, se positionne comme l’un des leaders européens des stations de ravitaillement de grande capacité. La société propose une gamme de stations modulaires, allant de 300 kg à 4 tonnes par jour, avec un parc installé de 31 stations représentant une capacité cumulée de plus de 6 tonnes par jour. HRS assure également une offre complète de services, incluant maintenance, astreinte 24/7 et supervision en temps réel via une “control room” dédiée, avec 23 contrats de maintenance signés à ce jour.
Outre les stations de ravitaillement, HRS développe des filling centers pour les infrastructures logistiques de l’hydrogène et des Secure Power Units (SPU) pour la production d’électricité à partir d’hydrogène, ciblant les infrastructures critiques.
Pour consulter la source : document PDF.
Mise en perspective
Cette avancée technologique positionne HRS comme un acteur clé dans la décarbonation de la mobilité lourde, un segment où les contraintes de temps de ravitaillement et d’autonomie restent des freins majeurs. La validation du protocole Mid Flow Twin, combinée à une compatibilité avec les infrastructures existantes pour véhicules légers, pourrait accélérer l’adoption de l’hydrogène dans le transport routier, notamment face à la concurrence des solutions électriques à batterie, limitées par leur poids et leur temps de recharge. Pour les investisseurs, ce succès renforce la crédibilité d’HRS dans un marché en croissance, où les subventions publiques et les engagements des transporteurs pour 2030-2035 pourraient créer une demande soutenue pour des solutions de ravitaillement rapides et scalables.
Au-delà des performances brutes, plusieurs aspects pratiques et réglementaires méritent d’être soulignés. Le respect de la norme ISO 19885-3 assure une compatibilité et une reproductibilité des procédures de ravitaillement, condition nécessaire pour un déploiement à grande échelle. La récupération et le recyclage des 400 kg d’hydrogène utilisés durant les tests illustrent également la prise en compte des enjeux d’efficacité et de sécurité opérationnelle : la gestion des pertes, la maîtrise des températures et la contention des flux sont des éléments critiques sur lesquels la démonstration a apporté des réponses concrètes.
Du point de vue de l’exploitation, la configuration Twin Nozzle permet de servir alternativement deux véhicules ou d’accélérer le temps de remplissage en répartissant le débit entre deux points de connexion. Cette flexibilité est intéressante pour les hubs logistiques et les stations sur les corridors de transport où le turnover des véhicules est élevé. La modularité des stations HRS, couplée à des capacités allant jusqu’à plusieurs tonnes par jour, facilite par ailleurs l’adaptation de l’infrastructure aux besoins locaux, sans nécessiter systématiquement des investissements massifs en une seule fois.
Les prochaines étapes opérationnelles consistent à conduire des essais embarqués sur véhicules poids lourds en exploitation réelle, à évaluer l’impact de cycles d’utilisation répétés sur la chaîne d’alimentation en hydrogène, et à finaliser les procédures de certification nécessaires pour une commercialisation étendue. On surveillera aussi les retours d’expérience sur l’interface utilisateur des pistolets, la robustesse des connexions en conditions routières et la maintenance préventive des stations.
Enfin, l’incidence environnementale et économique doit être replacée dans une perspective plus large : la réduction des émissions locales et le potentiel de substitution du diesel pourraient fournir des bénéfices immédiats pour les zones urbaines et les flux logistiques, tandis que la massification de l’offre d’hydrogène bas carbone dépendra de la disponibilité d’un approvisionnement renouvelable et de la compétitivité des coûts d’exploitation. Le succès des essais RHeaDHy ouvre une voie technique crédible ; son adoption à grande échelle dépendra désormais des politiques publiques, des modèles de financement et des partenariats industriels qui permettront de passer de la démonstration à la production.


