Etablissements maurel et prom : points clés
ETABLISSEMENTS MAUREL ET PROM (SIREN 457202331, ISIN FR0000051070) publie ses indicateurs pour les neuf premiers mois de 2026 : la production totale du Groupe en part M&P atteint 39 126 bep/j, en hausse de 4 % par rapport à la même période en 2025, et la production consolidée (hors Venezuela non consolidé dans les ventes) s’établit à 30 568 bep/j, soit +3 %.
Le sommaire
La production valorisée s’inscrit à 521 M$ (+32 %) et le chiffre d’affaires consolidé à 574 M$ (+17 %). Le prix de vente moyen de l’huile s’élève à 98,8 $/b sur les neuf mois (+40 %). Les activités de services et le trading d’huile de tiers ont respectivement contribué pour 8 M$ et 57 M$, tandis que le retraitement des décalages d’enlèvements et la réévaluation des stocks ont eu un effet négatif cumulé de 11 M$.
Production par pays et faits opérationnels
Les performances par zone présentent des trajectoires contrastées. Au Gabon, la production en part M&P sur le permis d’Ezanga ressort à 13 710 b/j pour les neuf mois, en recul de 10 % lié à un arrêt programmé en juin et à des problèmes d’injection d’eau ; une campagne de stimulation de puits est planifiée d’ici fin 2026. Au total, la contribution du Gabon au chiffre d’affaires atteint 345 M$ sur la période.
En Angola, la production en part M&P des Blocs 3/05 et 3/05A s’établit à 3 973 b/j (-9 %). Le puits Pacassa South West a confirmé la présence d’huile avec une colonne de 136 m et un stock estimé autour de 70 Mb en 100 %, mais sa complétion a été reportée ; la mise en production est désormais attendue au T1 2027 après le forage d’Impala-2, dont la production est prévue en janvier 2027. Par ailleurs, la centrale photovoltaïque Quilemba Solar a démarré sa production mi-juillet 2026.
Au Venezuela, la production en part M&P Iberoamerica (40 %) sur Urdaneta Oeste atteint 8 558 b/j (+5 %) ; les opérations de forage et de workover, reprises en mars, se poursuivent et trois enlèvements de brut ont été effectués au T3 après la reprise des exportations en juin.
La Tanzanie enregistre une hausse de la production gazière en part M&P à 67,0 Mpc/j (+12 %). Les mises en production des puits MB-5 et MS-2 portent la production actuelle du champ Mnazi Bay à environ 130 Mpc/j (78 Mpc/j en part M&P) et les installations ont été testées à 150 Mpc/j. Le puits d’exploration Kasa-1X a confirmé un réservoir gazier : les volumes sont estimés à ~200 Gpc en 100 % (≈120 Gpc en part M&P) et une mise en production est envisagée dès novembre 2026 avec un potentiel attendu de 50 Mpc/j en 100 %.
En Colombie, la production en part M&P sur Sinu-9 s’établit à 10,3 Mpc/j (61 % de participation) pour les neuf mois, avec un niveau de 25 Mpc/j en 100 % atteint au T3. La campagne de forage se poursuit (Encantado-1X en cours) ; le puits Magico-2X, foré en juin-juillet, a rencontré des intervalles gazéifères insuffisants pour une exploitation commerciale et a été abandonné.
Acquisition Gran Tierra et calendrier
Maurel & Prom a signé le 5 août 2026 un SPA pour l’achat des actifs de Gran Tierra en Colombie et en Équateur. Depuis, plusieurs étapes ont été franchies : approbation par les actionnaires de Gran Tierra le 9 octobre 2026 et obtention des consentements requis des porteurs d’obligations 2031. Les procédures d’autorisation réglementaire en Colombie et en Équateur se poursuivent ; la finalisation reste attendue d’ici le 31 décembre 2026, sous réserve des approbations restantes.
Situation et structure financière
Au 30 septembre 2026, le Groupe affiche une trésorerie nette positive de 40 M$, composée d’une trésorerie disponible de 133 M$ et d’une dette brute de 93 M$ (63 M$ de dette bancaire, 30 M$ de prêt d’actionnaire). Ces montants intègrent le versement d’un dividende de 89 M$ au T3 et le paiement d’un dépôt de 50 M$ lié à l’acquisition de Gran Tierra.
Le 8 octobre 2026, Maurel & Prom a finalisé un refinancement portant la facilité bancaire à 465 M$, répartie en une tranche à terme de 300 M$ et un RCF de 165 M$. L’opération étend la maturité de la dette bancaire jusqu’en octobre 2031, avec une période de grâce d’un an ; les conditions sont indexées sur le SOFR à +2,25 % (tranche à terme) et +2,50 % (RCF). La maturité du prêt d’actionnaire de 27 M$ a été prolongée jusqu’en octobre 2032. Après le refinancement, la liquidité bancaire disponible est indiquée à 505 M$, dont 133 M$ de trésorerie, et une ligne de prêt d’actionnaire supplémentaire non tirée de 100 M$ est disponible.
Le communiqué fournit également un profil de remboursement détaillé de la dette avant et après refinancement, montrant un étalement significatif des échéances jusqu’en 2032.
Le détail complet et le PDF du dépôt sont consultables dans le communiqué officiel déposé sur l’OAM : document PDF déposé et sur la fiche OAM dédiée : dépôt OAM.
Pour mettre l’actualité financière en regard d’autres opérations de marché et refinancements récents, voir également nos articles : CREDIT AGRICOLE SA fixe le montant définitif de l’émission, SYNERGIE confirme une croissance du chiffre d’affaires T3 et Klépierre relève ses objectifs 2026 d’EBE et cash-flow.
Mise en perspective
La combinaison d’une production en légère hausse, d’un prix moyen du brut sensiblement supérieur à 2025 et d’un refinancement prolongeant les échéances jusqu’en 2031 repositionne Maurel & Prom comme un acteur aux flux de trésorerie opérationnels renforcés et au profil de maturité de dette largement aplati. Pour les investisseurs, l’amélioration de la production valorisée et la disponibilité de 505 M$ de liquidités bancaires réduisent le risque de trésorerie à court terme, tout en laissant de la marge pour finaliser l’acquisition de Gran Tierra. Pour les concurrents et partenaires, la découverte Kasa-1X et l’augmentation de capacité à Mnazi Bay signalent une montée en puissance côté gaz, susceptible de modifier la valeur relative des actifs gaziers en Afrique de l’Est et d’attirer des négociations commerciales autour des capacités d’export. Enfin, la dépendance aux ventes au Venezuela et aux incertitudes opérationnelles locales reste un facteur de risque opérationnel à surveiller malgré le corridor financier créé par le refinancement.


