Eiffage : points clés
EIFFAGE a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 12,20 milliards d’euros au 1er semestre 2026, soit une progression de 2,3 % à structure réelle (+1,1 % à périmètre et change constants) par rapport à la même période en 2025. Le résultat opérationnel courant a atteint 1,019 milliard d’euros, portant la marge opérationnelle courante du Groupe à 8,4 %. Le résultat net part du Groupe s’élève à 342 millions d’euros, en hausse de 12,1 % sur un an. La dette financière nette (hors IFRS 16 et juste valeur des swaps) ressort à 9,4 milliards d’euros au 30 juin 2026, en diminution de 0,5 milliard sur 12 mois.
Le sommaire
Ces chiffres figurent dans le rapport financier semestriel déposé auprès de l’Autorité des marchés financiers ; le texte officiel est consultable dans le dépôt PDF de l’OAM.
Source officielle : Rapport financier semestriel 2026 — EIFFAGE (PDF).
Performance par branche
Les Travaux (sous-total Travaux) ont généré 10,30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 2,8 % à structure réelle. La branche Construction affiche une hausse de 5,0 % à 2,11 milliards d’euros, soutenue en France (+6,9 %) par la montée en puissance de grands projets et une base de comparaison favorable, en particulier en Immobilier (255 M€, +11,8 % sur le semestre ; 1 224 logements commercialisés vs 916 au 1er semestre 2025). Le carnet de commandes Construction s’élève à 5,9 milliards d’euros au 30 juin 2026 (+6 % sur un an).
La branche Infrastructures reste globalement stable (4,23 milliards d’euros, -0,0 % à structure réelle). En France, l’activité progresse légèrement (+0,5 %) avec des disparités métier : Eiffage Route (-4,2 %), Génie Civil (+0,7 %) et Eiffage Métal (+46,7 %, portée par l’éolien offshore). Hors Europe, l’activité recule à 118 M€ (contre 250 M€ au 30 juin 2025), principalement en raison de la fin d’opérations export. Le carnet de commandes Infrastructures est de 16,1 milliards d’euros (+6 % sur un an).
Énergie Systèmes a vu son activité progresser de 4,8 % à 3,95 milliards d’euros ; la croissance est dynamique hors de France (+10,8 %) et soutenue par des acquisitions en Allemagne, Espagne et Italie. Le carnet de commandes de la branche atteint 9,5 milliards d’euros (+9 %).
Les Concessions réalisent 1,90 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en léger recul de 0,4 % ; la société rappelle que le contrat Nové est depuis mis en équivalence depuis le 31 décembre 2025, expliquant une partie de l’évolution de périmètre. Le trafic VL demeure en retrait sur plusieurs concessions autoroutières françaises, entraînant une pression sur le chiffre d’affaires et la marge.
Résultats opérationnels, trésorerie et structure financière
Au niveau opérationnel, la marge des Travaux progresse à 2,6 % (contre 2,4 % au 1er semestre 2025), avec une contribution des Travaux au ROC de 269 M€ (vs 241 M€). Eiffage Énergie Systèmes améliore sensiblement sa marge opérationnelle à 5,2 % (4,9 % au 1er semestre 2025). Dans les Concessions, le ROC atteint 822 M€ (-16 M€), la marge opérationnelle étant de 43,2 %.
Le coût de l’endettement financier net est quasi stable à 161 M€ (159 M€ au 1er semestre 2025). La génération de cash-flow libre reste négative sur le semestre, à -75 M€ (comparable à -91 M€ en 2025), en raison de la saisonnalité et de l’augmentation du besoin en fonds de roulement.
Les acquisitions nettes réalisées au semestre s’élèvent à 204 M€, principalement des renforcements au capital de Getlink et des acquisitions en Allemagne dans les services à l’énergie. Eiffage a procédé à une opération combinée d’émission d’actions réservée aux salariés (2 193 857 actions nouvelles) et à l’annulation simultanée d’un même nombre d’actions auto‑détenues ; le capital social reste à 392 M€ divisé en 98 M d’actions de 4 € de nominal.
La liquidité consolidée des entités Travaux et de la holding est de 4,4 milliards d’euros au 30 juin 2026 (2,4 Md€ de disponibilités et 2,0 Md€ de lignes bancaires non tirées sans covenant, échéance 2031). APRR, entité concessionnaire majeure, disposait d’une liquidité propre de 2,9 Md€ et a émis en janvier 2026 une obligation de 0,5 Md€ échéant en 2032 (coupon 3,125 %).
Perspectives, gouvernance et risques
Le carnet de commandes des Travaux atteint 31,5 milliards d’euros au 30 juin 2026, en hausse de 7 % sur un an. Sur cette base, le Groupe confirme ses perspectives : une croissance d’activité en 2026 d’une ampleur moindre qu’en 2025 et une nouvelle amélioration du résultat opérationnel courant et du résultat net part du Groupe, sous réserve des conditions de marché. Les orientations par branche prévoient une légère hausse du chiffre d’affaires dans Infrastructures et Construction, une nouvelle croissance pour Énergie Systèmes et un léger repli attendu pour les Concessions, au vu de la persistance du recul du trafic autoroutier.
Le rapport rappelle les principaux risques exposés dans le document d’enregistrement universel 2025 (n° D.26-0157) ; aucune modification notable ou nouvelle incertitude n’est signalée à la date du rapport semestriel. Les détails sur l’exposition aux covenants financiers figurent en note 10 des comptes semestriels consolidés résumés, et les transactions avec les parties liées en note 15.
Pour contexte sectoriel et financier, la synthèse du semestre d’Eiffage s’articule autour d’une génération de marge et d’un carnet de commandes élevés, dans un environnement où la pression sur le trafic autoroutier et la saisonnalité restent des facteurs déterminants. Voir le dépôt officiel pour l’intégralité des comptes et des notes.
Articles de contexte : Investissements records France, mais l’emploi ne suit pas, Veolia lève 1,15 Md€ via deux tranches d’obligations, Compagnie générale des : Michelin rachète 196 851 actions.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
La combinaison d’un carnet de commandes historiquement élevé et d’une marge opérationnelle consolidée maintenue à 8,4 % donne à EIFFAGE une visibilité opérationnelle supérieure à celle de certains pairs du secteur des travaux et concessions, mais la dégradation du trafic autoroutier et la saisonnalité constitueront des variables clefs pour la performance du second semestre. Pour les investisseurs, l’évolution de la dette nette et la qualité de la génération de cash-flow sur douze mois restent les indicateurs prioritaires à suivre ; pour les concurrents, la montée en puissance d’Eiffage Énergie Systèmes en Europe et les acquisitions ciblées signalent une stratégie de renforcement sur les activités à valeur ajoutée et moins cycliques. Le maintien de lignes de crédit non tirées sans covenant jusqu’en 2031 atténue les risques de refinancement à court terme, mais l’effet de la persistance du repli du trafic sur la rentabilité des concessions demeure un facteur structurant pour la valorisation du groupe.


