La question de cybermenaces russes infrastructures critiques devient centrale pour les acteurs concernés. Voici les éléments essentiels à retenir.
Depuis 2022, l’unité 61240 du FSB mène une campagne coordonnée contre une dizaine de pays européens. Les autorités françaises et européennes lui attribuent des cyberattaques ciblant les ministères des Armées et des Affaires étrangères, ainsi que des tentatives de sabotage d’infrastructures hydroélectriques et ferroviaires. Neuf individus et quatre entités viennent d’être sanctionnés par Paris, qui a convoqué l’ambassadeur russe pour protester contre ces opérations, selon Le Monde.
Les entreprises de défense sont en première ligne. Rheinmetall a révélé en juillet qu’un projet d’assassinat de son PDG, Armin Papperger, avait été déjoué. Les drones russes, recensés à 144 reprises dans 13 pays sur 19 mois, servent à cartographier les vulnérabilités des sites sensibles – centrales, réseaux électriques, hubs logistiques. Leur objectif : imposer des coûts économiques et psychologiques, selon une étude citée par BFM.
Pour les opérateurs d’infrastructures critiques, les conséquences sont immédiates. L’ANSSI évoque des « incidents significatifs » sur des équipements énergétiques, tandis que les assureurs réévaluent les risques de continuité d’activité. Les entreprises exposées doivent désormais intégrer des contrôles de sécurité renforcés, notamment sur leurs prestataires IT et leurs chaînes d’approvisionnement. Les sanctions européennes, qui visent désormais des unités comme Turla – spécialisée dans le cyberespionnage –, pourraient aussi compliquer les relations commerciales avec des partenaires russes ou pro-russes.
En Europe centrale, les ingérences politiques ajoutent une couche de risque. L’affaire du juge polonais Tomasz Szmydt, passé en Biélorussie en mai 2024 pour animer un canal Telegram pro-Kremlin, montre comment les institutions judiciaires et sécuritaires peuvent être compromises. Pour les entreprises actives dans ces zones, cela se traduit par une vigilance accrue sur les appels d’offres publics et les partenariats stratégiques.
Les opérateurs doivent prioriser la détection précoce, la segmentation des réseaux industriels et le durcissement des systèmes OT, tout en renforçant les exercices de crise. La coordination entre entreprises, autorités nationales et instances européennes reste cruciale pour limiter l’impact des attaques et garantir la continuité des services essentiels.
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