Ab science : points clés
AB Science (SIREN 438479941, LEI 969500U43TVR8CCVBJ97) a finalisé le 10 août 2026 un placement privé de 14,2 millions d’euros, intégralement souscrit par un nombre restreint d’investisseurs. L’opération a été portée à hauteur de 12 millions d’euros par un actionnaire historique, identifié comme un partenaire de long terme. Stéphane Ledermann, PDG de la société, a également participé à ce tour de table, soulignant ainsi son engagement personnel dans la nouvelle gouvernance mise en place depuis quatre semaines.
Le sommaire
Cette augmentation de capital, réalisée sans droit préférentiel de souscription ni délai de priorité, a été approuvée par le conseil d’administration le 8 août 2026, puis exécutée par le directeur général le 9 août, conformément à la délégation accordée par la 15ᵉ résolution de l’assemblée générale mixte du 30 juin 2026. Le communiqué officiel déposé auprès de l’AMF est accessible sur le site de l’OAM.
Trésorerie portée à 23 M€ et priorités R&D précisées
Le produit net de l’opération permettra à AB Science de couvrir ses besoins en fonds de roulement pour les douze prochains mois, sans recourir à un financement complémentaire. La trésorerie de la société s’élève désormais à environ 23 millions d’euros, un niveau jugé suffisant pour engager les premières étapes de son plan stratégique, dont la version finale sera dévoilée en septembre 2026.
Les fonds levés seront alloués en priorité à trois axes de développement :
Le programme AB8939 dans la leucémie myéloïde aiguë ;
Le développement du masitinib dans la sclérose latérale amyotrophique ;
Des projets de création de valeur à court terme, également en cours de finalisation.
Modalités techniques et impact sur le capital
Le placement privé a été structuré via l’émission de 23 278 692 actions nouvelles assorties de bons de souscription (ABSA), réparties en deux catégories :
3 606 560 ABSA-1, chacune incluant un bon de souscription (BSA-1) permettant d’acquérir trois actions supplémentaires au prix unitaire de 1,00 € ;
19 672 132 ABSA-2, chacune assortie d’un BSA-2 offrant la possibilité de souscrire sept actions au même prix.
Le prix d’émission des ABSA a été fixé à 0,61 € par titre, soit une décote de 24,87 % par rapport à la moyenne pondérée des cours des trois jours précédents (5, 6 et 7 août 2026), établie à 0,8119 €. Cette décote reste conforme au plafond autorisé par l’assemblée générale. Les BSA, détachables dès l’émission, pourront être exercés pendant 60 mois. Leur exercice intégral générerait l’émission de 36,6 millions d’actions supplémentaires, pour un produit total estimé à 36 millions d’euros.
À l’issue de l’opération, le capital social d’AB Science s’élève à 1 033 083,57 €, composé de 96 530 683 actions ordinaires. En cas d’exercice complet des BSA, ce capital atteindrait 1 265 870 €, avec 133 120 849 actions en circulation. La dilution immédiate pour les actionnaires non participants s’établit à 22,53 % sur une base non diluée, et à 39,28 % en intégrant l’exercice potentiel des BSA.
Répartition de l’actionnariat et engagements post-opération
L’investisseur privé unique, déjà présent avant l’opération, voit sa participation passer de 7,82 % à 25,10 % du capital (avant exercice des BSA), puis à 43,14 % en cas d’exercice complet. Alain Moussy, via sa holding AMY SAS et ses participations directes, conserve une part stable de 18,45 % (avant BSA), mais cette part serait ramenée à 13,62 % en cas de dilution maximale.
AB Science a par ailleurs pris deux engagements post-opération :
Un *standstill* de 30 jours, interdisant à la société de procéder à de nouvelles émissions de titres, sauf exceptions usuelles ;
Un *lock-up* de 30 jours pour les dirigeants et administrateurs, limitant la cession de leurs titres.
Les actions nouvelles seront cotées sur Euronext Paris à partir du 14 août 2026, sous le même code ISIN (FR0010557264) et ticker (AB) que les titres existants. Les BSA, quant à eux, ne feront l’objet d’aucune cotation.
Pour consulter la source : document PDF.
Au-delà de l’apport financier immédiat, ce renforcement de la trésorerie permet à AB Science de prioriser des jalons cliniques et réglementaires majeurs. Pour AB8939 dans la leucémie myéloïde aiguë, la société prévoit d’initier des analyses intermédiaires et des démarches auprès des autorités sanitaires pour valider des étapes de développement. Sur le masitinib en SLA, les ressources permettront d’accélérer les programmes d’essais et d’optimiser les activités de pharmacovigilance et de production. Par ailleurs, la société évoque la mise en place d’un suivi rapproché de l’utilisation des fonds et d’indicateurs clés (paliers cliniques, dépenses R&D, calendrier) afin de rendre compte aux actionnaires. Si l’opération limite les besoins de financement à court terme, elle n’exclut pas la recherche future de partenariats pharmaceutiques ou de collaborations ciblées pour maximiser la valeur des actifs cliniques.
Mise en perspective
Cette levée de fonds marque une étape clé pour AB Science, qui sécurise ses liquidités jusqu’à l’horizon 2027 tout en évitant une dilution immédiate plus agressive via un placement public. L’arrivée d’un investisseur historique à hauteur de 25 % du capital renforce la crédibilité de la nouvelle gouvernance, mais concentre également le risque actionnarial. Pour les concurrents du secteur biotech, cette opération illustre la capacité des acteurs spécialisés à mobiliser des fonds en période de tension sur les marchés, en ciblant des investisseurs alignés sur des horizons longs. Les prochaines annonces stratégiques, attendues en septembre, seront scrutées pour évaluer la capacité de la société à transformer cette stabilité financière en avancées cliniques tangibles, notamment pour ses programmes en oncologie et neurologie.


