Arkema : points clés
ARKEMA (SIREN 445074685, LEI 9695000EHMS84KKP2785, ISIN FR0010313833, ticker AKE) annonce que SBTi Services a validé son objectif net‑zéro à horizon 2050 ainsi que ses nouveaux objectifs court terme à horizon 2035. Le communiqué officiel publié sur le mécanisme OAM précise que la validation couvre les émissions des scopes 1, 2 et 3 et place Arkema comme la première entreprise du secteur chimique à être validée selon le nouveau référentiel SBTi dédié à ce secteur. Source : communiqué OAM.
Le sommaire
Cibles chiffrées 2035 et 2050
À horizon 2050, Arkema vise une réduction de 90 % de ses émissions absolues par rapport à 2019 et se fixe un objectif net‑zéro basé sur la science. Le groupe précise qu’il donnera la priorité à la réduction des émissions opérationnelles et n’utilisera la neutralisation (compensation) que pour 10 % des émissions résiduelles, conformément aux exigences du SBTi.
Pour 2035, les objectifs validés par SBTi Services sont les suivants : une baisse de 58,07 % des émissions absolues de scopes 1 et 2 versus 2019 ; une réduction ciblée de 22,39 % des émissions de scope 1 liées à la production de produits chimiques non‑primaires (telle que définie par le SBTi) couvrant la totalité des activités de production ; et une réduction de 78,44 % de l’ensemble des émissions absolues restantes de scopes 1 et 2. Le périmètre scope 3 est assorti d’un objectif de réduction absolue de 68,57 % par rapport à 2019.
Financement et leviers opérationnels
La feuille de route climat repose sur un plan d’investissements pouvant atteindre 400 millions d’euros cumulés sur la période 2022‑2035. Ces moyens visent le financement de projets d’amélioration de procédés et d’efficacité énergétique, ainsi que la transition du mix énergétique vers des sources bas carbone. Arkema indique par ailleurs poursuivre la réduction des émissions scope 3 en diminuant les activités les plus émissives au profit d’alternatives moins carbonées et en engageant ses fournisseurs dans des démarches de décarbonation.
Parmi les leviers opérationnels figurent la modernisation des unités de production, l’électrification de procédés lorsque techniquement possible, l’introduction d’énergies renouvelables dans les sites industriels et le recours à des carburants bas‑carbone pour les usages résiduels. Le groupe mentionne également la recherche et développement pour concevoir des formulations et matériaux à moindre intensité carbone, ce qui peut permettre de réduire l’empreinte en amont et de créer de la valeur différenciée pour les clients.
Le communiqué rappelle que le groupe a déjà atteint ses objectifs 2030, grâce à des « nombreuses initiatives de décarbonation », et confirme la poursuite d’une trajectoire 1,5 °C alignée avec l’Accord de Paris. Arkema indique par ailleurs qu’un suivi régulier des investissements et des indicateurs permettra d’ajuster la trajectoire en fonction des innovations technologiques et des conditions de marché.
Organisation, positionnement et effectifs
Arkema présente son positionnement stratégique autour de trois segments de Matériaux de Spécialités — Adhésifs, Matériaux Avancés et Coating Solutions — représentant 85 % du chiffre d’affaires du groupe en 2025, le reste relevant du segment Primary Materials. Le communiqué rappelle que le groupe a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 9,1 milliards d’euros en 2025, emploie 20 700 personnes et est présent dans près de 55 pays.
La mise en œuvre de la stratégie climat mobilisera des ressources humaines et financières au niveau local et central, avec des indicateurs de performance (KPI) intégrés aux objectifs opérationnels des sites. Arkema souligne l’importance de la formation des équipes et du renforcement des compétences en efficacité énergétique et gestion des émissions pour assurer la réussite des projets de décarbonation.
Contrôle de la démarche et validation externe
SBTi Services Limited, filiale de SBTi chargée de la validation, est explicitement citée comme l’entité ayant validé les objectifs. Arkema souligne que la validation porte sur des cibles fondées « sur la science » et que la société sera attentive à la priorisation des réductions d’émissions directes avant tout recours à la neutralisation.
Outre la validation initiale, Arkema prévoit des rapports périodiques pour rendre compte des progrès réalisés, incluant la publication d’indicateurs clés et d’une transparence accrue sur les méthodes de comptabilisation des émissions. La présence d’un tiers validateur comme SBTi renforce la crédibilité des engagements, mais la rigueur du suivi interne et la qualité des données resteront déterminantes pour maintenir la trajectoire.
Documents et sources
Le détail des cibles, du périmètre et des modalités d’investissement figure dans le communiqué déposé sur le mécanisme officiel OAM ; le document complet est accessible via le dépôt officiel cité par Arkema : ARKEMA — Informations privilégiées / Autres communiqués (PDF).
Pour situer l’annonce dans l’écosystème des entreprises françaises, voir par exemple une actualité relative à la performance d’un autre groupe : bioMérieux affiche +8,1 % de croissance organique au T3 2026. D’autres actualités de marché montrent des dynamiques variées dans les secteurs industriel et logistique, contribuant au contexte économique dans lequel s’inscrit la stratégie d’Arkema.
Mise en perspective
La validation SBTi place Arkema parmi les rares acteurs industriels dont la feuille de route climatique est approuvée selon des critères sectoriels renforcés ; pour les investisseurs, cela réduit partiellement le risque de transition réglementaire et améliore la comparabilité ESG face aux pairs du secteur chimique. Sur le plan opérationnel, l’engagement de réduire 90 % des émissions d’ici 2050 et d’allouer jusqu’à 400 M€ à la période 2022‑2035 indique que la transformation reposera d’abord sur des améliorations de procédés et un changement du mix énergétique plutôt que sur des compensations massives.
Pour les concurrents, la validation crée un point de référence : elle augmente la pression à afficher des trajectoires ambitieuses et vérifiables, en particulier sur le scope 3 où la majorité de l’empreinte carbone de la chimie se trouve. Enfin, pour les clients industriels et les donneurs d’ordre, ces cibles renforcent la capacité d’Arkema à proposer des matériaux « moins carbonés », ce qui peut devenir un facteur différenciant dans les appels d’offres intégrant des critères environnementaux.
En pratique, la capacité d’Arkema à tenir ces engagements dépendra de plusieurs variables externes : disponibilité et coût des énergies bas‑carbone, évolution des réglementations, maturité des technologies de capture et valorisation, et coopération des fournisseurs et clients. La trajectoire validée représente une feuille de route ambitieuse mais adaptable, avec des étapes intermédiaires et des mécanismes de gouvernance destinés à assurer la transparence et l’ajustement continu des actions mises en œuvre.


