Des acquisitions et des financements en hausse
La valeur des opérations de fusion-acquisition dans la défense en Europe est passée de 2,6 milliards de dollars en 2024 à 8,1 milliards en 2025. La part européenne de la valeur globale atteint 38 % en 2025. Sur le périmètre du capital-investissement et du capital-risque dans l’aéro-défense en Europe et au Royaume-Uni, les montants ont atteint 658,8 millions de dollars en 2025, soit environ 4,8 fois plus qu’en 2024.
Le sommaire
Cette activité s’inscrit dans un contexte de hausse des budgets militaires et de réarmement européen. Les grands industriels mobilisent leurs bilans solides et leurs cours boursiers élevés pour acquérir des PME ou entrer à leur capital. Les fonds d’investissement prennent également une place croissante dans le financement du secteur.
Les opérations portent notamment sur les technologies, les sous-traitants critiques, le spatial et la chaîne d’approvisionnement. Pour les PME de la base industrielle et technologique de défense (BITD), les besoins de capitaux concernent les capacités de production, les stocks, les recrutements et les investissements industriels nécessaires à la montée en cadence.
Exail, Quantum Systems et Helsing concentrent les grandes opérations
Thales a annoncé le 6 juillet 2026 une offre de 3,9 milliards d’euros pour Exail Technologies, fabricant de robots sous-marins et de systèmes de navigation autonomes. Safran avait formulé quelques jours plus tôt une proposition inférieure sur la même entreprise. Ces offres concurrentes illustrent l’intérêt des industriels pour les actifs technologiques stratégiques.
Les levées de fonds atteignent également des niveaux records. Quantum Systems a levé 1,2 milliard de dollars le 2 juillet 2026, un record européen pour les technologies de défense. Onze jours plus tard, Helsing a battu ce record avec une levée de 1,6 milliard d’euros sur le segment des drones et de l’intelligence artificielle de défense.
Les prises de participation complètent les acquisitions. Dassault Aviation a ainsi injecté près de 200 millions d’euros en janvier 2026 au capital de la start-up Harmattan AI.
En France, des fonds pour les composants critiques et les PME
Le financement de la BITD mobilise à la fois des industriels et des acteurs publics. NanoXplore a levé 20 millions d’euros auprès du Fonds innovation défense et de MBDA, une opération annoncée le 18 décembre 2025. Notamment souscrit par l’Agence de l’innovation de défense et géré par Bpifrance, ce fonds soutient les composants critiques et les acquisitions en Europe.
L’épargne des particuliers est également sollicitée. Lancé en octobre 2025, le fonds « Bpifrance Défense » affichait une collecte de 47 millions d’euros fin 2025, avec un objectif de 300 millions sur cinq ans et de 450 millions sur dix ans.
À l’échelle territoriale, les régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Bretagne ont annoncé en juin 2026 un fonds interrégional destiné aux PME et ETI de défense. Amorcé à 25-30 millions d’euros, il vise 150 millions d’euros à terme. Outre le financement des entreprises, ses objectifs couvrent la transmission, la sécurisation du capital face aux rachats étrangers et l’ancrage territorial des savoir-faire critiques.
Des instruments européens en capital et en dette
La mobilisation s’étend aux instruments européens. L’European Defence Equity Facility est destiné à mobiliser 175 millions d’euros pour un écosystème de capital-risque consacré à la défense. La Banque européenne d’investissement a, pour sa part, relevé à 3 milliards d’euros son dispositif de prêts et garanties pour les fournisseurs du secteur.
Ces financements en capital, prêts et garanties accompagnent les besoins industriels de la filière. Ils s’inscrivent aussi dans la volonté européenne de réduire les dépendances sur les composants et technologies critiques, notamment dans l’électronique, les drones, le spatial, l’optronique et la cybersécurité.
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