Abivax : points clés
ABIVAX (SIREN 799 363 718, LEI 969500D8TMNB184OJU95, ISIN FR0012333284) a adressé à son commissaire aux comptes une lettre d’affirmation relative aux états financiers consolidés intermédiaires au 30 juin 2026 couvrant la période du 1er janvier au 30 juin 2026. Le document déposé sur l’OAM précise les éléments transmis par la direction à l’appui de l’examen limité effectué par PricewaterhouseCoopers Audit. La lettre est signée par le directeur général Marc de Garidel et le directeur financier Didier Blondel, datée du 21 septembre 2026 (source officielle : ABIVAX — Lettre d’affirmation sur les comptes semestriels 2026).
Le sommaire
- Abivax : points clés
- Chiffres clés reportés
- Faiblesse significative identifiée
- Mesures de remédiation et gouvernance
- Déclarations complémentaires fournies au commissaire
- Formalités et signatures
- Conséquences potentielles et calendrier
- Recommandations pour les parties prenantes
- Mise en perspective
- Articles pour aller plus loin
Chiffres clés reportés
Les états financiers semestriels font apparaître, au 30 juin 2026, des capitaux propres consolidés de 366 266 422 euros et une perte semestrielle de 165 900 332 euros. Ces montants figurent dans les affirmations adressées par la direction au commissaire aux comptes dans le cadre de l’examen limité des comptes intermédiaires, conformément à la norme IAS 34 (information financière intermédiaire).
Faiblesse significative identifiée
La direction reconnaît l’existence d’une défaillance majeure du contrôle interne relatif à l’information financière. Cette défaillance est attribuée à l’absence de formalisation des activités de contrôle, au manque de documentation des procédures et à l’insuffisance de ressources disposant des qualifications requises. Le document précise que, bien que cette faiblesse n’ait pas encore eu d’impact direct et quantifié sur les montants des comptes, elle pourrait conduire à des inexactitudes significatives dans les états financiers et affecter la conformité aux obligations d’information financière.
Mesures de remédiation et gouvernance
La lettre détaille les principaux axes de remédiation décidés par la direction : recrutement de personnel financier qualifié, déploiement d’un programme d’intégration structuré, évaluation globale des risques couvrant trésorerie, information financière, conformité et prévention de la fraude, formalisation des tâches et circuits d’approbation, renforcement des procédures opérationnelles standardisées pour la préparation des états financiers, et amélioration des contrôles liés aux systèmes d’information. La direction annonce également la mise en place d’une gouvernance du contrôle interne plus structurée, soutenue par une communication renforcée de la direction générale et l’instauration d’un plan annuel de tests des contrôles.
L’annexe jointe au dépôt précise que, malgré des progrès réalisés au 31 décembre 2025, les faiblesses significatives précédemment identifiées n’étaient pas entièrement corrigées. La direction indique disposer de plans d’actions destinés à permettre la poursuite de l’activité pendant au moins les douze prochains mois ; ces plans reflètent les intentions de la direction mais restent soumis à réalisation effective.
Déclarations complémentaires fournies au commissaire
Dans sa lettre, la direction déclare avoir transmis au commissaire aux comptes tous les documents comptables et contrats jugés significatifs, ainsi que les procès-verbaux des organes sociaux tenus au cours du semestre et jusqu’à la date de la lettre. Elle affirme avoir communiqué tout changement significatif dans les processus, contrôles, politiques et procédures, et n’avoir pas connaissance d’autres anomalies non signalées, hormis la faiblesse majeure identifiée.
La direction confirme par ailleurs avoir évalué les scénarios et hypothèses retenus pour les estimations comptables (juste valeur, pertes de crédit attendues), jugeant ces hypothèses raisonnables et cohérentes avec les informations disponibles. Elle déclare avoir pris en compte les risques climatiques et les engagements du groupe, et signale n’avoir connaissance d’aucun non-respect réglementaire susceptible d’entraîner des anomalies significatives dans les états financiers.
Formalités et signatures
La lettre d’affirmation a été complétée et signée électroniquement le 21 septembre 2026 par Marc de Garidel (directeur général) et Didier Blondel (directeur financier). Le dépôt contenant la lettre et l’annexe a été enregistré auprès de l’OAM ; le PDF du document est disponible en intégralité via le dépôt officiel mentionné ci-dessus.
Pour contextualiser et suivre les étapes suivantes, voir nos précédents dossiers sur ABIVAX : Abivax publie un rapport CAC sur ses comptes semestriels, Abivax renforce sa direction et détaille ses comptes S1, ainsi que le suivi sectoriel MaaT Pharma prépare une réunion pré-IND avec la FDA pour MaaT034.
Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Conséquences potentielles et calendrier
La reconnaissance publique d’une faiblesse majeure du contrôle interne entraîne un calendrier de suivi et plusieurs conséquences possibles. À court terme, le commissaire aux comptes, après examen limité, peut formuler des observations complémentaires dans son rapport semestriel et requérir des pièces justificatives ou des tests additionnels. Le conseil d’administration et le comité d’audit devront suivre l’avancement des actions de remédiation selon un calendrier précis, avec des jalons trimestriels et un point d’étape formel au bout de 12 mois pour évaluer l’efficacité des mesures mises en oeuvre.
À moyen terme, si les actions de remédiation ne s’avèrent pas suffisantes ou suffisamment rapides, l’entreprise pourrait être amenée à publier des informations supplémentaires auprès des autorités de marché pour garantir la transparence vis-à-vis des investisseurs. Les bailleurs de fonds et partenaires contractuels peuvent aussi demander des garanties supplémentaires ou des covenants renforcés jusqu’à démonstration de l’amélioration des contrôles. Le risque opérationnel et réputationnel reste lié à la capacité de la direction à exécuter ses plans et à démontrer une amélioration tangible.
Recommandations pour les parties prenantes
Pour les investisseurs : surveiller les rapports trimestriels et semestriels, suivre les communiqués sur l’avancement des recrutements et des tests des contrôles, et privilégier la prudence tant que l’effectivité des remédiations n’est pas confirmée. Pour les prêteurs et partenaires financiers : réévaluer les risques de crédit et la qualité des informations financières, et demander, le cas échéant, des engagements documentés sur le renforcement du contrôle interne.
Pour la direction d’ABIVAX : prioriser le recrutement de profils expérimentés en finance et conformité, formaliser les procédures critiques, mettre en place un reporting dédié au comité d’audit et lancer des tests périodiques automatisés sur les processus clés. Pour les auditeurs : planifier des tests ciblés sur les zones à risque identifiées et maintenir une communication rapprochée avec le comité d’audit pour suivre l’évolution des faiblesses jusqu’à leur résolution effective.
Mise en perspective
La reconnaissance d’une défaillance majeure du contrôle interne par la direction d’ABIVAX, combinée à une perte semestrielle élevée et à des capitaux propres significatifs, place la société dans une phase de renforcement opérationnel et de gouvernance. Pour les investisseurs, l’information réduit l’incertitude sur la qualité des processus comptables mais alerte sur des risques potentiels d’erreurs futures tant que les mesures de remédiation ne sont pas pleinement opérationnelles. Pour les partenaires financiers et les auditeurs, la priorité sera d’évaluer l’effectivité des recrutements, du renforcement des contrôles informatiques et du plan annuel de tests ; l’impact sur la transparence financière dépendra de la rapidité et de la rigueur de ces actions. Pour les concurrents et acteurs du marché, cette annonce souligne l’importance croissante des contrôles internes structurés dans le secteur, notamment pour les entreprises en phase de développement clinique et financièrement intensives.


