Damartex : points clés
Le groupe DAMARTEX publie des comptes consolidés pour l’exercice clos fin juin 2026 faisant apparaître un chiffre d’affaires de 503,5 M€, en retrait de 3,4 % par rapport à l’exercice précédent (521,2 M€). L’Ebitda opérationnel ressort à 14,0 M€, contre 15,8 M€ un an plus tôt, soit une baisse de 11,0 %. En intégrant la norme IFRS 16, l’Ebitda est de 33,9 M€ (contre 35,2 M€). Le résultat opérationnel courant se réduit à 0,5 M€ (-75,2 %), le résultat opérationnel est négatif à -27,2 M€ et le résultat net consolidé atteint -35,9 M€ (contre -17,7 M€ précédemment), pénalisé par des dépréciations d’actifs importantes inscrites sur l’exercice.
Le sommaire
Le communiqué officiel est consultable dans le dépôt OAM du groupe sur le PDF du communiqué.
Performance par pôles opérationnels
Le pôle « Fashion » affiche un chiffre d’affaires de 383,3 M€, en léger recul (-1,6 % à taux de change réels). La contribution de Xandres est qualifiée de favorable et la marque Damart a enregistré une amélioration significative de sa marge, conduisant le pôle à un Ebitda de 14,9 M€, en hausse de 1,6 M€ par rapport à l’exercice précédent.
Le pôle « Home & Lifestyle » réalise 91,3 M€ de ventes, en baisse de 11,1 % à taux de change réels. Le recul est attribué à un marché européen de l’équipement de la maison atone et à la migration structurée de la demande vers le canal digital. Ce pôle présente un Ebitda négatif de -2,8 M€, en détérioration par rapport à l’année antérieure, le groupe soulignant des coûts non récurrents liés à la logistique.
Le pôle « Healthcare » enregistre un chiffre d’affaires de 28,8 M€, quasi stable (-0,9 %). La marque Santéol a poursuivi sa croissance, tandis qu’Almadia a subi l’impact d’une réforme relative aux véhicules pour personnes en situation de handicap. L’Ebitda du pôle s’établit à 1,9 M€, en recul par rapport à l’exercice précédent.
Structure financière, investissements et dividende
La situation financière nette se stabilise à -119,3 M€ à fin juin 2026, contre -119,6 M€ l’exercice précédent. Le groupe a maintenu ses investissements, pour un capex de 11,4 M€, notamment afin de soutenir le réseau de magasins et de renforcer des capacités technologiques. DAMARTEX relève un besoin en fonds de roulement de 22,6 M€, en légère amélioration par rapport à fin juin 2025, et met en avant une gestion dynamique de ses stocks malgré le contexte de marché.
Le Directoire proposera l’absence de distribution de dividende lors de l’assemblée générale du 19 novembre 2026.
Décisions opérationnelles et perspectives stratégiques
Le groupe qualifie l’exercice 2025/2026 de période de transition et précise avoir achevé le plan stratégique Dare.Act.Impact. DAMARTEX annonce l’ouverture d’une nouvelle feuille de route destinée à renforcer la cohérence de l’offre, assainir le bilan et réorienter les capitaux vers les activités à plus forte valeur ajoutée. Une revue approfondie du portefeuille de marques est en cours ; les premières conclusions sont attendues d’ici la fin de l’année 2026.
Le groupe convoquera une réunion d’information financière annuelle le 9 septembre 2026 et publiera le chiffre d’affaires du premier trimestre 2026/2027 le 15 octobre 2026. Le communiqué complet et les tableaux financiers sont disponibles via le dépôt OAM du communiqué officiel sur info-financiere.gouv.fr.
Pour lecture comparative sur la publication de comptes et la trajectoire de résultats d’autres groupes, voir également nos précédentes synthèses : TXCOM publie des comptes semestriels en repli, Rubis dépose son rapport financier semestriel 2026, Maison Pommery entre pertes creusées et retour en grâce du champagne en Europe.
Mise en perspective
La publication marque pour DAMARTEX la fin d’un plan stratégique et le lancement d’une phase de redéploiement ciblé : la combinaison d’un Ebitda opérationnel encore positif, d’un chiffre d’affaires supérieur à 500 M€ et d’un endettement net stable crée une marge de manœuvre pour une réallocation d’actifs. Pour les investisseurs, l’absence de dividende et les dépréciations significatives signalent un recentrage prioritaire sur la rentabilité plutôt que sur la distribution de cash. Pour les concurrents et acteurs de la distribution spécialisée, la revue du portefeuille de marques et l’accent sur la migration digitale renforcent la pression sur les positions faibles du segment « Home & Lifestyle » : les acteurs en capacité d’accélérer leur transition omnicanale ou d’intégrer des actifs consolidables pourraient bénéficier d’opportunités de consolidation. Enfin, la stabilisation de la dette nette à un niveau élevé rend la trajectoire opérationnelle et les initiatives de cession/optimisation de portefeuille déterminantes pour la résorption du déficit de valorisation engagé par les dépréciations.
Sur un plan opérationnel, la direction indique que les actions envisagées porteront prioritairement sur la rationalisation des assortiments, l’optimisation du réseau de distribution et la montée en puissance des canaux digitaux pour capter la demande migrante. Le groupe prévoit aussi d’accélérer la cession d’actifs non stratégiques afin de dégager des liquidités et réduire l’endettement, tout en concentrant les investissements sur la transformation numérique et les améliorations de marge. Ces initiatives s’accompagneront d’un suivi serré des coûts et d’indicateurs trimestriels pour mesurer la trajectoire de redressement ; les premières mesures opérationnelles devraient être mises en œuvre dans les 12 prochains mois. Les risques principaux restent la conjoncture européenne et l’exécution des cessions ; leur succès conditionnera le retour durable à la rentabilité attendu par le marché.


