L’économie française a enregistré une croissance de 0,2 % au deuxième trimestre 2026, selon la première estimation publiée par l’Insee fin juillet. Un rebond modeste, mais qui tranche avec la stagnation observée au premier trimestre et permet à l’acquis de croissance pour 2026 de s’établir à +0,5 %. Derrière ce chiffre, deux moteurs : une reprise des services marchands (+0,3 %) et une contribution positive du commerce extérieur, tandis que l’investissement des entreprises reste atone.
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Un acquis annuel à +0,5 %, mais des fragilités persistantes
Avec ce résultat, la France évite de justesse la récession technique, mais l’acquis de croissance pour l’année (+0,5 %) reste inférieur aux prévisions initiales du gouvernement, qui tablait encore sur +1 % en début d’année. La Banque de France a d’ailleurs revu à la baisse ses anticipations pour le troisième trimestre, tablant désormais sur une progression identique de 0,2 % du PIB. « La dynamique est là, mais elle est fragile », résume un économiste de la direction générale du Trésor, soulignant que la consommation des ménages (+0,1 %) peine à accélérer malgré la baisse des prix de l’énergie.
L’inflation harmonisée, qui avait reflué sous les 2 % en début d’année, est repartie à la hausse en juillet, à 2,4 %. Une accélération portée par les services, où les prix progressent de 3,2 % sur un an, et qui pourrait peser sur le pouvoir d’achat des ménages dans les mois à venir. « Les entreprises du secteur ont profité de la reprise estivale pour répercuter leurs coûts, notamment salariaux », explique un analyste de l’Insee. Dans l’industrie, le climat des affaires s’améliore légèrement en août, à 103 points, au-dessus de sa moyenne de longue période, mais les carnets de commandes restent en deçà des niveaux d’avant-crise.
Le commerce extérieur sauve les meubles, l’investissement patine
La contribution positive du commerce extérieur (+0,1 point de PIB) est l’une des rares bonnes nouvelles du trimestre. Les exportations ont progressé de 0,4 %, tirées par les ventes aéronautiques et les services, tandis que les importations reculaient de 0,2 %. « Un effet volume, mais aussi un effet prix : les termes de l’échange se sont améliorés pour la France », note la direction du Trésor dans son flash conjoncture. En revanche, l’investissement des entreprises a reculé de 0,3 %, confirmant le attentisme des dirigeants face à un environnement incertain.
En zone euro, la croissance s’est établie à 0,4 % au deuxième trimestre, soit deux fois plus qu’en France. L’Allemagne, sortie de récession au printemps, affiche une progression de 0,3 %, tandis que l’Espagne et l’Italie continuent de surperformer, avec des hausses respectives de 0,6 % et 0,5 %. « La France reste dans le peloton de tête, mais elle perd du terrain sur ses voisins du Sud », souligne un économiste de Natixis. Les marchés, eux, restent prudents : les indices européens ont clôturé en ordre dispersé mi-août, sans réaction marquée à ces chiffres, dans un contexte géopolitique toujours tendu.
Quelles perspectives pour la fin de l’année ?
Pour le gouvernement, ces résultats justifient le maintien de sa prévision de croissance annuelle à 1 %, malgré les doutes des économistes. « Nous restons sur une trajectoire de reprise progressive, avec une accélération attendue au second semestre », a déclaré le ministre de l’Économie lors d’un point presse le 31 juillet. Les indicateurs avancés pour le troisième trimestre restent mitigés : si les enquêtes PMI signalent une amélioration dans les services, la production industrielle stagne et les défaillances d’entreprises, bien qu’en ralentissement, restent supérieures à leur niveau d’avant-crise.
Du côté des ménages, la confiance reste en berne, avec un indicateur qui peine à remonter au-dessus de sa moyenne de longue période. « Les Français perçoivent une amélioration, mais ils ne la ressentent pas dans leur portefeuille », résume un sondage Odoxa pour Les Échos. La consommation, qui représente plus de la moitié du PIB, pourrait donc rester le maillon faible de la reprise. « Tout dépendra de l’évolution des salaires et de l’inflation dans les services », estime un économiste de la Banque de France. Une équation compliquée, alors que les négociations salariales dans les branches restent tendues et que les prix de l’énergie pourraient repartir à la hausse à l’automne.
En attendant, les entreprises françaises continuent d’ajuster leurs effectifs. Selon une étude récente de l’Insee, 33 000 dirigeants ont perdu leur activité au premier semestre 2026, un chiffre en hausse de 8 % sur un an. Les secteurs les plus touchés ? Le commerce de détail, la restauration et le BTP, où les marges restent sous pression. « La reprise est là, mais elle est inégale », conclut un dirigeant de la CPME. « Certaines entreprises surfent sur la demande étrangère, d’autres peinent à passer le cap des taux élevés. »
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