Cellectis : points clés
Cellectis annonce l’obtention par lasmé-cel du statut RMAT de la FDA pour le traitement de la leucémie lymphoblastique aiguë à cellules B (LAL‑B) en rechute ou réfractaire CD22 positive, décision motivée par des données cliniques de l’étude BALLI‑01 jugées porteuses d’efficacité et d’un profil de tolérance contrôlable. La société indique que la phase 2 pivot de BALLI‑01 est en cours et qu’une première analyse intermédiaire des données de phase 2 est attendue au quatrième trimestre 2026.
Le sommaire
Pour lasmé‑cel, Cellectis a présenté au congrès EHA 2026 les résultats complets de la phase 1 : 45 patients traités en 3L+, dont 15 à la dose recommandée pour la phase 2 (RP2D) et 7 dans la population cible de la phase 2. Dans cette population cible lourdement prétraitée (médiane de 5 lignes antérieures), le communiqué rapporte un taux de réponse globale de 100 % (7/7), un taux CR/CRi de 57 % (4/7) avec 75 % de négativité MRD parmi ces rémissions, et la quasi‑totalité des répondeurs ayant été greffés ensuite. Le profil de toxicité listé reste maîtrisable : 4 % de CRS ≥ grade 3, 4 % d’ICANS ≥ grade 3, et 2 % d’IEC‑HS ≥ grade 3, tous résolus.
La MHRA a autorisé en juin 2026 le démarrage de la phase 2 BALLI‑01 au Royaume‑Uni, et en juillet 2026 le recrutement a été autorisé en France, Italie et Espagne.
Sur le programme éti‑cel (NATHALI‑01) en lymphome non hodgkinien B en rechute ou réfractaire, la phase 1 est toujours en cours. À la clôture des données de février 2026, 14 patients avaient été traités à travers trois niveaux de dose. Pour la cohorte à la dose optimale (n=8), l’ORR est rapportée à 88 % et le taux de réponses complètes à 63 %. Cellectis met en évidence des corrélations entre exposition à l’alemtuzumab, environnement inflammatoire pré‑traitement, expansion d’éti‑cel et réponse clinique, et indique que la totalité des données de phase 1 est attendue au quatrième trimestre 2026.
Partenariats et gouvernance
Le communiqué rappelle la poursuite de l’accord de recherche et de collaboration avec AstraZeneca, visant potentiellement jusqu’à dix candidats de thérapie cellulaire et génique. Cellectis mentionne également des développements récents portés par ses sous‑licenciés : Allogene a obtenu pour cema‑cel des statuts RMAT et Fast Track de la FDA en juillet 2026, et a publié des données de phase 1 pour ALLO‑316 dans le Journal of Clinical Oncology. Cellectis précise que certaines technologies d’Allogene reposent sur ses plateformes et que le programme anti‑CD70 est concédé en licence exclusive à Allogene.
Sur le plan corporatif, Cellectis a tenu son assemblée générale mixte le 25 juin 2026 ; environ 56 % des voix se sont exprimées et 29 résolutions ont été adoptées, la résolution 30 ayant été rejetée. Le communiqué renvoie à la documentation de l’assemblée disponible dans le dossier officiel.
Résultats financiers semestriels
Au 30 juin 2026, Cellectis fait état d’une trésorerie, d’équivalents de trésorerie et de dépôts à terme totalisant 169 millions de dollars, incluant des comptes de trésorerie bloquée et des dépôts à terme classés en actifs financiers courants et non courants. La direction estime que ces liquidités couvrent les besoins de la société jusqu’au quatrième trimestre 2027.
Pour le semestre clos le 30 juin 2026, le chiffre d’affaires et autres revenus consolidés s’élèvent à 14,5 M$ contre 30,2 M$ pour la même période 2025. La baisse de 15,8 M$ s’explique principalement par un moindre niveau d’activité réalisé sous le JRCA avec AstraZeneca au premier semestre 2026. Les autres revenus augmentent marginalement, notamment via un crédit d’impôt recherche plus élevé.
Les charges de recherche et développement augmentent à 52,2 M$ (contre 45,0 M$), principalement en raison d’une hausse des frais de personnel (+4,5 M$) liée à l’accroissement des effectifs R&D et à une charge liée aux rémunérations en actions, ainsi que d’une progression des achats et charges externes (+3,7 M$) due à des coûts cliniques accrus pour BALLI‑01 et NATHALI‑01. Les frais administratifs et commerciaux atteignent 11,3 M$ (9,8 M$ un an plus tôt), portés par une hausse des charges liées aux actions attribuées en 2026.
Le résultat opérationnel du semestre s’établit à une perte de 48,7 M$ contre 23,8 M$ l’année précédente. Le résultat financier se redresse fortement : Cellectis déclare un gain financier net de 9,2 M$ au 30 juin 2026, contre une perte financière nette de 18,1 M$ au 30 juin 2025, en raison notamment d’une variation favorable sur la réévaluation à la juste valeur de certains instruments liés à la BEI et d’une diminution des pertes de change consécutive à la variation USD/EUR.
En conséquence, la perte nette attribuable aux actionnaires s’élève à 39,6 M$ pour le semestre (‑0,39 $/action) contre 41,9 M$ un an plus tôt (‑0,42 $/action). La perte nette ajustée, qui exclut les charges non cash relatives aux instruments de rémunération en actions, est de 35,6 M$ (‑0,35 $/action) versus 39,6 M$ (‑0,40 $/action) au 30 juin 2025.
Le bilan intermédiaire indique des capitaux propres en recul à 41,1 M$ au 30 juin 2026, contre 75,9 M$ au 31 décembre 2025, et un total de l’actif passant de 324,7 M$ à 267,4 M$. Les dettes financières non courantes diminuent également (66,2 M$ au 30/06/2026 contre 74,0 M$ au 31/12/2025).
Documentation et sources
Le détail chiffré et les états financiers intermédiaires sont publiés dans le communiqué officiel déposé sur l’OAM ; le texte complet et les tableaux consolidés sont consultables dans le document PDF officiel.
Source : communiqué officiel — Cellectis, résultats T2 2026 (PDF)
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Pour consulter la source : communiqué officiel OAM.
Mise en perspective
L’obtention du statut RMAT pour lasmé‑cel renforce la visibilité réglementaire du programme et positionne Cellectis au centre des discussions cliniques sur les CAR‑T allogéniques ; néanmoins, la validation commerciale dépendra de l’analyse intermédiaire de la phase 2 attendue au T4 2026 et d’un dossier complet susceptible d’être pris en compte par les autorités. Sur le plan financier, la trésorerie de 169 M$ et l’horizon annoncé jusqu’au T4 2027 donnent à la société une fenêtre opérationnelle pour poursuivre les essais pivot et soutenir la production, mais la contraction des revenus et l’augmentation des dépenses de R&D maintiennent la nécessité d’une gestion serrée des cash‑flows ou de nouvelles ressources externes pour franchir les étapes cliniques décisives. Pour les investisseurs et les concurrents, la combinaison d’avancées cliniques (RMAT, données de phase 1) et d’un profil de dépense intensif souligne le basculement du risque vers l’exécution des essais pivot : des résultats positifs accéléreraient la valorisation des actifs technologiques de Cellectis, tandis que des retards ou des données non confirmées accroitraient la pression sur le financement et la capacité à livrer des partenariats commerciaux à grande échelle.


