La question de financement croissance entreprises 2026 devient centrale pour les acteurs concernés. Voici les éléments essentiels à retenir.
Paul-François Fournier, directeur exécutif innovation de Bpifrance, et Jean Schmitt, managing partner de Jolt Capital, ont confronté leurs visions des leviers de croissance pour les entreprises françaises lors d’un entretien diffusé le 13 juillet dans l’émission Big, le rendez-vous des entreprises. Un échange qui tombe à point nommé alors que les tensions sur les liquidités et les coûts de financement persistent.
Fournier a insisté sur la nécessité de « réindustrialiser sans reproduire les erreurs du passé ». Bpifrance, qui a injecté 12,8 Md€ dans l’économie en 2025, mise sur des outils ciblés : prêts verts à taux bonifiés, garanties pour les PME en reconversion écologique, et un fonds dédié aux deep tech doté de 1,5 Md€. « L’enjeu n’est plus seulement de financer, mais d’accompagner les entreprises vers des modèles résilients », a-t-il précisé. Une approche qui tranche avec les logiques court-termistes des marchés, alors que les taux directeurs de la BCE restent ancrés au-dessus de 3 %.
Schmitt, dont le fonds Jolt Capital gère 850 M€ d’actifs sous gestion, a souligné l’importance des « scale-ups capables de passer à l’échelle européenne ». Il a cité l’exemple de Guillemot Corporation, dont le rachat d’actions fin juillet illustre la confiance des investisseurs dans les champions technologiques français. « Les entreprises qui réussissent sont celles qui combinent innovation et maîtrise des coûts », a-t-il ajouté, pointant du doigt les difficultés des licornes survalorisées en 2021.
Les deux intervenants ont aussi abordé les freins structurels : complexité administrative, pénurie de talents dans les métiers techniques, et concurrence des États-Unis et de la Chine sur les subventions. Fournier a défendu le rôle de l’État comme « catalyseur », tandis que Schmitt a plaidé pour une « simplification radicale » des aides publiques, évoquant le cas du secteur du jeu vidéo, où les critères d’éligibilité aux crédits d’impôt sont régulièrement contestés.
Le débat a également mis en lumière les divergences entre les deux acteurs. Bpifrance, avec ses 50 Md€ d’encours, privilégie une approche « patient capital », tandis que Jolt Capital, spécialisé dans le growth equity, cible des rendements à 5-7 ans. « Nous ne sommes pas en concurrence, mais complémentaires », a nuancé Fournier, rappelant que 60 % des financements de Bpifrance en 2025 ont bénéficié à des entreprises de moins de 250 salariés.
Reste une question ouverte : comment concilier relance industrielle et transition écologique sans alourdir la dette des PME ? Une équation que les prochains mois devraient éclairer, alors que le gouvernement prépare un nouveau plan de soutien aux filières stratégiques.
Pour revoir l’intégralité de l’entretien : BFMTV.
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